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20km de Paris

Publié 15 Octobre 2013 par Thomas Diconne in route

20km de Paris

En attendant les templiers, me voilà parti en excursion dans la capitale. A 15 jours de ma grande échéance le club a décidé d'organiser une sortie à l'occasion des 20km de Paris: c'est court, plat et ca va aller vite, tout ce pour quoi je ne suis pas prêt en ce moment! Mais bon, les sorties club c'est sacré, d'autant plus que le classement du challenge est de plus en plus serré...

Après une petite (mais chouette) sortie trail la nuit passée en reconnaissance de la SaintéLyon en compagnie du Lyon Ultra Run, me voilà debout, paré pour les 6h de bus qui se profilent... D'habitude je suis plutôt 1h30 de transport pour 12h de course, ce week-end on va inverser la tendance avec 12h de transport pour moins d'1h30 à cravacher... Après la courte nuit que je viens de passer je suis bien motivé à profiter de l'aller pour récupérer mon retard de sommeil, mais naturellement la bonne ambiance et le chambrage ambiant me maintiennent éveillé. Pour le sommeil on repassera...

Finalement après quelques heures de route j'arrive à piquer le petit roupillon réparateur tant attendu pour me réveiller peu avant l'entrée de la capitale. Me voilà en pleine forme, l'estomac dans les talons! Le petit dej' est déjà loin mais le voyage est passé vite. Après un petit speech pour nous présenter Paris notre chauffeur nous dépose au pied du Trocadéro pour une après-midi de folie!

Niveau folies on repassera: tout le monde à la dalle, la priorité est à remplir les panses! Pas le temps de chercher, nous nous réfugions dans le premier resto venu et étudions le menu. Veille de course oblige, tout le monde se lâche: salade pour les uns, pâtes pour les autres et pour le dessert on repassera. Seul Patrick est suffisamment confiant dans sa capacité à affronter les kényans pour commander un burger / frites, quel homme!

Il fait beau mais légèrement frisquet: malgré les vestes l'après midi nous semble bien longue... Après une petite balade sur le village départ et un tour sous la tour Eiffel nous finissons par nous réfugier au chaud dans le bus en attendant les autres avant d'aller à l’hôtel.

Nous voilà maintenant confortablement installés dans nos chambres. Le temps de préparer nos affaires et il est déjà l'heure de redescendre pour aller chercher nos dossards que Françoise a récupérés pour nous. Certains sont déjà aux affaires, tandis que quelques uns tournent à l'eau, d'autres n'ont pas oublié l'heure de l'apéro. (On ne donnera pas de noms) Le repas n'étant pas servi avant 20h nous partons chercher quelques tickets de métro en prévision du lendemain matin, décidément il fait frais... La course ne m'angoisse pas, l'avant course un peu plus... Je ne sais pas si je dois partir avec ou sans veste...

Nous arrivons à l’hôtel juste à l'heure pour le repas, pas trop tôt! Deux bouteilles de vin nous attendent sur la table: le ton est donné! Je commence vois mon temps de course augmenter de minutes en minutes alors que les plats arrivent: rillettes de poisson pour commencer, le mélange semble assez vomitif... Puis voilà le plat de résistance: alors que je m'attend à la traditionnelle pasta party voici que surgissent d'énormes pommes au four fourrées au fromage et saupoudrées de rondelles de saucisse! Boum, je viens de perdre 3 minutes... Le dessert surgit soudain: une fine tarte aux pommes? Non, une tarte / crumble à la confiture de framboise! De toute manière au point où on en est... C'était bien la peine de me mettre dans un sas préférentiel!

Le sommeil commence à me rattraper et je file m'allonger tandis que Régi, mon compagnon de chambrée profite de la soirée. Un petit film suivi d'un Nadal / Del Potro à la télé remporté par l'argentin (rien de tel pour me donner le sourire) et extinction des feux. Les paroles de Régis ce matin me reviennent en mémoire: "je ne ronfle pas, sauf quand j'ai bu". Vu le bruit d'avion, ses bonnes résolutions du jour semblent avoir volées en éclats. Le vrai Régis est de retour!

Entre l'aéroport improvisé et la couette ultra chaude la nuit n'est pas des meilleures. Après le repas ultra-calorique et la nuit pas vraiment régénératrice je décide de ne pas chercher plus loin: autant profiter du petit déjeuner de l’hôtel. Entre les tartines, les céréales et les gâteaux je me sens paré pour un ultra! En revanche pour un 20 bornes... J'ai 3h pour digérer, on verra le moment venu!

Un dernier passage dans ma chambre pour boucler mon sac et sauter dans mes baskets et c'est parti. Me voilà en short / tshirt par 8° dehors... J'endure bien volontiers mes manchons de bras et ma petite veste... Une petite promenade en métro et nous arrivons à la tour Eiffel, cette fois nous sommes bien dans l'ambiance de course: des coureurs à la pelle arpentent les rues, et Ô miracle, le soleil est de la partie! Nous filons déposer nos sacs à la consigne, il nous reste 40 minutes pour chauffer. Je décide de mettre ce temps à profit pour faire un passage aux toilettes, la patate de la veille me fait l'effet d'une brique... Après une dizaine de minutes de queue je pénètre dans le sanctuaire tant désiré et m'aperçoit avec effroi que sa précieuse relique à disparu (traduction: plus de papier!) M****!!! Impossible de courir dans ces conditions, je liste les solutions qui s'offrent à moi: refaire la queue? Trop long. Tenter le coup dans cet état? Pas moyen. Sacrifier mon buff ou mes manchons pour la bonne cause? Si on pouvait ne pas en arriver là... Je regarde autour de moi... Eureka! Il reste le rouleau en carton, pas terrible mais mieux que rien. Ouf me voilà sauvé!

Il me reste une demi-heure pour m'échauffer mais j'ai perdu mes compagnons de sas. Je vais trottiner dans mon coins en espérant les trouver mais dans la foule c'est mission impossible. Au vu de la densité de coureurs je décide de filer dans mon sas dès maintenant, je sautillerai là-bas si j'ai encore besoin de chauffer mes muscles... J'avance au petit trot en direction du pont d'Iéna et tombe sur un petit groupe de l'AAAL. Je m'arrête quelques minutes pour faire une photo et discuter avec eux et reprend ma route vers mon sas.

20km de Paris

Ma route se transforme à présent en chemin de croix, j'ai l'impression de revivre le Run in Lyon de la semaine passée, côté coureur cette fois. Une fois de plus les gens font n'importe quoi et bousculent de tous les côtés, j'aperçoit l'entrée de mon sas à une trentaine de mètres mais le flot de coureurs m'empêche de m'en approcher; tout le monde se dirige de l'autre côté... A force de jouer des coudes je finis par me faufiler et accède enfin à mon sas. Cette fois c'est tout confort, celui-ci a été calibré un peu large et je peux courir avec Christophe que je viens de retrouver. Les muscles commencent à être chauds, le bonhomme un peu moins, une statue nous fait de l'ombre, pas moyen de se réchauffer... Vivement le coup de pétard! Les autres coureurs du club de notre sas nous rejoignent au compte goutte: José, Julien, Jean et Yann. Nous y voilà...

Nous somment sous le podium où le speaker commente, j'aperçoit Michel Cymes. Un écran géant est placé au dessus de nous et nous montre la foule sur le pont. 25 000 coureurs c'est quelque chose... Finalement c'est le départ de la course handisport sous les applaudissements. Les élites ne tardent pas non plus, à présent les prochains c'est nous! Dans notre dos la barrière du second sas préférentiel est repliée, nous avançons vers la ligne et c'est parti!... Ah non, petite pause juste avant la ligne... Cette fois c'est bon, les Fauves sont libérés!

20km de Paris

Le parcours semble sympa, après le départ au pied du Trocadéro nous allons filer vers l'avenue Foch et la porte Dauphine pour traverser le bois de Boulogne et revenir par L'hippodrome. La seconde partie de course nous conduira sur les quais de Seine pour une très longue ligne droite. Enfin nous ferons demi-tour au pont Royal et remonterons le quai d'Orsay jusqu'à la tour Eiffel. Sur le papier ça a de la gueule!

Le profil quant à lui semble moins sympathique: on est loin de la course toute plate! Celui-ci propose quelques petites bosses pour un cumul de 120m d'après mes calculs. Rien de bien méchant après la dose de montagne que j'ai avalé cet été mais quand même, le plat ça a du bond quand il faut foncer...

Au niveau chronométrique je ne me mets pas la pression, j'aimerais bien terminer aux alentours de 1h18 mais l'idée est avant tout de ne pas se faire mal et de se préserver pour les templiers. Seul point important: terminer devant Yann pour asseoir ma première place au challenge!

20km de Paris

Cette fois me voilà en route, sans stress. Mon sas étant destiné à des chonos de 1h20 et moins je préfère me mettre un peu à l'arrière histoire de ne pas me faire passer de tous les côtés. Je suis en compagnie de Chris, Jean et Yann au départ mais je perd rapidement les deux premiers de vue dans la cohue. Je garde Yann en visuel mais celui-ci a plus de facilités à se faufiler que moi. Je m'attendais à un départ très rapide de tout le monde, finalement j'en suis réduit à la sempiternelle rengaine des débuts de course: on se demande ce que certains font là, ils ne sont pas du tout dans l'allure générale et nous obligent à slalomer. Si j'avais su je me serais porté à l'avant du sas...

Je navigue dans le flot de coureurs à coups d'accélérations, de freinages et de changements de cap, je ne remonte pas beaucoup tant et si bien que je finis par perdre Yann de vue... Ce rythme saccadé ne me plait pas du tout, j'ai l'impression de me griller pour rien. En parlant de griller je commencer à avoir chaud, il est temps de retirer les manchons! Je passe par les côtés, repique au centre, prend la corde sur un rond point et manque de faire tomber un coureur en serrant trop dans un virage... Je dépasse un petit groupe encadrant un coureur affublé d'une tour Eiffel géante de 15Kg, bon courage à eux... Le premier kilomètre est déjà là: 4'11! Moi qui aie tendance à partir comme une fusée d'habitude... Me voilà déjà avec 20 secondes de retard sur le temps prévu et j'ai laissé filer mon lièvre...

Relativisons: ce premier kilomètre grimpait un peu et au moins je ne me suis pas grillé dès le départ. La foule se fait moins compacte alors que nous déboulons sur l'avenue Foch. La large artère permet de fluidifier le flot de coureurs et je parviens à apercevoir le maillot de Yann une trentaine de mètres devant. Un léger coup de collier me permet de remonter peu à peu sur lui, le rythme est bon, je me sens très facile, le moral est bon!

Je me fais encore dépasser par-ci par-là mais je suis pour le moment dans une spirale positive, je dépasse beaucoup de coureur tout en m'approchant de Yann. Je manque le second kilomètre à ma montre et arrive sur lui peu avant le troisième, mon GPS m'indique que je viens d'avaler les deux dernières bornes en 3'30 de moyenne! Le temps perdu est plus que rattrapé, maintenant il faudrait calmer le jeu histoire de ne pas être carbonisé au 5ème... Je cale ma foulée dans celle de Yann mais le rythme me frustre rapidement, je prend les devant et imprime l'allure alors que nous discutons un peu. Rapidement je sens que Yann décroche, il a décidé de jouer la carte de la prudence aujourd'hui. Pour ma part les sensations sont extrêmement bonnes, j'ai l'impression de faire mon footing malgré les pavés! Un coup de rein et j'accélère le rythme en restant dans un train qui me va à merveille, aucun essoufflement, j'ai le sourire au lèvres et toutes les occasions sont bonnes pour discuter. Un coureur rencontre une connaissance sur le bord du parcours qui fait un bout de route avec nous. Il raconte qu'il a suivi le peloton de tête pendant quelques centaines de mètres, il a dû souffrir à 21Km/h!

Le quatrième kilomètre passe déjà! Je commence à remonter des petits groupes en train de pousser des handicapés en charettes, j'essaie de passer à côté d'eux pour les encourager tandis que je continue de dépasser des valides. Décidément tout se passe à merveille pour le moment... Au loin j'aperçoit l'arche des 5Km, celle-ci se rapproche finalement rapidement... Les coureurs sont maintenant assez épars et personne ne semble dans mon allure. Je franchit l'arche en 18'55, je suis sur une super base! En tenant ce rythme je devrais tourner autour de 1h16. Je serais bien étonné si je parvenais à tenir... Je vais tout de même continuer à cette allure, je me sens vraiment trop bien. En revanche niveau chrono je garde en tête 1h17 - 1h18, je voudrais rester sur ces sensations.

Le premier ravito me tends les bras, on sent la grosse organisation: des tables ont été tirées sur une cinquantaine de mètres des deux côtés de la route, la première moitié est recouverte d'eau, la seconde de quartiers d'orange, enfin des poubelles sont installées sur une bonne distance pour que tout le monde puisse jeter ses déchets. Entre le repas pantagruélique de la veille et le petit dej' de ce matin je sens que j'ai les réserves pour un 80Km, je snob ce premier ravitaillement, on verra au 10ème si j'ai une petite soif.

Je suis surpris d'avoir déjà avalé un quart du parcours, les longues avenues ne me plombent pas le moral, les faux plats ne se font pas sentir, j'ai toujours un peu de monde autour de moi et l'ambiance est bonne: le public et les petits orchestres sont de sortie, ce n'est pas la folie furieuse mais ça change des champs de maïs de Balan! Parmi les coureurs ce n'est pas la grosse ambiance, tout le monde est concentré sur son effort, pas moyen de discuter. Tant pis, je me rabats sur les spectateurs: je tape dans la main des enfants, j'applaudis les orchestres, j'en profite pour regarder le paysage, je me régale!

Je commence à voir des coureurs passer dans l'autre sens, on dirait qu'on approche du demi-tour du bout du bois de Boulogne. Je vais essayer de repérer José et Julien, mais il semblerait que le vis-à-vis ne dure pas très longtemps. Je parviens à repérer le maillot de Julien mais José a l'air d'avoir déjà pris la tangente, il va nous faire un sacré chrono... Le demi-tour n'est pas trop rude et ne m'oblige pas à relancer comme un cinglé, après avoir regardé devant moi il est temps de m'occuper de ce qu'il se passe derrière, j'essaie de repérer Yann, Chris et Jean dans la foule. Yann n'est pas très loin, environ 200m derrière. Je lui crie quelques encouragements au passage. En revanche je ne parviens pas à repérer les autres. Tant pis, je les verrai à l'arrivée. Finalement j'aperçoit une maillot de l'AAAL: c'est Romain, il n'est pas très loin, il est super bien parti! Il m'a repéré aussi et nous nous encourageons mutuellement. Mince! Je voulais lui crier "Aller Dédé!" (il y a eu inversion de son nom et son prénom au moment de l'inscription), tant pis...

Je repasse de l'autre côté de la route le long de la piste cyclable, des vélos me dépassent. C'est parti pour un léger faux plat montant, je suis maintenant pratiquement calé dans un groupe, certains des coureurs qui m'entourent sont avec moi depuis plus d'un kilomètre, maintenant il s'agit de rester dans l'allure... La grande allée passe à l'ombre des platanes, avec les couleurs d'automne c'est vraiment chouette!

Le 8ème kilomètre ne tarde pas à arriver et l'allure ne faibli pas, je lance un "Déjà le 8ème!", personne ne renchérit, j'ai l'impression que tout le monde est dans le dur... Un petit virage avant de longer l'hippodrome et nous continuons le faux-plat sans toutefois que mon rythme n'en soit impacté. Je me sens toujours aussi facile et je lâche mon petit groupe sans y prendre garde, un coureur reste accroché fermement et me demande à quelle allure nous sommes alors que nous passons la pancarte du 9ème kilomètre. Je lui répond que nous sommes en 3'45 au kilomètre (j'ai un peu de mal à le croire moi même...) Il vise les 1h17, cela me convient bien d'autant plus que le vent a fait son apparition. Je lui propose de faire la route ensemble et de prendre des relais pour nous économiser: il accepte avec plaisir, mais pour ce qui est des relais il a une meilleure proposition: nous caler dans la roue d'un autre coureur pour qu'il fasse tout le boulot! Non seulement il a une bonne foulée mais il est aussi lucide, bingo, me voilà avec un compagnon d'aventure qui semble costaud!

Nous franchissons la porte d'Auteuil ainsi que l'arche des 10km, moins de 38 minutes à la montre! J'en informe Brice qui est toujours dans ma roue et qui cours sans montre, à la sensation. Nous discutons un peu, il est Parisien et avait terminé en 1h16 en 2012, pas mal! Pour l'instant nous sommes sur les bonnes bases, il va juste falloir tenir l'allure sur la seconde partie de course. Tiens, je dépasses un coureur que j'ai repéré avec Chris ce matin, il était dans le sas élite et avait l'air costaud, comme quoi... Je passe tout droit au ravito, la soif ne se fait pas sentir et la patate est toujours là (au sens propre comme au figuré) Brice boit une gorgée, recolle, et nous voilà repartis en direction des quais de Seine.

Je continue de faire la discussion, aucune fatigue ne se fait ressentir, pas le moindre essoufflement, incroyable! Je lui parles un peu de Lyon, des courses que je prépare et je ne vois pour ainsi dire pas passer la borne du 11ème kilomètre. Soudain au détour d'un rond point j'aperçoit le maillot de Julien une trentaine de mètres devant nous. Pas de précipitation, on ne change pas le rythme au risque de casser cette bonne dynamique. Nous remontons tranquillement sur lui et finissons par le reprendre en arrivant sur les quais. "Aller mon Juju!" Je lui demande si tout va bien, il me répond qu'il s'est calé à son allure marathon. Décidément, le marathon à 16km/h ça m’impressionnera toujours... Je ne suis pas le seul on dirait, Brice est scotché! "Vous êtes des champions les mecs!" laisse-t-il échapper. Julien oui, moi j'ai encore tout à prouver sur marathon... Je propose à Julien de venir avec nous mais il est bien dans son rythme, il passe son tour. La conversation dévie alors que nous prenons la poudre d'escampette, je lui dis que je reviendrais dans 6 mois pour le marathon de Paris, lui l'a déjà fait trois fois ainsi que deux fois New-York mais ses temps sont assez loin de Julien et moi (bien que le mien soit beaucoup moins admirable), ce n'est pas sa distance. Ceci dit moi non plus, je luis explique que le marathon m'a tout l'air d'un sprint maintenant après les interminables courses de montagne...

Cette fois c'est parti pour vrai longue ligne droite de 6 bornes! Je ne trouve toujours pas le temps long, à force de papoter et de faire coucou aux gens sur le bord de la route... Je profite toujours du cadre avec la tour Eiffel en point de mire et le petit vent dans le dos n'est pas pour me déplaire, j'en aurais presque envie d'accélérer un peu! Je me retiens, j'ai dis à Brice que je l'emmènerais. Tant qu'il ne coincera pas je m'en tiendrais à cette allure. Nous voilà au 12ème, un petit orchestre de rock de nous accueille avec de la musique bretonne. Quelques applaudissements au passage et je jette un oeil à la montre: 3'45. après les 3'42 - 43 des kilomètres précédents nous sommes en train de ralentir légèrement mais Brice semble dans le dur. Il me dit d'ailleurs que c'est trop rapide pour lui, nous décidons donc de ralentir légèrement l'allure.

On nous avait prévenus, le parcours est jalonné de trémies. Déjà la première nous tends les bras, une bonne descente pour se lancer, un long tunnel et une petite côte pour terminer, finalement cela permet d'éviter la monotonie des quais! Alors que nous abordons la pente c'est la grosse ambiance, plein de spectateurs sont attroupés sur le pont et nous encouragent. Je lève les bras au ciel pour les remercier et me sens voler dans la descente quand soudain un fauteuil roulant déboule à ma droite, la remontée risque d'être plus difficile pour lui... Le passage souterrain s'avale bien et mes jambes ne semblent même pas remarquer la bosse. En fauteuil c'est nettement plus compliqué semble-t-il! Je me retiens de l'aider et l'encourage autant que possible avant de retrouver la lumière du jour.

Nous revoilà sur les quais en direction du 13ème kilomètre quand j'aperçoit Sylviane et Julie qui m'encouragent depuis le bord de la route, je ne les vois qu'au dernier moment et fait un petit écart pour leur taper dans la main. Je suis toujours sur mon nuage et plus que 7 kilomètres! Mon partenaire doit plutôt se dire "Encore 7..." il m'a l'air dans le dur et est devenu moins communicatif. J'essaie de le motiver, je lui dis que nous sommes largement sur les bases de 1h17 et que les 1h16 sont toujours d'actualité. Il s'accroche vaille que vaille alors qu'une seconde trémie se profile. Nous passons à ce moment face à la tour Eiffel et l'arrivée, en coupant nous pourrions rentrer sous les 1h et terminer devant les kényans!

Dans la ligne droite précédant la trémie j'aperçoit encore des supportrices de l'AAAL, une petite tape dans la main et nous fonçons dans le tunnel. A nouveau, un troupeau est posté sur le pont pour nous encourager, Françoise est de la partie mais dans la foule je ne parviens pas à la remarquer. Même scénario que la première fois, je lève les bras tandis que le fauteuil déboule à ma droite. J'avale la montée avec la même aisance que la précédente et voilà que l'arche des 15km pointe le bout de son nez! Les kilomètres défilent toujours aussi vite, décidément, pas le temps de s'ennuyer!

Une nouvelle fois je snobe le ravitaillement, il faut dire que j'étais ultra hydraté en partant, rien à craindre de ce côté là. Brice en revanche en profite pour boire un coup, me voilà tout seul. N'ayant pas de gros objectif chronométrique et voulant rester fidèle à ma parole je me cale au petit trot pour l'attendre. Au passage j'en profite pour applaudir les bénévoles et remercier les spectateurs. Lorsqu'il recolle il me propose une bouteille d'eau, je décline l'offre. Nous revoilà partis pour attaquer une nouvelle trémie. Moins de monde sur le pont cette fois-ci et le tunnel a quelque chose d'étrange tant et si bien que j'en perds légèrement mes repères: difficile de dire si je monte ou si je descend... Cela n'entame pas mon allure mais me perturbe un peu tout de même. Je garde l'oeil rivé sur un coureur devant moi avant de le dépasser.

Une fois la trémie franchie Brice me fait signe qu'il commence à coincer et me dit de filer. Je luis souhaite bon courage et lui dis que je l'attendrais à l'arrivée. Cette fois me voilà seul avec moi même à 4km de l'arrivée, les excellentes sensations du jour sont toujours omniprésentes: je décide de donner un petit coup de collier histoire de me faire un peu mal quand même, j'ai perdu du temps dans le dernier kilomètre en attendant Brice, ces 4'01 m'ont piquées au vif! Je relance assez fort, le moteur tient la charge, quel pied! Je jubile, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles.

Me voilà face aux tuileries, c'est superbe! J'essaie de repérer où le demi-tour s'opère tandis que je dépasses quelques coureurs en train de coincer. J'aperçois le pont Royal, un petit virage au dessus de la Seine et il sera temps de rentrer au bercail. Hop, voilà le panneau des 17km, plus que 3! Ma montre m'indique 1h02'11, le sub 1h16 est largement à ma portée, sur ma base de 3'45 au km je devrais arriver aux alentours de 1h15'30! Je revois dans ma tête les barèmes FFA, pour améliorer ma marque il faut que je passe sous les 1h16, pas de problème! En revanche comme ce n'est pas le temps puce qui compte, il faut que j'ajoute 45s environ à mon chrono... Je vais continuer à cette allure et accélérer un peu dans le dernier kilomètre, si ca rentre je serai content, autrement il n'y aura pas mort d'homme...

Le pont est pavé, zut, ça fait mal aux chevilles... Le trottoir est fermé pour laisser passer les piétons, seul le rebord est praticable mais deux coureurs devant moi sont déjà en train de l'emprunter. Peu importe, je ne vais pas chipoter pour 100m, je saute du trottoir et dépasses les deux troubles fête. Une petite descente sur les berges et voilà que j'attaque la dernière ligne droite en accélérant encore un peu. Je dépasses de nouveau des coureurs en train de souffrir, j'essaie d'avoir un petit mot d'encouragement pour eux au passage. Le public est toujours là même s'il est un peu clairsemé en ce moment, les petits orchestres ne sont pas en reste. Niveau musique c'est très éclectique, j'ai eu droit à du jazz, du rock, plusieurs fanfares... C'est vraiment agréable tout ca!

L'arrivée se dessine de plus en plus, dans deux kilomètres je serais au pied de la tour Eiffel. Une piste de 100m ou 200m est tracée sur la berge, je suis bien tenté de placer une grosse accélération pour rigoler mais je parviens à me retenir. Prendre un point de côté maintenant, la belle affaire... Cette fois c'est un kényan que je dépasse! (Il en a le physique en tout cas) Il semble à la limite de l'explosion, j'essaie de regarder la couleur de son dossard mais il échappe à mon regard. Tant pis, je fonce!

Tout les voyants sont au vert, seul le vent qui me souffle dans le nez semble encore pouvoir me gêner. Un dernier kilomètre à avaler, j'essaie d'accélérer encore un peu. Je me cale à une vitesse seuil, les jambes ne veulent pas aller plus vite mais le moteur répond toujours présent, je vole vers la ligne d'arrivée! Un coureur que je viens de dépasser se reprend et me repasse dans la remontée vers le quai Branly. Encore un petit effort à produit, j'aperçoit l'arche et le chrono: l'objectif des 1h16'00 est largement à ma portée, j'ai plus de 40s pour boucler les 200 derniers mètres (à la louche). Un dernier coup de rein, un dernier coureur enrhumé et me voilà arrivé! 1h15'11 à la montre, moins de 1h16 au chrono officiel, magnifique! Je cherche José dans l'aire d'arrivée mais il s'est déjà sauvé, rapide le pti gars!

Je reste près de la ligne en attendant Brice qui ne tarde pas à passer la ligne en 1h16 et des brouettes, il est cuit mais super content! Nous discutons un peu sur le chemin du retour, le temps de récupérer une bouteille d'eau, notre ravito dans un petit sac tout prêt et notre médaille de finisher. Plus qu'à aller faire un saut à la consigne et à filer à la douche!

Au retrait des sacs je tombe sur José qui a claqué un énorme 1h11'53, vraiment impressionnant! Le temps de récupérer mon sac et c'est le défilé, Julien, Yann, Christophe et Vincent qui ont courus ensemble et Jean. Tout le monde semble avoir apprécié le parcours et les gros chronos sont au rendez-vous, que demande le peuple?

A des fins de conserver ma réputation et dès fois qu'un team désireux de s'offrir mes services ne tombe sur cette page je ne m'éterniserais pas sur ma phase de réhydratation rondement menée à grand renforts de St Yore.

20km de Paris

Après une superbe saison de montagne et la souffrance des 10km de Balan je craignais un retour à la route difficile, étonnamment je n'ai jamais ressenti de si bonnes sensations sur une épreuve de ce type! Et quel chrono! 1h15'11, si on ajuste avec le temps perdu au ravito du 15ème à attendre Brice cela me place sur des bases de sub 1h19 au semi! A défaut de parler de hold-up, je pense qu'on peut parler là de grosse surprise, d'autant plus que la prépa ultra bat son plein... Me voilà remonté à bloc pour Caluire dimanche prochain et encore plus pour le marathon de Paris dans 6 mois!

En conclusion ce petit week-end parisien était un pur plaisir, entre les moments entre amis, les bonnes poilades et la grosse performance en point d'orgue me voilà comblé!

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