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10Km de Caluire

Publié 22 Octobre 2013 par Thomas Diconne in route

10Km de Caluire

Cette fois on y est, la préparation aux templiers touche à son terme et il est l’heure de se mettre quelques jours au vert afin de retrouver une forme optimale. Cependant une dernière sortie club est venue contrarier ma semaine de repos : les 10km de Caluire.

A l’abord de cette course le compétiteur en moi est partagé : le dix est loin d’être ma distance de prédilection et l’endurance trail étant dans 5 jours je sais que je dois me ménager, d’un autre côté les copains sont là et le challenge du club bat son plein, il va quand même falloir s’employer un peu… Ceci dit avec la soirée un peu arrosée de la veille, la dose de cookies avalés et le coucher tardif, pas sûr que les jambes répondent comme attendu… Bref, je ne me mets pas la pression, on verra bien ce que ça donne.

Vincent et moi arrivons tôt à Caluire : 9h15 pour un départ à 10h30, ça devrait le faire… En allant chercher nos dossards nous tombons sur Dominique affublé du numéro 1, il va être obligé de courir avec les kényans ! Nous tombons sur le panneau d’affichage et constations que nous sommes plutôt pas mal lotis nous aussi : Vincent a le numéro 2, moi le 7. Nous voilà équipés pour jouer les gros durs, avant que le départ ne soit donné du moins…

A peine le temps de se mettre en tenue que notre petit groupe s’enrichit alors que les membres de l’AAAL arrivent. Au final c’est 20 membres du club qui ont fait le déplacement (sans compter nos fervents supporters), on va bien se régaler !

Un arrêt aux stands afin d’éliminer les excès de la veille et me voilà parti pour un tour de chauffe en compagnie de Christophe. Celui-ci en habitué du parcours me fait le tour du propriétaire : le parcours est constitué de deux boucles de 5km pas très planes… Les longues lignes droites seront également à l’honneur, le moral a intérêt d’être costaud ! Les hostilités débuteront par une belle descente d’environ 1km dans le centre de Caluire, de quoi envoyer du lourd et grappiller quelques secondes histoire de se mettre sur de bonnes bases. Ensuite l’affaire se corse avec un petit raidillon qui doit nous mener sur les hauteurs afin de rejoindre l’ancienne voie ferrée reconvertie en piste cyclable. Une longue ligne droite en stabilisé de plus de deux kilomètres nous tends alors les bras. Le vent soufflant pas mal cette section promet d’être coriace… Au passage nous croisons Xavier qui est bénévole sur le parcours, ça va être sympa de croiser une tête connue ! Une fois la ligne droite avalée il sera temps de faire demi-tour et de repiquer en direction de la ligne de départ pour une seconde boucle puis pour filer sur le stade et boucler ce 10km par un tour de piste.

Notre petit tour de chauffe n’est pas terminé que nous tombons sur Anne, Nathalie et Alain. Petit arrêt pour taper la discute, Anne est encore en vrac de la soirée d’hier, pour moi tout roule pour l’instant mais j’attends de monter dans les tours pour me prononcer… Nous reprenons la direction de la ligne de départ sur un train de sénateur quand soudain la question fatidique arrive : « mais au fait, il est quelle heure ? ». Un coup d’œil à ma montre m’annonce qu’il nous reste 6 minutes avant le coup de pétard ! Gros coup de chaud ! J’accélère sensiblement le rythme afin de rallier l’arche dans les temps, notre petit groupe implose…

En approchant de la ligne je m’aperçois qu’il y a pas mal de monde sur la ligne et les conseils de Paco me reviennet en mémoire : ne pas se mettre dans le sas mais aller trottiner devant la ligne pour se rabattre aux avants postes juste avant le départ. Pas super réglo mais si ça peut m’éviter un fastidieux slalom… J’enjambe une barrière et retrouve les autres copains de l’AAAL, tout le monde est là, ça va donner ! Je retrouve mes deux lièvres potentiels, Josselin et Yann et m’enquiert de leurs objectifs chronométrique afin de choisir sur lequel me caller. Josselin table sur 35-36 minutes, Yann plutôt sur les bases de Balan, à savoir 37’30. Sans hésiter j’opte pour Yann sur le début de parcours, ensuite je verrais en fonction de mes sensations. Les organisateurs battent le rappel et nous font reculer sur la ligne. Évidemment personne ne veut reculer et la manœuvre est des plus fastidieuses. Le speaker fait les derniers rappels, il est temps de se souhaiter bonne course !

Finalement après quelques minutes de piétinement le départ est donné. Ça part très vite, toutefois malgré mon bon placement sur la ligne je me retrouve inévitablement coincé derrière deux coureurs moins rapides… Hop, un petit écart sur ma gauche au ras de la barrière et me voilà lancé ! Yann est juste devant, légèrement précédé de Josselin. Olivier qui devrait (et qui va) nous mettre une bonne volée de bois vert n’apparaît pas sur mon radar. Je fais un petit effort pour opérer la jonction avec Yann dans la descente tandis qu’à gauche comme à droite des fusées me rasent les oreilles. Tiens, voilà Olivier qui passe toutes voiles dehors ! Je lui crie un petit mot d’encouragement au passage.

10Km de Caluire

La petite descente touche à son terme alors que j’ai repris Yann, j’essaie de me caller dans sa foulée mais comme toujours je n’arrive pas me caller sur son rythme. Décidément, je ne suis pas fait pour courir en groupe je crois… La balise du premier kilomètre pointe le bout de son nez, 3’26 au chrono ! Ca va vite mais pas de quoi s’alarmer, compte tenu de la descente le rythme est parfaitement normal. Le cœur semble avoir trouvé sa vitesse de croisière, le souffle est bien régulier, tous les voyants sont au vert avant d’aborder la bosse.

La grimpette commence, Nous sommes côte à côte mais un coureur portant le maillot du marathon du Beaujolais se faufile entre nous, comme s’il ne pouvait pas faire le tour… Après quelques mètres de montée je me porte devant Yann et mène le train en prenant bien garde à éviter le surrégime. Autour de nous les allures sont variées, certains envoient la sauce pendant que d’autres semblent en train de gravir l’Everest. Le second tour promet d’être rigolo ! Progressivement je sens que Yann décroche dans mon dos, j’hésite entre ralentir un peu pour l’attendre et continuer sur ma lancée pour aller chercher Josselin qui caracole une trentaine de mètres devant. Dans tous les cas je n’ai pas bien envie de me retrouver seul…

Le haut de la bosse fini par arriver : 3’53, outch ! J’ai perdu pas mal de temps mais je pense avoir bien géré ma montée, les voyants sont toujours aussi verts et je me sens bien dans mon allure. Le replat me permet de relancer la machine et de grignoter peu à peu l’avance de Josselin. Après deux kilomètres de route les coureurs qui me dépassent ne sont plus légion, seul un quadragénaire en surchauffe déboule à ma droite, vu son souffle saccadé je ne donne pas bien cher de lui… Nous sommes à présent sur la piste cyclable qui me remémore des souvenirs d’une sortie longue le mois passé sous des trombes s’eau. Aujourd’hui le ciel est menaçant mais en ne trainant pas en route je devrais pouvoir éviter les goutes.

Les sensations sont vraiment bonnes aujourd’hui, l’impression de surchauffe de Balan est loin derrière moi. Toutefois je me sens moins aérien qu’à Paris la semaine passée, certainement des séquelles de la nuit passée… Devant moi une flaque d’eau me barre la route alors que je suis encadré par deux coureurs, pas moyen de l’éviter… Ne me sentant pas joueur je ne tente pas la figure artistique et me contente de mettre le pied dedans. Josselin n’est vraiment plus très loin, encore 5 mètres et je l’aurais repris. Soudain j’aperçois Xavier juste à notre gauche, je suis Josselin et fais un écart pour lui taper dans la main. Un peu de joie dans cet univers de souffrance et de langues qui pendent ça ne peut pas faire de mal ! Un tout petit peu plus loin c’est Véro, Yam et Paulo qui nous attendent, l’appareil photo au poing. Je passe avec un petit coucou et le sourire aux lèvres, pour l’instant je m’amuse comme un fou, chose rarissime sur un 10km !

10Km de Caluire

Je finis par recoller sur Josselin, je reste quelques secondes derrière son épaule en observateur : il ne semble pas au mieux… Je me mets à sa hauteur et lui demande si tout va bien : bof bof… La montre m’indique un troisième kilomètre en 3’41, c’est bien je suis dans l’allure, reste à la tenir 7km… Les bonnes sensations, l’expérience de Paris la semaine passée, l’absence d’ambition chronométrique et ma connaissance du parcours doivent influer sur ma confiance, je ne m’inquiète pas du tout de ce qui vient et profite de l’instant. Je garde le rythme et passe devant, Josselin de cherche pas à s’accrocher, dommage, me voilà seul…

Je continue de cavaler, essayant de jouer avec les groupes de coureurs pour m’abriter du vent mais ceux-ci se font rares… Finalement vient le moment de faire demi-tour. J’entends un « Aller Thomas ! », je me retourne : c’est Caro qui a fait le déplacement, Olivier doit être content ! Remarque moi aussi, quelques encouragements imprévus c’est toujours bon à prendre…

Le retour à l’arche d’arrivée est plutôt fastidieux, la ligne droite semble sans fin et un très léger faux plat survient alors que les jambes semblaient jusqu’alors n’avoir qu’à dérouler… A l’approche du 5ème kilomètre les muscles commencent finalement à durcir. Je ne vais pourtant pas à une allure fulgurante mais l’absence de lièvre doit me peser un peu. Je n’ai pas grand-chose pour m’occuper l’esprit tant et si bien que la douleur y occupe une part prépondérante. Je me concentre sur le positif : le moteur est bien huilé et la petite descente arrive afin de décrasser tout ça.

Ca y est je passe sous l’arche, la 5ème borne est toute proche ! Un chrono a été placé là : 16’21 quand je le franchis, en mettant un bon coup de collier je pourrais aller accrocher les 36’30 ! Les 100km de l’endurance trail qui m’attendent dans 5 jours me trottent dans la tête, aussi je préfère rester prudent en ne cherchant pas à piocher plus que nécessaire. Je vais continuer au train actuel sans pousser la machine, si le chrono tombe tant mieux, sinon ce ne sera que reculer pour mieux sauter ! Je passe devant le ravito sans un regard, il fait relativement frais, la soif est loin de se faire ressentir…

Me voilà dans la petite descente, il n’y a pas foule, tant parmi les coureurs que chez les spectateurs. Avec le temps très grisonnant c’est un peu tristounet... Je descends sans forcer l’allure, je garde un peu de réserve pour la montée. Ma foulée n’a pas le tranchant du premier tour, sans doute le fait du manque de motivation. La côte finit par arriver et me force à baisser l’allure, je m’attendais à me prendre une baffe avec le lactique qui s’accumule mais il n’en est rien, même si l’effort est plus difficile qu’au tour précédent le rythme me parait relativement confortable. Alors que je franchis la 6ème borne je constate que le rythme est en baisse : 3’43 malgré la descente. J’impute une légère baisse de régime au début du coup de cul, mais cela ne fait pas tout, la bosse va encore prélever son tribu… Je profite d’un virage pour jeter un œil derrière : pas trace des maillots de l’AAAL, au moins j’ai une bonne petite marge !

Devant moi ça commence à coincer et je grappille aisément quelques places. En arrivant en haut il me semble que quelqu’un m’appelle… Je tends l’oreille, ah non, j’ai cru entendre des « Thomas ! » quand il s’agissait seulement des « Aaaaah ! » d’un coureur en train de rendre ses poumons sur la fin de la bosse ! J’étouffe un petit rire, on ne se moque pas…

Le replat arrive et la relance ne se fait pas attendre, à 3.5km de l’arrivée je me sens pousser des ailes et un petit groupe de coureurs ne demande qu’à se faire croquer, je remonte rapidement sur eux mais un nouveau paramètre entre dans la danse : le vent que j’avais peu ressenti sur la première boucle vient contrarier mon rythme de croisière tout juste retrouvé. Derrière moi tout ce petit monde saisit l’opportunité et se calle dans ma roue. Peu importe, les jambes répondent bien, je sens que j’ai l’endurance pour courir des heures et je me dis que dans 5 jours je devrais courir 100 bornes, alors pas de quoi avoir peur devant 3 misérables kilomètres ! Le 7ème kilomètre est là, et il est temps de payer l’addition : c’est salé pour une côtelette : 3’57 ! Le record s’éloigne, tant pis.

Le temps commence à me sembler long et il me tarde de voir mes supporters, je viens de passer devant Caro et guète pour repérer Xavier… Il tarde à arriver mais finalement le voilà, encore une petite tape dans la main et je file vers mon second groupe de fans en délire. Hop, trop facile, je lève les bras au ciel en passant. Coucou les amis !

10Km de Caluire

Les wagons de mon petit train décrochent un à un, parmi eux le coureur du beaujolais qui m’a fait un dépassement pas franchement dans les règles en début de course, je rigole dans ma barbe… Un seul tient le rythme et repasse devant moi. Je me calle derrière lui mais mes jambes me poussent à passer devant à nouveau. Mince, me revoilà avec le vent dans le pif…Mon compagnon de route repasse devant mais cette fois je n’accroche pas. Le 8ème kilomètre passe : 3’37 ! Voilà ! Ça c’est bien !

Cette fois je commence à avoir un peu plus de mal à tenir la cadence, je pourrais serrer les dents et maintenir le rythme mais l’ombre des templiers me pèse : je reste prudent et préserve mes forces, l’important c’est de prendre des points au challenge ! Le demi-tour ne se fait pas prier, plus qu’une longue ligne droite et un tour de piste de 400. J’essaie de prendre le virage en perdant le moins de vitesse possible alors que mon lièvre accélère pour s’échapper, je laisse filer.

La ligne droite me parait toujours aussi longue, une bénévole nous encourage en nous disant que c’est terminé. Décidément, un jour les gens comprendront peut-être que c’est terminé quand la ligne d’arrivée est en vue ! Je n’ai pas bien mal aux pattes, pas de quoi râler aujourd’hui, mais la situation se présente tellement souvent… Je reprends quelques coureurs en train de terminer leur premier tour, ils semblent souffrir plus que moi… Au moins cela permet de relativiser !

L’arche de départ approche, son léger faux plat également… Celui-ci vient me chauffer les cuisses mais n’est que de courte durée. Un dernier virage à droite et nous montons vers le stade. Cette fois j’y suis : un tour de piste et la boucle sera bouclée. Je suis partagé entre l’envie de terminer au sprint et la prudence. Je ne pense pas être dans un temps record, je choisi donc de dérouler sur cette fin de parcours. Un coup d’œil en arrière me conforte dans ma position : ni Josselin ni Yann ne sont en vue, je peux terminer en relâchant. Le souffle est tout de même court et je ne suis pas mécontent d’en terminer, le chrono m’indique 37’08, à 15 secondes de mon record sans trop pousser la machine et malgré des conditions difficiles, superbe !

Derrière c’est le petit train de l’AAAL et tout le monde arrive au compte goute. Olivier a tout cassé en 35’03, Josselin a manqué l’objectif tandis que Yann est bien dans la continuité de Balan. Derrière tout le monde semble dans ses temps hormis Vincent victime d’un gros coup de chaud… Quelques records personnels et des podiums au passage, dans ces conditions chapeau ! Un petit tour par le ravito et retour à la maison pour une réelle mise au vert cette fois…

A bientôt dans les Causses !

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