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Balade en terre Ecossaise

Publié 4 Juin 2014 par Tom in rando

Balade en terre Ecossaise

Ca y est, c'est les vacances! J'ai encore mal au cannes de la course de Millau mais il est temps de partir à l'aventure de l'autre côté de la manche: direction les Highlands d’Ecosse pendant 15 jours. L'objectif est de faire 14 jours de trek entre Fort William et Cape Wrath, mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu malgré une bonne préparation...

Plutôt que de faire un compte rendu à froid qui sera forcément incomplet voilà le contenu de mes carnets de notes (enrichis de quelques photos). Bon voyage!

Balade en terre Ecossaise

19 Mai:

Décollage de Lyon, arrivée à Dusseldorf, je fais le plein d'énergie avec un gros sandwich et un dessert étouffe chrétien local: farine, beurre et sucre, le tout pour former une galette de la taille d'une pizza. Un ratio calories / prix fabuleux! Je passe la nuit sur une banquette de l'aéroport mon buff autour des yeux pour avoir le sentiment d'être dans le noir. Ça fait un peu clodo mais bon...

 

20 Mai:

Je me réveille crevé, les jambes encore pleines de courbatures de la course de Millau. Après le petit dej' je me rends au check'in mais là je rencontre un problème avec mon billet et personne ne sait me dire où est passé mon sac à dos. Après avoir sillonné l'aéroport et fait le tour des guichets je parviens à régler la situation, Opodo a modifié mon vol sans prévenir personne, bref c'est la panique! Me voilà tiré d'affaire et bien arrivé à Glasgow, ouf!

Je me balade en ville et achète une cartouche de gaz pour le réchaud gentiment prêté par Juliana la veille. (Il a quand même fallu être à J-1 pour qu'on me fasse remarquer que les cartouches de gaz n'avaient pas le droit de voyager en avion. Oups, le réchaud prêté par Vincent n'est pas compatible avec les cartouches écossaises!). Une fois ce petit détail réglé je passe à "Eat" pour manger en vitesse, je ressors avec une coupelle remplie d'un curieux mélange de pull' pork, de riz et de légumes frits. Si c'est ca la nourriture écossaise j'ai hâte de m'attaquer aux plats lyophilisés! Je fais une petite balade en ville et vais faire un tour dans l'un des innombrables starbucks de la ville. Je boucle les derniers préparatifs et optimise l'organisation devant un énorme mocha et un chocolate scroll d'enfer.

Balade en terre EcossaiseBalade en terre Ecossaise
Balade en terre Ecossaise
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Je prends enfin le train à destination de Fort William, les paysages qui défilent à la fenêtre son sublimes, la nature a l'air hostile dans le coin, je commence à stresser, les prochains jours m'inquiètent...

J'arrive en ville en compagnie de la pluie, impossible de trouver une chambre d'hôtel, je me résigne à passer la nuit sous la tente après avoir trouvé un petit emplacement pas très loin du ferry. Je monte pour la première fois ma tente à la frontale et sous la pluie, rien n'est tendu correctement mais tant pis, ça fera bien l'affaire pour cette nuit.

Balade en terre Ecossaise

21 Mai:

Réveillé par le clapotis des vagues du loch Eil, le cri des mouettes et... la pluie! Je remballe mon sac and let's go! J'ai 30 min d'avance sur le ferry, j'attends sous l'abri de bus pour me protéger de la pluie, il caille...

Je traverse le loch en compagnie de deux écoliers et d'un randonneur alors que la pluie persiste. Dès les premiers pas le GPS me lâche, j'avais pourtant programmé la trace pour me laisser guider mais celui-ci refuse de fonctionner. Je passe donc en mode basique pour avoir au moins le nombre de kilomètres au compteur... Au moins j'ai ma carte, c'est déjà ça! Devant moi le randonneur part comme une bombe, je décroche rapidement. J'entame l'aventure par 10km de route le long du loch, c'est très joli et la pluie finis par cesser.

 

 

Balade en terre Ecossaise

Je bifurque sur le premier sentier, je surveille bien ma carte pour ne pas me planter. Les paysages commencent à devenir plus sauvages, je remonte le cours de la river Coran entre deux hills. Je commence à avancer à une bonne allure et je reprends le randonneur de ce matin, nous discutons un peu pendant que nous faisons une pause. Lui aussi va à Cape Wrath, il a déjà tenté deux fois l'aventure mais n'est pas allé au-delà de Shiel Bridge. J'espère pour lui comme pour moi que cette fois cela se passera mieux. Je repars devant, ayant un rythme de marche finalement plus élevé.

Il est midi, temps pour moi de faire une pause lunch: un gros sandwich acheté à Glasgow la veille et quelques biscuits du coin, des shortbreads composés de farine, beurre et sucre uniquement. Sans être particulièrement raffiné c'est bon et c'est bien calorique, tip top en rando! Le moral remonte et je commence à songer à faire plus que prévu aujourd'hui.

 

 

Balade en terre Ecossaise
Balade en terre Ecossaise
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Je repars et attaque la première ascension: le sac est lourd et me tire sur les épaules, je grimpe dans une sorte de ruisseau, c'est dur. Je glisse lors d'un passage à gué, me voilà avec le pied droit imbibé d'eau... J'atteins le col et entame la descente vers Glenfinnan, toujours dans un ruisseau, il y a des tourbières de partout! Je suis au ralenti pour essayer de ne pas me mouiller les pieds, mais en vain... Un nouveau passage à gué se met en travers de ma route, j'ai beau cherché il n'y a pas moyen de traverser. Tant pis, aux grands maux les grands remèdes: je détache mon sac à dos, me donne un peu d'élan et le projette de toutes mes forces de l'autre côté en croisant les doigts, ca passe ou ça casse. Je frôle le drâme, à 10cm près c'était dedans! Il n'a peut-être pas l'air comme ca mais il est bien compact pépère, d'après mes calculs environ 24kg... Un bond de l'autre côté de la rive et c'est reparti dans les tourbières...

Un nouveau passage à gué, cette fois aucune façon d'y échapper, j'y vais pour de bon les deux pieds dedans! J'ai mal aux épaules, les pieds trempés et peur de glisser: j'en ai ras le bol. Une douleur sous le pied m'interrompt dans la descente, je sens un début d'ampoule... je m'arrêterais à Glenfinnan cette nuit, pas question d'aller plus loin. Tous les hôtels du village sont complets, je sens déjà la nuit sous la tente. Pour patienter je vais ravitailler à la Glenfinnan House au bord du loch. La vue est enchanteresse, je bois une tasse de thé accompagnée de son traditionnel pot de lait puis m'attaque à un bon repas: une saucisse de venaison sur lit de purée avec quelques champignons frits, c'est très bon! Je profite de la pause pour regarder l'état de mes pieds, il sont à vif à cause de l'humidité et me font très mal, le moral est comme eux: dans les chaussettes. J'attendrais de voir leur état demain matin pour décider de la marche à suivre mais j'envisage de poursuivre en mode touriste jusqu'à Shiel Bridge (étape 5) en alternant jour de marche / jour de visite. 

La saucisse me redonne un peu de courage, sur les conseils du cuistot je décide de prendre un peu d'avance sur la journée de demain en marchant 5km sur une route plate en direction d'un bothy (petit refuge non gardé des Highlands). En chemin je croise de nombreux chevreuils qui descendent s'abreuver dans la river Finnan. Une fois arrivé à mon logement d'un soir je fais la rencontre de Quentin qui me donne des conseils pour la suite de l'aventure, il a l'air d'un marcheur chevronné, je note bien ces remarques dans un coin de ma tête. Je lui offre un thé et des shortbreads avant d'aller bouquiner un peu. Je me résigne à regarder mes pieds, j'ai peur de ce que je vais découvrir.... C'est bien ce que je craignais, une ampoule de 5cm² à l'arrière de chaque talon! Me voilà bien....

Bien que très confortable avec l'électricité, de quoi faire une flambée et la river Finnan qui s'écoule juste devant la nuit est difficile, je ne parviens pas à trouver une position confortable compte tenu de mes ampoules. Nous recevons la visite de la famille mulot qui était nichée dans un pan de mur. Elle profite du calme qui règne à présent pour aller grignoter.

 

Balade en terre Ecossaise
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22 Mai:

Le réveil n'est pas au top, j'ai toujours mal aux pieds. Le regain de motivation entrevu la veille vient de s'évaporer... Je prépare moon sac, l'étape du jour devrait ne pas être trop longue et semble suivre un chemin tout le long jusqu'à un nouveau bothy. 14km pour 500D+, je pense arriver aux alentours de midi. Un bon bol de muesli et c'est parti. Quentin a 10 minutes d'avance sur moi alors que je refais le plein d'eau dans le torrent. Toutefois je le dépasse rapidement, je suis reposé et je grimpe à une bonne allure. Très vite les passages à gué se multiplient, j'essaie de garder mes pieds au sec en passant sur les cailloux pour ne pas faire empirer mes ampoules. J'obtiens un certain succès dont je ne suis pas peu fier dans la manoeuvre. Je parviens en haut sans avancer bien vite toutefois, beaucoup de temps de perdu à cause des ruisseaux.

Le chemin disparait, remplacé par des tourblères, comme hier je suis à l'arrêt en tentant veinement de trouver un passage relativement sec. Le vent souffle dur, il fait froid: il est temps de mettre la capuche et de sortir les gants chauds du sac. Sur le petit plateau qui marque le sommet un autochtone sort le nez de sa tente, je lui fais un petit signe de tête impressionné. Compte tenu des conditions la nuit a dû être rûde pour lui!

Balade en terre EcossaiseBalade en terre Ecossaise
Balade en terre Ecossaise

J'entame la descente entre les deux hills, epérant retrouver un sentier comme indiqué sur la carte: il n'y a rien du tout, juste de la toube et moult ruisseaux me font face... Mes pieds me font de plus en plus mal mais j'avance doucement mais sûrement. Un randonneur descent de l'autre côté du torrent qui coupe la vallée en deux, pourtant ma carte m'indique le chemin de ce côté, bizarre.... Des trâces de pas me prouvent que je ne suis pas le premier naze à m'aventurer ici, je poursuis ma route en pestant contre les sentiers écossais.

J'avance un moment en suivant la ligne de niveau des 200m puis la descente reprend, toujours les pieds dans la tourbe. J'aperçoit deux sacs à dos droit devant au moment om le torrent effecture un coude. J'ai le choix entre deux options: traverser deux passages à gué en coupant le torrent ou une grimpette qui m'a tout l'air casse gueule qui contourne l'obstacle. J'opte pour garder mes pieds au sec.

Je redescend à présent par un chemin situé au dessus des deux randonneurs avant de déboucher sur une cascade, celle-là même que je cherche depuis une heure pour me confirmer que je ne suis par perdu, ouf! Je termine cette descente tourbeuse, de la boue jusqu'aux mollets et les chaussures gorgées d'eau.

Normalement un pont doit me permettre de traverser la rivière qui me fait face et ainsi rejoindre un chemin plus large. Manque de bol, le torrent se situe de l'autre côté du torrent... Je vois le randonneur de tout à l'heure sur l'autre rive passer tranquilement. Les deux autres randonneurs et moi trouvons un passage qui semble pratiquable, malgré tout je  termine en mettant les pieds dedans...

Nous passons enfin ce pont de malheur avant de découvrir un panneau "Dangerous bogs, please follow the flags". Tant pis pour le chemin tant attendu, me voilà dans des marrécages où la tourbe peut se transformer à chaque instant en sables mouvants. Des drapeaux oranges sont placés tous les 200 à 300m pour nous donner le cap à suivre sans pour autant nous permettre de tirer tout droit, il faut trouver une voie... Je suis vidé, mes épaules et mes pieds me font vivre un calvaire, l'humidité va bientôt avoir ma peau et ces bogs achèvent ce qu'il restant de mon moral. Je pensais attendre d'être au bothy pour casser la croûte mais tant pis, encore 3,5km avec les surprises du jour, ca peut devenir longuet! Je préfère assurer mon repas.

Les deux randonneurs sont dans le même état d'esprit et s'installent une centaine de mètres plus loin. Me voilà arrivé à Strathan, au bord du début du loch Arkaig. Tandis que je mange des sandwichs au comté je réfléchis à mon état: mes pieds n'iront plus très loin sans soins, le chemin est dangereux et il me reste 60km avant de retrouver un peu de civilisation à Shiel Bridge. La carte me montre qu'une route part le long du loc en direction de l'Est, il n'y a pas d'autres possibilité de mettre le clignotant à moins d'une journée de marche. L'autre solution étant de faire demi-tour vers Glenfinnan. Je vais me renseigner auprès des randonneurs, il n'ont pas de carte en montrant plus que la mienne mais ils ont une carte assez générale de la région qui indique que la route longe le loch jusqu'à un petit village et me permet de rejoindre Fort William en deux jours de marche, j'opte pour cette solution.

Je marche encore une heure avant de jeter mon sac et de planter la tente au bord de l'eau, je devrais passer la nuit au calme. J'en profite pour éliminer un peu de tourbe et me décrasser le visage, 4 jours sans toilette ca commence à faire drôle... Les ampoules ont bien empiré aujourd'hui, celle du pied gauche s'est percée et me fait un peu moins mal, j'applique le même traitement à celle du pied droit. Une fois crevée la douleur est violente, je m'allonge en serrant les dents et fais une sieste le temps que ça passe.

A mon réveil le gros de la douleur est passé, je m'installe un support confortable pour bouquiner les pieds en l'air et passer le temps en attendant le soir. Une bonne soupe et une tartiflette lyophilisée me remplissent l'estomac, j'agrémente mon repas d'une tranche de comté, de quelques amandes et de biscuits. Alors que je sors mettre de l'eau à chauffer pour le thé j'aperçoit un jeune cerf à deux pas de là. Le temps que j'aille chercher de quoi faire une photo il a été rejoins par un autre de ses congénères!

Balade en terre Ecossaise
Balade en terre Ecossaise

23 Mai:

La nuit a été bonne malgré qu’il soit difficile de trouver une position confortable avec mes ampoules. Je me réveille tôt, avale un petit dej’ de champion et enfile les chaussettes et les chaussures toujours humide, aie… Je plie la tente et me voilà en route pour… I don’t know ! Je sais juste que je dois tirer plein Est jusqu’au bout du loch Arkaig, ensuite je ferais avec ce que je trouverais.

J’arpente la petite route très vallonnée qui borde le loch, avec mes pieds en sang c’est un long chemin de croix. Chaque voiture qui passe (une par heure environ) me rappelle que je pourrais finir en faisant du stop, cependant j’ai encore envie de profiter de l’aventure, même si ça vire au calvaire. J’aperçois non loin un troupeau de cerfs, je compte 25 têtes, magnifique ! Ils me regardent passer l’œil aux aguets.

Pour gérer ma douleur je trouve un rythme simple à tenir : 1h de marche à 4,5km/h puis 10 minutes de pause, allongé avec la tête sur le sac pour laisser mes pieds et mes épaules souffler un peu. La vue sur le loch est splendide, entouré de « hills », je n’ai qu’à tourner un peu la tête pour entrevoir les sommets enneigés d’où je viens.

Je croise un petit hameau avec de superbes cottages, par contre je ne trouve toujours pas de réseau afin de donner des news… Après 4h de marche j’arrive auprès d’un pont situé à ce qui semble être la pointe du loch. Justement un promeneur passe par là, je l’interpelle et lui demande mon chemin. Un panneau croisé un peu plus tôt m’a appris que j’étais dans l’estuaire du village que je visais, le moral commence à remonter. Mon nouvel ami m’explique que je peux continuer à suivre la route mais que c’est plus long, autrement je peux couper par le pont et la forêt. Notre échange se fait dans un anglais très approximatif, son accent de cow-boy écossais est à couper au couteau, j’ai toutes les peines du monde à le comprendre. Nous discutons un peu sur la route, je lui explique d’où je viens, il semble impressionné. Je l’abandonne au milieu du pont : It’s lunch time ! Le beau soleil qui m’accompagnait depuis ce matin me fait faux-bond : des gouttes se mettent à tomber alors que je déballe le réchaud… Pour la sieste au soleil on repassera ! Un petit potage poireau – pomme de terre me réhydrate avant que je n’attaque un curry de poulet délicieux. Je conclue mon repas par un morceau de comté et des chocos avant de me remettre en marche. Déjà 18km de marche ce matin, je ne vais pas trop forcer à présent.

Balade en terre Ecossaise

Je repars en boitillant, mes pieds sont froids et les ampoules à vif. La route défoncée et caillouteuse n’arrange pas mon affaire… Je grimpotte un morceau de colline m’attendant à apercevoir Fort William une fois au sommet mais rien ne viens, je suis au milieu des bois. Je finis par atteindre le musée d’Achnacarry, je suis sur la bonne voie !

Je souffre et je commence à me traîner, je passe en mode repérage d’un endroit où passer la nuit. Je rejoins une route plus large et plus passante. Je jette un œil à ma boussole : plein Sud, perfect ! Cependant je ne vois pas le moindre panneau, j’ai beau être assez sûr de moi une confirmation de ma direction ne serait pas de refus. Pas de réseau non plus, je suis toujours au milieu de nulle part. Je fais une pause au bord d’un ruisseau pour reprendre de l’eau. Soudain j’aperçois un couple de retraités en balade le long du loch en contrebas. Je les interpelle pour demander s’il s’agit bien de la route de Fort William. Le vent souffle et n’étant pas à côté d’eux nous ne nous entendons pas, je parviens juste à comprendre « Lochy ». Voilà qui m’avance bien… Fort William se situant à l’Est du loch Eil j’ai peur de me retrouver sur la mauvaise rive.

Je continue mon petit bonhomme de chemin le long d’une exploitation forestière, le bruit des tronçonneuses n’est pas des plus relaxant et je ne vois toujours pas de point sympa où passer la nuit. Un peu plus loin  un petit hameau situé le long du Great Glen Way me fait de l’œil mais un panneau « no camping » me persuade de poursuivre. Les kilomètres commencent à s’accumuler au GPS, déjà 23… Après quelques nouvelles minutes de marche j’arrive enfin face à un panneau m’indiquant Fort William tout droit, ouf !

Le loch en contrebas se transforme en canal au niveau d’un hameau, je bifurque pour aller trouver un peu de plat pour ma tente. Me voici à Gairlochy, juste au bord de l’écluse dans un coin calme, parfait pour recouvrer quelques forces. Je plante la tente comme un pro, j’ai la sensation d’avoir gagné 1m² par rapport à la veille ! Comble du bonheur le réseau est de retour ! Un petit texto pour rassurer tout le monde et voilà que les parents me rappellent dans la minute, ça fait du bien de parler un peu. Pendant que les pieds ne sont pas trop froids je fais un saut de l’autre côté du canal afin de savoir s’il est possible de le longer jusqu’à Fort William. Rien ne m’indique si oui ou non il y mène mais j’apprends que j’ai longé le loch Lochy en ce début d’après-midi. Je croise un couple de retraités en train de sortir les chiens, ils m’indiquent que la voie cyclable rejoins bien mon objectif, ca sera toujours plus sympa que de suivre la route !

Retour à la tente, c’est l’heure de la sieste en attendant celle du gouter… La fin de journée se passe sans incident : bouquinage, repas calorique (potage, couscous, fromage, pâtes de fruits, petits bruns, amandes et thé). Seul petit pépin de la soirée, alors que je fais ma vaisselle le quart m’échappe des mains et route dans l’herbe avant de finir dans le canal… Le courant l’aurait emporté si une branche ne l’avait pas arrêté. On a eu chaud…

Après un rapide calcul basé sur mes coordonnées GPS je dois me situer à une douzaine de kilomètres à vol d’oiseau de Fort William, la journée de demain ne devrais pas être trop rude.

Balade en terre Ecossaise
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24 Mai:

Objectif du jour : rallier la civilisation. Je commence à avoir la technique pour dormir avec mes ampoules : le sac à dos me sert d’oreiller tandis que je recycle mon oreiller en repose pieds, me permettant de les laisser dans le vide. Je me réveille avec le cris des mouettes et le bêlement des moutons un peu plus tard que prévu aux alentours de 7h15. Un bol de muesli, quelques petits bruns, le temps de remballer mes affaires et me voilà en chemin.

A peine quelques pas et un panneau m’indique qu’il me reste 6 miles, soit 9,6km, ça va aller vite ! J’avale la moitié de la distance lors de ma première heure de marche, je ne croise que quelques bateaux, pas mal de mouton ainsi que maman canard partie en balade avec les enfants. Si je ne souffrais pas autant je serais au paradis, une colline à moutons à ma droite, un torrent et les montagnes à ma gauche, sans oublier le caledonian canal que je suis en train de longer.

Balade en terre Ecossaise
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Je m’accorde  une petite pause pour profiter encore un peu de ces paysages puis reprends mon chemin. Je commence à croiser des gens, les « Hi » se multiplient. J’arrive finalement au bout du Great Glen Way, un bateau est en train de franchir l’écluse, les touristes ont dégainés les appareils photos, je me joins au mouvement.

 

Balade en terre Ecossaise
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J’arrive face à une petite gare, j’interpelle un cycliste pour lui demander mon chemin, il m’indique de suivre la grande route. J’aperçois l’antenne relais qui me dominait lors de mon départ mercredi, je ne suis plus très loin. Manque de bol la route n’est pas vraiment directe et manque particulièrement d’intérêt. J’avance tout de même jusqu’à trouver un panneau me donnant encore deux miles à parcourir avant le centre-ville. Le moral prend une bonne claque mais je continue à avancer au radar. Je commence à chercher une chambre d’hôtel alors que j’approche mais tout est complet, il ne reste que des chambres doubles. Je finis tout de même par trouver mon bonheur à l’Alexandra Hotel, juste en face de la gare.

Un bon repas dans un petit pub, le Crofter et me voilà en quête de vêtements civilisés et propres en attendant de prendre une bonne douche. Les boutiques de mode ne sont pas légion à Fort William, en revanche c’est le paradis des boutiques de rando, ça me va tout autant ! De plus c’est la période des « sales », les prix sont cassés. Je file chez mountain warehouse et ressort avec un pantalon et un pull léger pour £25, par contre pas moyen de mettre la main sur une paire de chaussures dans lesquelles je sois bien.

Je bouquine un peu dans un parc et retourne à l’hôtel profiter de la douche. Après 6 jours sans voir une goutte d’eau la baignoire prend cher et se teinte très rapidement d’un marron épais. Curieusement ce confort ne me réjouis pas spécialement, pour être honnête le côté spartiate de la tente me manque déjà. Je termine mon brin de toilette et en profite pour passer mes vêtements dans l’eau savonneuse eux aussi. Pas de séchoir et le chauffage est coupé, le séchage est comprimés ! Je regarde un peu les infos à la télé pour constater que je n’ai manqué cette semaine rien de bien palpitant avant de filer en ville chercher un pub pour voir la finale de HCup. Seul le Crofter semble équipé, je m’installe devant un écran en compagnie d’une pinte confortablement installé dans un petit fauteuil de cuir. Je suis toujours un peu à l’heure française, et arrive avec une heure d’avance.

Pendant ce temps je regarde Derby County face aux Queens Park Rangers (foot). Les locaux sont derrière DC mais c’est QPR qui l’emporte d’un but à la dernière minute, les voilà dépités. C’est maintenant au tour du rugby, un couple me demande s’il peut s’asseoir à ma table. Face à leur accent je ne peux m’empêcher de répondre ne français. Ils sont toulousains mais supporteront Toulon pour l’occasion. Nous discutons rugby pendant le match puis voyages à la mi-temps. Nous digressons sur la gastronomie locale que je n’ai qu’entraperçut jusque-là. Ils en concluent ce que je commençais à soupçonner : la finesse, c’est pas le genre de la maison ! Ici c’est bidoche, patates et bean’s sans oublier les fish’n’ships et autres plats bien gras.

A l’heure de trouver un coin où manger tout est full, je termine au resto de l’hôtel pas encore blindé. Je décide de tester la spécialité locale, la haggis (panse de brebis farcie) accompagnée de la sempiternelle purée avec une pointe de confiture d’oignon pour faire un peu chic. C’est relativement bon mais sans plus, cela me laisse dubitatif. La carte des desserts ne m’attire pas vraiment l’œil, j’aime autant aller terminer mon comté dans ma chambre avec une tasse de thé et quelques petits bruns. Le thé de la chambre n’est pas fabuleux, je le teste à la sauce locale, avec un nuage de lait. Bof.

J’hésite quant au programme des jours à venir : poursuivre en B&B ou retourner faire un peu de camping. La nuit portera conseil et me fera opter pour le camping, il ne reste qu’à trouver un point de chute !

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25 Mai:

Une nuit dans un lit, ça a quand même du bon ! Je me lève tôt pour ne pas faire la queue au petit dej’, manque de bol les grands bretons sont aussi lèves tôt que moi. J’arrive néanmoins à trouver une petite place dans la salle. Le programme de la journée est assez clair dans ma tête : trouver une gare dans un coin sympa, marcher un peu et planter la tente. Ne sachant ni mon heure de départ ni mon heure d’arrivée je décide de sauver quelques livres en faisant un petit dej’ de folie et en sautant le repas de midi. Je fais le tour du buffet, tout y passe excepté la haggis et le black pudding. J’attaque les hostilités avec le sucré : croissant, toasts et muesli puis c’est au tour du salé : sausages, bacon, œufs au plat et brouillés, beignet et galettes de pomme de terre, bean’s… Un yaourt avec un peu de coulis de framboise pour faire couler le tout et me revoilà dans ma chambre à potasser les cartes. Après une longue réflexion j’opte pour Beasdale, pas village, juste une petite gare au bord du loch Non Uamh. Je repère un petit coin à 1,5km de la gare, à la rencontre d’un torrent et du loch. On verra bien ce que ça donne, au pire je peux marcher jusqu’à un point un peu plus loin.

Je quitte l’hôtel à 9h00 et file à la gare, fermée jusqu’à 10h30 le dimanche. J’en profite pour faire un saut au Morrisson’s, le supermarché du coin pour racheter quelques biscuits histoire de tenir dans les prochaines jours. En sortant je récupère quelques brochures à propose des lieux écossais à visiter, ça pourra toujours se révéler utile.

Je finis par acheter mon billet de train, départ prévu à 12h12. En route j’apprends que le train ne s’arrête que sur demande, j’espère que je pourrais le prendre au retour, s’il passe tout droit devant moi j’aurais l’air malin… Au pire il reste une plus grande gare dans le village d’à côté à 4,5km de là.

Nous passons par Glenfinnan, à l’approche du viaduc sous lequel je suis passé 4 jours plus tôt tous les touristes se ruent aux fenêtres appareil photo au poing. Tiens ? Une annonce dans le train nous explique qu’il s’agit du viaduc de Harry Potter. En effet, maintenant que je suis au courant je reconnais bien le coin ! La vue est somptueuse, on s’attend à voir Poudlard émerger au prochain virage…

Après 1h de trajet mon train me dépose à Beasdale, après avoir repéré les horaires de retour je me mets en route. Un petit sentier me fait rapidement de l’œil, je m’y engage pour voir mais ne trouve que de la boue et certainement pas de coin pour planter ma tente. Je rebrousse chemin sachant que je n’y trouverais pas le bonheur. Je descends paisiblement la route pour constater que le coin que j’avais repéré n’est en fait constitué que de galets, zut ! Je poursuis un peu et aperçoit un carré d’herbe au milieu de cette petite crique. Le cadre est à couper le souffle, le carré d’herbe est parfait, j’exulte de joie !

Je plante rapidement la tente, étend ma lessive de la veille toujours pas sèche et pars ramasser du bois afin de faire un feu ce soir. Entre la bruyère sèche, les fougères, le petit bois flotté et les énormes buches que je trouve dans ma crique j’ai de quoi faire une flambée digne de Jeanne d’Arc. Il est à présent l’heure d’aller noircir ces quelques pages alors que le soleil brille, j’espère que le temps se maintiendra… J’écris paisiblement en profitant de ces instants dans un cadre incroyable, bercé par le bruit de l’eau et le chant de l’eau quand soudain je me rends compte que j’ai pratiquement les pieds dans l’eau quand tout à l’heure j’avais une bonne marge. Mince ! J’avais oublié que mon loch est raccordé à l’océan, il est donc sujet aux marrées ! Le rocher sur lequel j’étais assis est maintenant entouré d’eau, la berge est à 1m50 ! Je fais un bond sans pouvoir prendre d’élan et atterris dans les galets, les pieds au sec. Ouf !

Balade en terre Ecossaise
Balade en terre EcossaiseBalade en terre Ecossaise
Balade en terre Ecossaise

Je pars maintenant à la découverte de mon fief, le tour du propriétaire ne prend pas des lustres, je traverse le torrent et trottine dans les rochers, descends dans la crique et retourne à la tente. J’ai repéré un point d’intérêt sur ma carte à environ 800m de là, je vais voir ce qu’il en est. Il s’agit en fait d’un point de vue sur les prince’s cairns, un ensemble de petits îlots pas vilains du tout. Un couple s’arrête pour me demander sa route, si c’est maintenant moi, le frenchy, qui doit aiguiller les britishs…

Petite pause lecture sur un rocher avant d’être délogé par la traditionnelle douche écossaise de fin d’après-midi. L’heure tourne, je file faire mon feu. Avec tout ce que j’ai ramassé je n’ai aucun mal à le faire prendre, un bonheur. Je profite de ces flammes pour faire ma tambouille : petite soupe à l’oignon, pâtes à la milanaise, a cup of tea et quelques petits bruns. Je suis interrompu au beau milieu de mon festin quand soudain un policier sort de nulle part. Je cherche déjà une bonne excuse pour lui expliquer que je fais du camping sauvage quand il m’explique qu’il a simplement aperçut de la fumée et cru qu’il s’agissait d’un départ de feu. Il est souriant et reconnais à mon accent que je suis français, décidément je dois vraiment m’exprimer comme un manche…. Il me quitte sur un « Enjoy the view » suivi d’un coup de klaxon quand il reprend la route. Ils sont quand même sympas ces écossais !

Balade en terre Ecossaise

26 Mai:

Je me réveille à 7h30 et ouvre le rabat de la tente pour profiter encore un peu de la vue pendant mon petit dej’. Manque de bol je suis pris d’assaut par les midges (mini moustiques écossais extrêmement méchants) et je retourne aussi sec à mes pénates… Je prends mon temps pour lever le camp tandis qu’un couple d’écossais passe par là pour ramasser des fruits de mer dans la crique.

Je me suis décidé sur le programme de la journée : foncer à la gare de Beasdale prendre le train pour Mallaig, si je dois attendre trop longtemps je prendrais celui en sens contraire vers Glenfinnan. J’arrive en gare à 9h20, gros coup de chance le train de Mallaig passe à 9h28. Un petit signe de main au conducteur qui s’arrête et je demande un billet au contrôleur. N’ayant pas la monnaie sur mon billet de £20, celui-ci ne me fait pas payer, j’en reste sidéré ! J’arrive à destination et découvre une petite ville portuaire, plutôt terne et tristounette avec la météo du jour, le ciel est gris et menaçant. Il y a toutefois quelques échoppes pour faire des courses, des B&B et des cafés. L’économie locale semble basée sur la pêche et le tourisme généré par le ferry.

Je fais un bref tour du village afin de prendre mes marques et je m’installe en terrasse du tea garden pour boire un earl grey. On a beau être au pays du thé, jusqu’à présent je ne me suis pas franchement régalé… Je passe la matinée à bouquiner en regardant les bateaux partir du port depuis ma terrasse. Je commande une sorte de sandwich pas fini au bacon ainsi que quelques frites avant d’enfiler mon sac à dos.

Balade en terre EcossaiseBalade en terre Ecossaise

Je traverse le village en enjambant la colline, je profite au passage du splendide panorama sur l’ile de Skye puis redescend de l’autre côté pour m’aventurer dans les prés en compagnie des moutons. Après une bonne grimpette je me retrouve sur un chemin typiquement écossais : de la boue, de l’herbe et ce qu’il reste d’une trace, impossible à suivre et ne collant en rien avec la carte. Heureusement que j’ai l’objectif en vue, le loch An Nostarie situé en contrebas. Je finis par retomber sur un sentier bien entretenu qui m’y conduit tout droit entre deux crachins. Une table de pique-nique m’attend au bord du loch, la vue est imprenable, je décide de coucher ici et non au prochain loch que j’ai repéré sur la carte.

Je trouve un endroit accueillant pour ma tente avant de repartir voir le loch Eireagoreich. Le sentier redevient très vite assez peu praticable, entre boue, fougères et passages à gué, c’est tout juste un couloir à lapin au beau milieu d’un pré à moutons… J’ai un peu moins mal aux pieds aujourd’hui mais j’aimerais éviter de rouvrir mes ampoules, je rebrousse finalement chemin.

A peine de retour à mon aire de camping un couple d’écossais vient squatter ma table pour casser la croûte tandis que j’étudie ma carte pour repérer les zones à explorer. J’ai envie de descendre au sud du Loch ou encore d’escalader la butte située au nord pour profiter du panorama sur la baie. Je m’occupe d’abord de la priorité n°1 : planter la tente, j’ai comme un mauvais pressentiment quant à la météo… Un couple d’anglais m’interpelle pendant que j’ai le nez dans la toile, nous papotons 5 minutes alors que des gouttes se mettent à tomber. Je termine de planter les piquets en deux coups de cuiller à pot puis cours chercher le sac à dos avant de me ruer à l’abri. Ouf, c’est pas passé loin !

1h30 plus tard l’averse semble se calmer, pendant cet interlude de nouveaux voisins ont élu domicile, me voilà entouré par les moutons ! La petite ondée reprend finalement et se poursuit le reste de l’après-midi. J’en profite pour faire une petite sieste, ou plutôt « taking a nap » comme on dit ici. Je profite d’une accalmie sur les coups de 19h pour jeter un œil à l’extérieur, grossière erreur, les midges sont de sortie et me sautent dessus. Vite, je prends mes petites affaires de cuisine et file faire chauffer mon eau. Le repas est à peine près que je retourne me réfugier sous la tente pour manger au calme, le visage me démange… Je ne sais pas comment ils ont fait mais la tente est envahie, je mène une traque minutieuse avant d’attaquer le dessert. Je tire une croix sur ma tasse de thé, pas question de retourner à l’abattoir ! De toute manière la pluie a repris, l’envie d’aller me balader a été douchée.

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27 Mai:

La pluie s’est arrêtée dans la nuit, je me sens reposé malgré une température qui est tombée assez bas. Je suis tiré de mon sommeil par le chant des oiseaux, d’ailleurs j’ai repéré un cri plutôt étrange, imitant le glouglou d’une bouteille d’eau en train de se remplir. Pas la moindre idée de ce que ça peut être, il faudra mener l’enquête.

J’ouvre la tente pour voir si les midges me cernent toujours : rien à l’horizon ! Les nuages ont aussi pris la poudre d’escampette, il fait grand beau ce matin ! Je prends mes affaires et vais déjeuner au bord de l’eau pour profiter encore un peu de ce panorama grandiose : le reflet du soleil sur l’eau, les pins calédoniens qui surplombent le loch, les moutons qui paissent, les oies sauvages qui passent au-dessus de ma tête… Ce coin a des allures de paradis.

Trêve de palabres, il est temps de lever le camp ! En voulant aller vite j’en oublie une bouteille d’eau dans la toile de tente, celle-ci ne rentre plus dans sa housse… Tant pis, je bourre tout ce petit monde dans mon sac à dos à deux doigts d’exploser et me mets en route pour Mallaig ou je compte prendre le train de 10h10 pour Glasgow. J’avale le chemin du retour plus vite que prévu en profitant encore de la vue sur l’ile de Skye, comme j’ai de l’avance je vais en profiter pour jeter un œil aux ferrys, ma carte m’indique qu’ils ne vont pas sur les iles alentour mais connaissant leur fiabilité… Encore une fois coup de pot : j’arrive à 9h10, un ferry pour Armadale (ile de Skye) mets les voiles à 9h30. Je m’acquitte rapidement des £7,70 pour effectuer l’aller-retour, traverse le parking plein à craquer de voitures et de motos et embarque. Pour un gros bateau c’est un gros bateau !

Je trouve une place au chaud pour profiter de la vue pendant les 30min de traversée et c’est parti ! Je débarque sur l’ile, le ciel est toujours radieux, en revanche je n’ai pas la carte des lieux… Au cours du trajet j’ai repéré un village à ma gauche et un château à ma droite. Je commence par me diriger vers un panneau d’information à la sortie du ferry et consulte une carte simplifiée qui me confirme ce que j’avais repéré. Elle m’indique également qu’un sentier estampillé « nice walk » débute à deux pas d’ici, tip top, me voilà reparti à l’aventure !

Balade en terre Ecossaise
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Après 15 minutes de marche un panneau m’indique un point de vue en haut de « Armadale Hill », ça m’inspire, j’y vais ! Le temps est tellement beau que pour la première fois je dégaine mes lunettes de soleil et passe mon buff sur ma tête pour me protéger de l’insolation. L’ascension est très chouette entre sous-bois, clairières envahies de violettes, traversée de ruisseaux (les pieds au sec) et dernière grimpette à la sauce locale, dans la boue et la bruyère. Une fois n’est pas coutume, le chemin est bien marqué, impossible de se tromper !

Me voilà 170m plus haut qu’à la sortie du ferry, pas bien fatigué mais transpirant tout de même. Cette fois je suis plus ravi d’être venu ici plutôt qu’à Glasgow, la vue à 360° est juste grandiose ! D’un côté je fais face aux terres écossaises et la baie de Mallaig, de l’autre j’aperçois la mer ainsi qu’un petit loch, enfin j’ai un bon aperçut de ce coin de l’ile de Skye qui semble relativement plat vu de mon promontoire. A l’ouest j’entrevois encore des montagnes à l’autre bout de l’ile, muni d’une carte je me ferais une joie de partir explorer un peu plus… En attendant il est presque midi, je fais une pause adossé au poteau qui marque le sommet. La tradition locale semble être d’enfoncer une pièce dans celui-ci. Je termine mon bouquin pendant que deux promeneurs passent profiter un peu de la vue puis je déballe le réchaud pour avaler une tournée de pâtes à la milanaise. Pas de dessert, j’ai finis tous mes biscuits au petit dej’, tant pis, j’irais boire un thé et acheter du ravitaillement un peu plus tard.

Je redescends en essayant un autre chemin qui me conduit derrière un vieux corps de ferme à l’abandon avant de redescendre en direction du château aperçut un peu plus tôt. Un coureur me dépasse avec un équipement inadapté et une foulée horrible, je suis à deux doigts de lâcher mon sac pour lui mettre une taule…

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Je débarque dans les jardins du château, ou plutôt ce qu’il en reste. Seule la façade est encore des nôtres, c’est plutôt lugubre. Les jardins eux sont en excellent état, je fais un petit tour et débouche sur un musée. Ayant du temps devant moi j’entre pour profiter de la visite assez instructive sur l’histoire des highlands. Je reprends ensuite la route d’Ardvasar, le petit village à côté du ferry. L’épicerie est close quand j’arrive, je mets ce temps à profit pour explorer un peu. Le village est triste à mourir ! Je fais demi-tour et trouve la porte ouverte cette fois-ci, j’achète un paquet de cookies ainsi qu’un swiss-roll, un truc crémeux à l’ai bien gras.

Direction le port où j’ai repéré un petit café pour prendre le thé. Je profite de l’occasion pour refaire le plein en eau pour la nuit. A peine mon thé terminé que le temps tourne au vinaigre, la petite averse journalière est arrivée… Je prends mes cliques et mes claques et me voilà reparti vers mon lieu de villégiature de la nuit au sommet de la colline. J’en profite pour prendre quelques notes pour demain sur mon temps de marche, j’aimerais attraper le ferry de 8h50.

39 minutes plus tard me revoilà en haut malgré un peu de temps perdu à cause de deux « molosses » qui ont eu peur de mon sac à dos. La pluie qui semblait s’être calmée pendant la grimpette revient au galop, je me surprends à monter la tente et installer mon barda en à peine 8 minutes !

Une petite accalmie me permet de faire un gouter en plein air et de tester le swiss-roll, sans surprise c’est gras ! Pas de midges ce soir, la pluie a pris le relais pour me confiner sous la tente… Elle me laisse tout de même un bref répit le temps d’ingurgiter ma tartiflette. J’ai beau m’habituer aux plats lyophilisés, celui-là est particulièrement mauvais… J’admire encore un peu le panorama, mis en valeur par le coucher de soleil puis retourne au sec pour la nuit.

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28 Mai:

La nuit a été un peu rude, en plus de la pluie le vent et le foid se sont invités à la fête, sans compter que le terrain n’était pas parfaitement plat : j’ai dormis empêtré dans la toile… Je me réveille pourtant au taquet, j’ai 1h40 devant moi pour aller prendre le ferry afin de rallier Glasgow. J’avale mon petit dej’ puis je passe le turbo pour lever le camp. La manœuvre est maintenant bien rôdée, il s’écoule 43 minutes entre la sonnerie du réveil et mon départ de la colline.

J’arrive au port avec une avance confortable, si j’avais su j’aurais pris le temps de me préparer une tasse de thé ! Je traverse jusqu’à Mallaig et prend un ticket de train pour Glasgow : 5h20 de train, outch ! En chemin nous croisons le train touristique sur le viaduc de Harry Potter à Glenfinnan pendant que je termine mon 4ème bouquin de la semaine. Heureusement que je suis parti avec une liseuse, il m’aurait fallu un second sac à dos autrement !

Je débarque à Queen’s Street Station en milieu d’après-midi, je prends une chambre dans le premier hôtel qui croise ma route, £96 la nuit, gloups ! Au moins la chambre est superbe et le lit d’un confort remarquable, ça va me changer de mon tapis de sol crevé ! Je commence par prendre une double douche, j’ai l’impression d’avoir 1cm de crasse sur l’épiderme ! Seconde urgence : trouver une chambre pour demain à un tarif plus raisonnable. Les joies d’internet me permettent de dénicher un point de chute à l’Artto pour un budget moitié moindre, ouf !

Je vais faire un saut en ville pour trouver un chargeur USB, mon chargeur solaire donne des signes de fatigue ces jours. Il faut dire qu’avec la météo locale il partait avec un handicap le pauvre… Je profite de l’occasion pour dénicher un guide de Glasgow ainsi que d’Edimbourg où j’irais bien faire un saut par la suite. Je poursuis ma fièvre acheteuse avec une paire de running, non seulement ça va être confortable mais en plus ça me fera un moyen sympa et rapide de visiter la ville.

Un dernier saut à l’hôtel pour poser mes affaires et je vais me chercher un petit coin où manger. J’atterris finalement au Hard Rock café où je potasse mon guide de Glasgow en descendant une pinte et en avalant un ENORME burger ainsi qu’une tout aussi coriace coupe brownie. Ma ligne en a pris un coup, tant pis j’irais courir demain matin ! Le resto est situé juste au-dessus du métro, tant et si bien que lorsqu’une rame passe ma pinte de bière se met à vibrer sur la table, ça ne dépareille pas trop de l’ambiance générale, au final c’est même plutôt rigolo !

Pour ne pas changer en ce début de soirée, il pleut ! Je rentre à ma chambre afin d’être en forme pour profiter à fond de la journée de demain.

29 Mai:

J’ai passé la fin de soirée à soigner mes ampoules, ça va mieux ! Je m’extirpe du lit à 7h00 pour constater que la pluie a cessé, seul un léger crachin persiste. Je saute dans mes affaires de sport dont l’odeur me rebute moi-même… Malheureusement je n’ai pas de quoi faire sécher une lessive…Seules les fripes achetées à Fort William sont dans un état de propreté acceptable pour me fondre parmi mes semblables…

Je saute dans mes running flambant neuves et c’est parti pour un bon footing ! Objectif découvrir au maximum la ville en un minimum de temps. Je commence par descendre Buchanan Street, la grande rue piétonne et file le long de la river Clyde. Direction le Glasgow Green, un grand parc urbain loin d’être à la hauteur de la tête d’or. J’arrive au bout du parc, je passe derrière des terrains de foot et repars dans l’autre sens en direction du People’s Palace. Pas de bol, celui-ci est en travaux, je peux tout juste jeter un œil de derrière le grillage, dommage ca semblait joli… Je repars dans les rues de la ville en direction des Barras, un regroupement d’antiquaires / brocanteurs pas spécialement chouette. Je repique en direction du centre et tombe sur quelques superbes bâtiments, si la ville était moins polluée et avec un bon coup de karcher ça en jetterait vraiment…

Après avoir arpenté le sud-est je prends le cap du nord-ouest. Je passe trop au nord et me retrouve dans des quartiers modernes, pleins de trafic, pas ce que je préfère… Je parviens finalement dans des petites rues proprettes de style victorien, là c’est vraiment chouette ! Je traverse le périph’ et repère des clochers au loin. Je file dans cette direction en coupant par le Kelvingrove Park, nettement plus agréable que le précédent. J’atterris devant le Kelvingrove Museum, un bâtiment superbe !

Il est l’heure de retourner à l’hôtel, je me suis pas mal éloigné… Je retrouve mon chemin sans difficulté en empruntant d’autres axes qu’à l’aller, ça relève du miracle. Je fais un léger détour par Hope Street pour repérer mon hôtel de ce soir puis retour à ma chambre actuelle. Ma montre m’indique que j’ai couru comme un branquignole, j’avais pourtant la sensation d’avoir une foulée honorable ce matin, pas celle des grands jours mais quand même… Une rapide douche et je fonce au petit dej’, j’ai la dalle ! Je transforme celui-ci en gros brunch afin d’être tranquille pour la journée, je ressors le ventre éclaté après avoir écumé l’ensemble du buffet. Signe que la bouffe lyophilisée ne doit pas être fabuleuse : les saucisses / haricots blancs et autres joyeusetés ne me révulsent plus !

Je boucle mon sac, mais voyant que j’ai environ 2h avant de rendre la chambre de décide de partir sans lui visiter la cathédrale. L’organiste accorde la bête pendant que je déambule dans le bâtiment, cela donne une ambiance un peu magique.

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Un petit détour par le St Mungo Museum dédié à l’art religieux avec quelques objets plutôt rigolos et je grimpe à la nécropole. 

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Je repars prendre mon sac pour le poser dans mon nouvel hôtel avant de filer vers le Kelvingrove Museum. Je passe plus de 3h dans celui-ci en parcourant les expositions au pas de course. La collection est impressionnante, des animaux empaillés à la sculpture en passant par l’Egypte ancienne, la peinture, l’armurerie, l’histoire de la cité, le design et bien d’autres sujets… Soudain un petit air d’orgue attire mon attention, je fonce dans le grand hall. Non, je n’ai pas rêvé, c’est bien la 3ème symphonie de Saint Saëns qui est jouée sur les grandes orgues ! Je trouve un siège et profite de la fin de la représentation le temps que mes pieds soufflent un peu.

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Quelques Rembrandt, Matisse, Van der Poel et autres Van Gogh plus tard je retourne en ville avec pour ambition de préparer la suite de mon séjour : j’ai décidé de retourner à l’aventure en m’attaquant au West Highland Way. J’achète des compeeds au tarif de gros : 3 boites de 5 ainsi que des biscuits, un guide du WHW et une mini carte. Petit passage à l’hôtel pour déposer tout ce petit monde et je découvre qu’à moitié pris ma chambre ne fait que le quart de la surface de celle d’hier, sans parler du confort qui est en chute libre. Enfin, la prochaine nuit sera sous la tente donc ce soir c’est grand luxe en comparaison !

Je conclue l’après-midi au caffè Nero derrière un grand mocha en griffonnant ces quelques lignes et en étudiant le parcours de jours à venir. L’heure est venue d’aller grignoter ! Un dernier burger écossais avec une pinte de cidre pour faire couler. Je vais prendre mon dessert dans un des innombrables starbucks de Glasgow pour profiter de la connexion internet et regarder les horaires des trains qui pourront me ramener de Fort William si je parviens à boucler le WHW en 5 jours, s’agirait pas de manquer l’avion du retour… Je me mets à jour dans mes mails avant de faire un check de la météo : les deux prochains jours devraient être chouettes, mais ensuite ça risque de se gâter… Enfin, on verra bien en temps voulu ! Je rentre vers 20h à l’hôtel pour passer une heure à préparer mon sac et me coucher tôt. Il ne me restera plus qu’à sauter dans mes chaussures au réveil.

J’aurais quelques gares sur ma route, je ne me fixe donc pas d’objectif précis quant à mon rythme de marche. Je ferais en fonction de la forme et de l’envie du moment même si à l’heure actuelle j’aimerais parvenir au bout de ces 153km avant mardi 16h…

30 Mai:

Je me lève à 6h00 après avoir très mal dormis. Trop de café ou l’excitation de l’aventure ? Je saute dans mes vêtements et descend à la gare prendre mon billet ainsi qu’un petit dej’ et un sandwich pour midi ? J’entre à « délices de France », m’attendant à trouver pains aux raisins et autre jambons beurre. Encore un coup des britishs, je ressors avec un « petit pain saucisse », le vendeur n’arrivait pas à comprendre mon accent…Vu la taille du bidule il va me faire office de petit dej’… Je trouve finalement un sandwich digne de ce nom bien fourni en bacon pour midi, me voilà fin prêt !

Je grignote en attendant le train puis direction Milngavie. Je sors du wagon et rejoins le point de départ du WHW, une petite photo pour la route prise par de gentils randonneurs et c’est parti ! Au moins ce coup-là c’est balisé, des panneaux sont situés aux points stratégique, difficile de se tromper même s'il n’y a rien de trop.

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Je sors de la ville par un sentier en sous-bois qui rejoins Mugdock wood, c’est assez mignon jusque-là mais pas vraiment sauvage. A peine le temps de traverser une route que mon environnement se modifie, j’atteins une zone plus marécageuse aux abords du loch Craigallian. La vue n’est pas fabuleuse, je suis encore sur ma faim. Je pousse encore un peu avant de faire une pause, le sac est un peu plus chargé qu’avant avec mes nouveaux bouquins et ma paire de running… Déjà que j’en bavais avant…

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Je reprends ma marche, après avoir longé un bout de route et contourné une grosse butte j’ai une bonne vision des 10km à venir, une longue et plate traversée des Lowlands, avec en prime 4km de route pour conclure. J’avale ces bornes sans vraiment m’éclater, j’avoue être assez déçu, pour le moment les paysages n’ont rien d’exceptionnel, ce n’est qu’une longue succession de prés… J’arrive au bout de quelques heures à Drymen où je m’accorde un rapide break après avoir traversé un enclos où les vaches broutaient. Un groupe de cycliste entrevu un peu plus tôt me dépasse une seconde fois certainement après être passé dans le village.

 

J’attaque une petite montée vers une forêt, manque de bol les bûcherons du coin ont été plus rapides que moi et ont abattus une bonne partie de la zone. Décidément, quand ça aurait pu devenir intéressant… J’arrive en haut de la butte à 12h30 précise après 24km de marche. La vue est loin d’être désagréable, je me pose sur un tronc d’arbre le temps de déguster mon sandwich puis reprend mon chemin une demi-heure plus tard. Pas de temps à perdre, j’ai repéré un coin qui semble sympa pour passer la nuit au 42ème kilomètre.

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Je redescends de ma colline, coupe un ruisseau et entame la montée de Conic Hill, celle-ci est splendide ! De petits escaliers de pierre et une jolie vue sur le sentier qui me fait face, le pied ! Je dépasse un randonneur tandis que les VTTistes qui ont fait une pause derrière moi semblent en galère dès les premiers mètres d’ascension. A part eux je n’ai pas vu grand monde pour le moment, malheureusement cela va bien vite changer ! 

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Après une montée plutôt courte mais assez intense me voilà en haut – enfin pas tout à fait puisqu’un sentier part en sens inverse vers le sommet de la hill – j’ai besoin de préserver mes forces et continue donc ma route comme si de rien n’était et voilà que je me trouve face à une horde de touristes en train de grimper l’autre flanc ! Je file toutes voiles dehors dans la descente, je suis à deux doigts de trottiner ! Je surveille mes pieds mais mes yeux sont fixés sur le panorama, la vue sur le loch Lomond est juste hallucinante avec le soleil qui fait justement son grand retour ! La descente est encore plus belle que la montée, que c’est bon d’être de retour dans les Highlands !

J’arrive à présent dans un sous-bois et suis obligé de franchir un tourniquet, malheureusement mon sac, trop grassouillet n’est pas du même avis, me voilà bloqué ! Heureusement un petit groupe de filles dépassé deux minutes plus tôt viens à ma rescousse. La descente en forêt m’émerveille tant les arbres sont majestueux… Je débouche enfin sur un grand parking, signe que j’arrive à Balmaha. Il y a trop de monde ici, j’avais programmé une pause mais je la prendrais plus loin, au calme.

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Je traverse le port puis m’attaque à une petite montée assassine. Il y a un peu de monde au-dessus mais tant pis, la vue en vaut la peine, je prends ma pause. La descente qui suit est à l’image de la montée et voilà que je me retrouve à longer  le loch sur un sentier ombragé en bordure de sous-bois. Les plages de sable blanc me font de l’œil, je me vois déjà piquer ma tente sur l’une d’entre elles…

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Je débouche sur un nouveau parking, je saute sur l’occasion pour me ravitailler en eau potable avant de repartir sur une plage. Avec mes 25kg sur le dos marcher dans le sable est particulièrement éprouvant… Je retombe heureusement rapidement sur un peu de bitume avant de remonter un peu, toujours à quelques pas de la rive.

Je parviens au Cashel quand j’aperçois un panneau « no camping » mentionnant une amende de £500, gloups ! Tant pis pour le camping sauvage… Ça tombe quand même bien, j’ai un camping à 500m de là, curieux ! Enfin loin de moi l’idée que les mecs du coin en profitent, ça ne peut être qu’un hasard ! Je regarde rapidement ma carte, pas de nouveau camping avant 8km et je suis rincé, ce camping fera l’affaire !

Je pique la tente en me faisant dévorer par les midges sous l’œil amusé de deux randonneurs allemands puis je jette un œil à mes ampoules : tout roule ! Il faudra juste en changer quelques-uns pour demain et tout ira bien. J’ai beau avoir l’occasion de prendre une douche chaude, ce confort ne m’attire pas, j’avais envie de passer ces cinq jours à la dure. Qui plus-est l’eau et les compeeds ne font pas bon ménage, voilà une bonne raison de rester au sec !

Place au diner ! Pas de grande gastronomie ce soir, il risque de me manquer un repas si je ne fais pas gaffe et si je ne ravitaille pas avant lundi soir, donc il va désormais falloir surveiller ce que je mange. Je me fais cuire quelques pates que j’assaisonne en utilisant une soupe lyophilisée en guise de bouillon, le résultat n’est pas trop mal. Après la gastronomie anglaise mes papilles et mon estomac commencent à avoir un entrainement de commando… J’ajoute à ça quelques biscuits fourrés à la crème pour le côté calorique ainsi que quelques amandes. Par contre pas besoin de laitage, le délicat fumet de mes pieds se suffit en soit…

Je reste sous la tente pour me préserver des midges et de mes voisins allemands ainsi que d’un couple de français qui me ferait volontiers renier ma nationalité. Les pauvres ont l’air de ne pas savoir dans quoi ils s’aventurent : pas de briquet ni de lampe de poche… En revanche la bouteille de ketchup et les saucisses sont bien dans le sac ! Bref, ce n’est pas aujourd’hui que je vais sociabiliser, je compte vivre ma balade en solitaire.

La nuit va être courte, j’aimerais rattraper les 5km que je n’ai pas faits aujourd’hui afin de prendre de l’avance sur le plan de marche et terminer l’aventure sur un rythme plus léger. J’ai intérêt à tout préparer ce soir pour lever le camp rapidement demain.

31 Mai:

Je n’ai pas fait de vieux os hier soir, la fatigue s’est fait sentir. Aujourd’hui réveil très matinal à 6h00 après une nuit pourrie : sol dur et matelas crevé ne font pas bon ménage, sans compter le zouave qui a mis la musique à fond toute la nuit… Le réveil est un peu dur mais je parviens à lever le camp en 42 minutes, un record ! Le camping est encore endormis, la porte des toilettes est fermée à clé, seul mon ami mélomane n’est pas sous les draps…

Je me mets en route avec pour objectif de rallier Caliarich. Mon guide décrit cette étape de 31km comme très difficile, c’est sans compter les 7km qu’il me reste à parcourir pour boucler l’étape précédente… Bref ça risque d’être du costaud !

Les premiers kilomètres se font rapidement, aucune douleur au niveau de mes ampoules, les compeeds ont fait merveille ! Puis viens une terrible montée au kilomètre 40 : de petits escaliers viennent me cueillir à froid, je parviens à avancer mais que le réveil est rude ! Je serpente un peu en sous-bois jusqu’à Rowardennan, le chemin est chouette mais un peu casse pates. Petite pause sur un parking pour tomber le bas de pantalon et le coupe-vent, le soleil est déjà haut et pas de nuages à l’horizon, il va faire chaud aujourd’hui.

Balade en terre Ecossaise
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Je repars et passe devant le camping où j’aurais couché si j’avais poursuivi hier, j’ai bien fait de ne pas aller plus loin car je serais arrivé dans un état déplorable à une heure pas possible… Ceci dit pas certain que j’ai tellement plus fière allure ce matin… Aller, plus que 31km musclés à parcourir !

Une grimpette douce et régulière débute cette section, je n’avance pas aussi vite que je le souhaiterais et je manque de repères pour mesurer ma progression sur la carte. Je coupe finalement le chemin qui mène au bothy de Rowshaish qui m’indique le cap des 50km. J’aurais quand même dû recharger le GPS hier soir plutôt que de chercher à préserver un peu l’énergie de mon chargeur…

Je finis par tomber sur une pancarte m’indiquant que j’entre dans Craigoostein wood. Le sentier continue de longer le loch Lomond mais la difficulté monte d’un cran : c’est plus vallonné et plus technique, il y a beaucoup de racines et de pierres sur le chemin. Je surveille mes pieds, ma vitesse n’est pas élevée…

Après une chouette cascade je débouche enfin sur Inversnaid, fin de la seconde étape de la journée. Il est 11h05, il me reste 5km avant le bothy de Doune où je compte m’arrêter manger. Ces 5km sont probablement les plus longs de ma vie, très rapidement le chemin deviens ultra technique entre les grosses montées d’escaliers et les descentes raides où je dois sauter de rocher en rocher : je suis à l’arrêt ! Plusieurs fois je manque de rester coincer dans des goulets ! Heureusement que j’ai mes mains pour me hisser et m’équilibrer un peu car le poids du sac ne fait rien pour m’aider…. Je commence à avoir la dalle, les minutes défilent et le bothy n’arrive toujours pas, le moral est en chute libre. Je parviens enfin à trouver un repère visuel : il me reste 2km avant d’arriver. J’ai passé plus d’une heure à faire 3km, je commence à désespérer d’arriver un jour, le paysage a beau être somptueux je commence à avoir hâte d’en finir avec ce loch Lomond !

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Après un petit effort je parviens au bout des difficultés, il me reste 800m à trimer sur un sentier plus commode avant la pause déjeuner, ouf ! Arrivé au bothy tant espéré cruelle est ma désillusion : contrairement à Glenfinnan il n’y a ni électricité ni bouilloire… Tant pis, je déballe le réchaud et c’est parti pour un couscous lyophilisé ! J’agrémente mon repas d’une pâte de fruit en étudiant le programme de l’après-midi : encore 15km mais le guide n’annonce pas de grosse difficulté technique, ça devrait passer !

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On the road again après 30 minutes de récup, le chemin redescend tranquillement puis remonte du le Dubh Lochan. Cette fois j’ai sorti le GPS, on ne m’y reprendra pas ! Je prends doucement la direction de Beinglas en rencontrant en chemin un groupe de trois chèvres sauvages, superbes avec leurs longs poils et leurs immenses cornes !

Balade en terre Ecossaise
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Le moral est revenu, j’apprécie ma solitude et pour m’amuser essaie de communiquer avec les moutons, sans grand succès… J’atteins la ferme de Beinglas, pleine de touristes, devant l’absence de panneaux je fonce là où mon instinct me pousse. Je ne vois plus de balises, mince ! Je sors mon guide, plus précis que la carte et décrivant le chemin : ça ne m’avance pas le moins du monde… Demi-tour ! Je trouve une balise mais cette dernière me laisse dans le vague… Tant pis, je fais confiance à mon flair.

J’arpente un petit chemin qui a dû être goudronné il y a fort longtemps et qui longe un torrent derrière lequel passe une route, ça semble coller avec la carte, ouf ! Le sentier s’élève par à-coups, j’avance bien et je vois à présent les bornes qui passent sur ma montre, c’est rassurant. Cependant le commence à accuser le coup et la chaleur ne fait rien pour arranger mon affaire.

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La vue est splendide, on commence à entrevoir le côté montagneux des Highlands alors que je fais face à plusieurs Munros (colline de plus de 914m). Dommage que la route en contrebas, le bruit des motos et une ligne à haute tension viennent me gâcher le plaisir… Enfin il va falloir s’y habituer, je vais la suivre jusqu’à ce soir !

Je traverse les troupeaux de moutons, assez pressé d’en terminer car mes épaules commencent à me faire souffrir et mes pieds échauffés sont proches de la fusion. Je croise quelques promeneurs mais c’est avec un mec en train de siroter une bière au beau milieu de nulle part que je m’arrête papoter. Il me demande d’où je viens et où je vais puis me propose une binouse. Je décline l’offre, dans mon état de fatigue et avec les 5 bornes qui m’attendent ce ne serait pas bien raisonnable.

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Je poursuis ma route jusqu’au pont de Derrydaroch, puis passe sous la ligne de chemin de fer en empruntant un tunnel pour nains, j’ai beau être accroupi le haut de mon sac frotte… Encore un passage sous un tunnel, la tête haute cette fois, et me voilà de l’autre côté de la route.

Une dernière petite grimpette et cette fois l’objectif est en vue à deux kilomètres de là : la ferme de keilator. J’ai repéré un point à 400m du chemin descendant à Crianlarich où je pense pouvoir planter la tente, cela m’épargnera 1km de descente ce soir et 1km de montée demain. Ces derniers efforts me paraissent interminables, je suis rincé, j’ai juste envie de planter ma tente ici et maintenant ! Je garde tout de même le cap et atteint le point que j’avais ciblé, à deux minutes d’un ruisseau avec un carré d’herbe assez plat. Encore 78.4km et trois jours de marche devant moi, 74.6km et 2 jours derrière moi : objectif du jour rempli et les prochaines journées s’annoncent sous les meilleurs hospices !

Je monte vite le camp, la force de l’habitude, surveille l’état de mes pieds que je juge plutôt satisfaisant maintenant et m’allonge pour coucher les lignes de la journée. Le repas de ce soir va être frugal, je dois économiser mes réserves… Je suis ravi de mon lieu de campement, la vue sur les munros est imprenable tandis que je fais le même repas qu’hier soir en ajoutant une ou deux barres énergétiques afin de me caller l’estomac.

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1er Juin:

Super nuit de sommeil ! J’ai planté la tante sur un terrain à mouton bien trop gras à mon gout (mais faute de mieux…), finalement le terrain était très souple et compensait largement mon matelas crevé, c’était aussi bon qu’un vrai lit ! Par contre en ces contrées la lumière du jour est omniprésente pendant la nuit : le soleil se couche à 22h passées et se lève avant 4h. Je dors avec un buff autour des yeux pour faire des nuits complètes. Point positif, j’ai chaud aux oreilles !

Je sors des bras de Morphée à 6h30 afin d’avoir le temps de faire des kilomètres aujourd’hui, l’expérience d’hier le long du loch Lomond m’a vacciné, mieux vaut prévoir large ! Si les midges m’ont laissés en paix hier soir, quelle n’est pas ma surprise lorsque j’ouvre le rabat de la tente, ils sont partout ! Je n’en ai jamais tant vu… Vite, je referme tout ! J’ai bu trop d’eau hier soir, il faut vraiment que je sorte… Je prends mon courage à deux mains et me rue à l’extérieur. Pour les midges c’est la curée, ils me sautent dessus, se collent à mon pull malgré toutes mes tentatives  pour les repousser. Je retourne à l’abri mais les petits malins ont mis à profit ces quelques secondes d’ouverture pour s’inviter… J’en zigouille autant que possible en déjeunant. C’est un peu plus consistant qu’hier, mes réserves me semblent maintenant suffisantes pour ces trois derniers jours. Je boucle le sac sous la tente puis passe en mode commando pour ranger ma maison, mon buff jusque sous les yeux, la capuche et les gants. Seuls mes yeux sont exposés et pourtant ils arrivent à me dévorer le visage… C’est fait, je ne m’attarde pas une seconde de plus, en route !

Je fais une pause après 200m pour refaire le plein d’eau puis atteint le panneau indiquant Crianlarich à droite, Tyndrum à gauche. Une tente est plantée ici, j’avais un voisin ! Direction Tyndrum aujourd’hui avec une bonne grimpette en guise de mise en bouche, mes muscles endormis apprécient…

Finalement le coup de cul n’est pas long et je me retrouve à sillonner un petit chemin en sous-bois qui m’offre de jolis points de vue. J’avance à un bon train, rapidement je passe devant l’entrée d’un B&B idéalement placé puis traverse la fameuse route à moto d’hier, l’A86. Un petit tronçon de route au beau milieu des moutons me conduit à Kirkton qui marque la fin de mes 5 premiers kilomètres de la journée. Je fais une pause devant ce qu’il reste de la chapelle de St Fillan puis repars.

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Je traverse le camping d’Auchtertyre qui se réveille doucement puis reprends ma route le long de la river Fillan. Je croise quelques promeneurs, c’est dimanche, jour de la balade semble-t-il. En chemin je me fais la réflexion que j’ai franchi un cap important : la moitié du chemin est maintenant derrière moi ! Je continue et arrive plus rapidement que prévu à Tyndrum. Je me dis que je pourrais prendre le train et couper jusqu’à Bridge of Orchy, mais j’irais certainement plus vite à pied qu’à attendre le train de toute façon…

Je traverse le village quand un groupe de randonneurs m’interpelle pour que je les photographie. Je retourne sur les petits chemins en croisant des riverains qui sortent le chien ainsi qu’un groupe de campeur allemands qui se livre à une curieuse activité dans le torrent, impossible de savoir s’ils cherchent de l’or ou s’ils construisent un barrage… Je ne m’attarde pas, j’ai encore de la route avant Bridge of Orchy où j’aimerais arriver aux alentours de midi.

Le chemin cède la place au bitume le temps de quitter Tyndrum et de passer devant la dernière épicerie avant 45km (ils ne manquent pas de le rappeler aux randonneurs !). Mes réserves semblent suffisantes, je pas tout droit sans un regard en arrière et retrouve les sentiers. Je fais une halte le temps de manger une barre et de reprendre de l’eau dans le torrent quand soudain le groupe de touristes de tout à l’heure passe devant moi en parlant allemand fort bruyamment. Zut, moi qui voulais être peinard… Comme si ceux-ci  ne suffisaient pas d’autres promeneurs se joignent à la partie, c’est l’autoroute ! Me voilà sur le West Highland Way…

Je repars derrière tout ce petit monde avec une seule idée en tête : rapidement les dépasser pour retrouver ma quiétude. Manque de bol les teutons sont coriaces, ils mènent un train d’enfer ! Non seulement ils ont des jambes fraiches mais en plus ils randonnent léger… Une légère montée me permet de repasser devant, puis une clôture à enjamber et une descente caillouteuse me permettent de prendre la poudre d’escampette.

Je continue de longer l’A86, je regarde de l’autre côté pour oublier ce côté désagréable pendant que je longe le flanc de Beinn Eithar. Je redescends un peu vers un hameau en croisant des moutons, je profite de la vue sur les munros et attaque la dernière heure de marche avant Bridge of Orchy.

Le ventre gargouille, une pause s’impose ! J’avale une barre de céréale et quelques gorgées d’eau pendant que je jette un œil à ma carte, un randonneur profite de mon arrêt pour passer devant moi. J’ai à peine le temps de passer mon sac sur mes épaules que des gouttes se mettent à tomber, zut ! Après deux crachins de minutes ce matin je décide d’attendre un peu pour voir si ça passe, le temps est incertain et évolue vite ce matin. Trois minutes s’écoulent et il flotte toujours, je me rends à l’évidence et enfile le coupe-vent. Tout juste ré-harnaché, et pouf ! La pluie s’arrête… Tant pis, je continue comme ça…

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Devant moi le randonneur continue sa route et pas moyen de le doubler. Il avance au même rythme que moi alors que je commence à avoir les épaules en feu. J’avance vraiment bien ce matin, j’atteins Bridge of Orchy alors que midi n’a pas encore sonné. Je regarde les horaires des trains en passant sous la gare, la dernière du trajet, à présent plus d’échappatoire, il va falloir aller au bout !

Alors que je suis à deux doigts de le reprendre dans une descente le randonneur devant moi mets le clignotant pour se réfugier à l’auberge de Bridge of Orchy. Pour ma part je décide de pousser encore un peu pour faire ma pause à 12h30, comme ça le programme de l’après-midi n’en sera que plus léger.

La portion qui vient a l’air coriace, je fais une rapide pause pour relâcher les épaules et consulter la carte, je devrais grimper pendant près de 2km pour me retrouver 180m plus haut. La montée attaque assez fort puis se transforme vite en un sentier des plus agréables en sous-bois, ça ne grimpe ni trop ni pas assez, l’altimètre m’indique que je monte régulièrement, tout va bien ! Je sors plus tôt que prévu du couvert des arbres et je termine l’ascension en découvrant peu à peu le loch Tulla qui se dessine en contrebas. Il est l’heure alors que j’arrive justement en haut, tip top ! Je m’arrête à côté du cairn qui marque le sommet et avale un curry de poulet en admirant le panorama qui me donne un bon aperçu du programme de l’après-midi. De mon perchoir ça semble être à deux pas ! J’ai bien avancé avec 23.5km au compteur ce matin. Encore 8,5 et j’arriverais au point prévu pour la nuit : le lochan Mhic Pheadra Ruaide. 

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Le ventre plein j’attaque la descente en trottinant jusqu’à Inveroran où je retrouve un peu de bitume. Je profite d’un cours d’eau pour refaire le plein. J’ai beau boire comme un trou depuis ce matin, certains signes ne trompent pas : je ne parviens pas à me réhydrater correctement.

Ce gros kilomètre de route n’est guère passionnant et me parait beaucoup plus haut que vu d’en haut… J’atteins enfin le chemin de Glen Coe mais celui-ci est une horreur : il est pavé de petits cailloux pointus qui me lacèrent les pieds. Je marche autant que possible dans l’herbe sur le côté, mais le passage est étroit.

Aujourd’hui c’est la journée des caps qui font du bien au moral : après avoir franchi celui des 100km un peu plus tôt voici maintenant celui des 50km avant l’arrivée ! La fatigue commence à se faire sentir alors que j’entre dans les derniers kilomètres de cette troisième journée. La vue est splendide alors que je monte sur le plateau de Black Mount, je suis cerné par les Munros, loin de toute civilisation. C’est certainement la section la plus sauvage du WHW. Seule petite ombre au tableau, j’entre dans une zone marécageuse pleine de tourbe, l’odeur me prend le nez…

Je parviens finalement à mon loch tant attendu, c’est vraiment chouette ! Par contre pas trace du ruisseau indiqué par la carte… J’ai besoin de m’hydrater, tant pis je me remets en marche après une pause photo. Je me rends un kilomètre plus loin au bord de la river Ba, là c’est sûr, j’aurais de l’eau ! Je trouve un petit point en hauteur pour planter le camp, j’ai une super vue sur le cours d’eau qui relie les deux lochs du plateau. Reste à mettre à profit la la longue fin de journée qui m’attend afin de bien me retaper. Plus que 45.4km à tirer avant de boire une mousse au Crofter !

Les soirées se suivent et se ressemblent, même menu qu’hier, avant-hier et encore demain… Enfin, si on venait en terre anglais pour la gastronomie ça se saurait ! Au moins j’ai le ventre rempli avec un peu de chaud. Par contre au niveau de la vue ce soir je suis sur ma faim, une vilaine bruine tombe par intermittence, le ciel est gros et menaçant, je reste au chaud sous la toile. J’espère que ça va s’arranger d’ici demain, j’aimerais faire 28 bornes et prendre 6kk d’avance sur la dernière étape pour en terminer, mardi, sur les coups de midi. Je commence à sentir la fatigue accumulée pendant ces trois jours, un gros dodo cette nuit ne fera pas de mal !

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2 Juin:

Le gros dodo fut agité… Le sol était dur et une lourde pluie s’est abattue sur ma tente, j’ai commencé à angoisser pour la journée à venir en repensant à mes ampoules des premiers jours causées par l’humidité ambiante… Le repos n’a pas été optimum.

Il semble ne plus pleuvoir quand j’entrouvre la tente pour voir ce qui m’attend : loupé, un petit crachin qui a l’air de bien mouillé subsiste. Tant pis, place au petit dej’ puis à la levée du camp. Pas de midges ce matin, dommage car sans la bruine et le brouillard qui a envahi Black Mount j’aurais apprécié de déjeuner dehors pour profiter du panorama…

Je ne traine pas et pars à l’assaut de cette journée avec un mauvais pressentiment, le ciel est noir, le brouillard épais et je commence déjà à me faire arroser. J’ai sorti les vêtements de pluie mais je sais que si celle-ci se met à tomber fort j’aurais rapidement les pieds trempés, j’ai vraiment peur que les ampoules fassent leur come-back.

Après un petit kilomètre je m’arrête reprendre de l’eau, la descente à la river Ba n’était pas évidente, avec la pluie je craignais de glisser et de tomber dedans. Mon premier checkpoint de la journée, Blackrock Cottage, se situe à 5km environ un peu avant que je ne coupe l’A82, ça faisait longtemps ! Le GPS ne veut pas fonctionner ce matin, j’ai beau faire ça ne veut pas. Je l’éteins en prévoyant de le rallumer pour voir en arrivant à Blackrock Cottage. Je n’ai pas de moyen de mesurer ma progression pour le moment et pas vraiment de repères visuels avec le brouillard environnant, il pleut, mes pieds et mes épaules commencent à être marqués par le voyage : mon moral est à l’image de la météo du jour, pas vraiment au beau fixe. Je commence à distinguer l’A82 un peu plus loin tandis que je descends de Black Mount, je rentre dans ma bulle et tache de ne plus penser. La technique fait son petit effet, j’avance au radar au milieu des munros dont la tête est encore dans le coton.

Je dérange un tétras-lyre dans ses petites affaires, il prend son gloussement apeuré. Son cri de poulet me fait soudain saliver, le retour en France aura au moins un bon côté : je vais me régaler ! Malgré le temps pourri, ces premiers kilomètres ne manquent pas de charme. Je parviens à un bon repère : un camping pas très loin de Blackrock Cottage, j’avance plutôt bien finalement !

Je retrouve un bout de route qui va me faire couper l’A86, en chemin je m’écarte pour laisser passer un camion, le chauffeur, sympa, me fait coucou. Ça ne vaut pas le bus de tourisme qui m’a klaxonné hier avec les passagers qui me faisaient coucou mais à cette heure encore bien matinale j’apprécie l’attention. Quelques minutes plus tard alors que j’approche de l’A86 ce même camion repasse en sens inverse et s’arrête à ma hauteur. « Not a weather for a walk » me dit-il avec un accent à couper au couteau. N’ayant rien compris sur le coup j’acquiesce bêtement, ce n’est qu’en reprenant ma route que je parviens à démêler ces mots. Je rallume le GPS : cette fois ça roule, ouf !

J’approche à présent de King’s House, voilà qui me remonte le moral, presque 7km de faits ! Il est temps de faire ma première pause sur le parking de l’hôtel alors que de trop nombreux randonneurs à mon gout s’apprêtent à partir. Certains arrivent en voiture et partent pour la journée, d’autres sortent de l’hôtel tandis que les plus courageux ont campé sur place. Ces derniers doivent être sur le WHW, ceci dit j’ai du mal à comprendre la démarche, l’avantage de la tente c’est de pouvoir coucher loin des endroits civilisés, répondre à l’appel de la nature en trouvant un beau panorama et passer la soirée à l’apprécier.

Je ne m’attarde pas sur mon rocher pour repartir devant ce petit monde. J’ai maintenant 5km à tirer jusqu’à Altafeadh. Après un petit passage goudronné pas bien palpitant je retrouve un sentier qui longe le pied de Beinn a’Chràlaiste. La pluie revient régulièrement, pourtant je crève de chaud dans mon sur-pantalon, j’aurais dû mettre un short là-dessous !

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Un second tétras-lyre s’envole devant moi, je savoure la vue alors que j’aperçois déjà mon objectif. Deux randonneurs sont devant moi, je parviens à les rejoindre alors que j’atteins mon chekpoint. Il est déjà 10h, temps pour moi de faire une seconde pause histoire de ravitailler et de faire un point sur ce qui m’attend. Bêtement je m’assois sur la glissière de s’sécurité de l’A86 que je vais enfin quitter pour de bon. Naturellement cette dernière est pleine d’eau… Je ne sais pas si le sur-pantalon atteint ses limites d’imperméabilité ou si je nage dans ma sueur à l’intérieur (compte tenu de son odeur ce soir j’opte pour la seconde option…) mais me voilà avec les fesses trempées…Ajouton à cela les voitures qui m’arrosent en passant et le camion qui manque me faire envoler et je tiens le grand chelem ! Pour couronner le tout le chemin qui m’attend a l’air de grimper sévère, la carte m’indique que la prochaine section porte le doux nom de « Devil’s Staircase », autant dire que ca ne vas être une sinécure !

Je m’engage donc dans la montée alors qu’un randonneur a profité de ma pause pour me passer devant. Il mène un train d’enfer que j’ai toutes les peines du monde à suivre. Comme prévu la montée envoie du lourd, c’est rude et je n’ai pas la moindre idée de l’altitude à laquelle elle va me conduire, bref je n’aie pas de repères. Je souffle, je meurs de chaud et mes mollets brûlent mais je m’accroche. Devant moi le randonneur semble accuser le coup, il multiplie les pauses. Fidèle à mes habitudes j'essaie d’atteindre le sommet d’une seule traite, je le laisse donc sur place.

Les lacets se multiplient, c’est de plus en plus raide et il me faut lever les genoux alors que la pluie redouble d’intensité. Je n’en vois pas le bout, je lève la tête espérant apercevoir le sommet mais c’est un autre randonneur que j’entrevois bien plus haut. C’en est trop, je marque un temps d’arrêt le temps de faire une photo. Je repars en serrant les dents. Encore quelques encablures et je parviens devant deux cairns qui marquent le sommet. Le soleil, d’humeur blagueuse, pointe le bout de son nez à cet instant précis, ou quand Devil’s Staircase devient Stairway to Heaven…

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Le temps de prendre une photo et je me remets en marche, j’aimerais atteindre Kinlochleven d’ici midi et j’ai encore de la route. Je bascule sur un petit sentier qui descend avant de remonter après avoir traversé un torrent et contourne ensuite la colline. Je jette un œil à l’altimètre par curiosité, me voilà à 555m, en étant parti de 270 ca fait tout de même une bonne grimpette sur un intervalle aussi court ! La descente n’est guère technique, je trottine un peu en veillant à ne pas glisser sur la roche humide. La petite grimpette ne me ralentie presque pas.

Au sommet je tombe sur deux randonneurs en pleine discussion. Pas le temps de papoter, je fonds sur Kinlochleven que j’aperçois au loin en fond de vallée. Je réalise que j’ai bouclé un peu plus de la moitié du programme de la journée, voilà qui fait du bien au moral ! La descente est assez pentue, je fais fi du sac à dos et fais quelques foulées. Ça fait un bien fou de libérer un peu mes jambes !

Alors que j’arrive au 125ème kilomètre et que le cap des 11h00 approche je fais une petite pause photo / ravito. L’un des deux randonneurs croisés un peu plus haut, celui-là même entraperçut au-dessus de moi dans Devil’s Staircase trouve le coin bien approprié et fait de même. Nous discutons un peu de nos WHW respectifs, si j’ai couché sous la tente au bord de la river Ba, lui a choisi le confort du King’s House Hotel.

Je reprends mon petit bonhomme de chemin sachant que la civilisation n’est plus très loin. En revanche j’ai entraperçut la suite du programme, ça va grimper dur ! Si je pouvais entamer cette partie avant de manger ca m’arrangerait !

Les derniers kilomètres avant Kinlochleven me semblent plus longs que d’habitude, coup de moins bien ou envie d’en terminer ? J’avance néanmoins à une bonne allure en perdant de l’altitude rapidement. J’espère que le fond de vallée n’est pas trop bas, je dois remonter à 350 cet après-midi.

Je finis par rallier le village sur les coups de midi, ce n’est pas très joli, trop industriel à mon gout. La vue par contre n’est pas désagréable, la ville est au milieu des montagnes, c’est très vert et la tumultueuse river Leven coule dans la vallée. Après avoir longé cette dernière je fais une halte au pied du pont de Kinlochleven le temps de récupérer un peu avant l’ascension qui m’attend.

En route, dernière ligne droite avant la soupe ! Je marche quelques minutes au bord de la route en passant devant une auberge qui me fait me lécher les babines. Pas question de m’arrêter ici, je dégusterais un bon repas demain. Ca et une pinte de bière, voilà ma carotte ! J’attaque maintenant le sentier de l’ultime étape du WHW qui va me conduire tout droit à Fort William. Une chose est sûre, je suis content d’entamer cette étape aujourd’hui car à froid demain matin j’aurais voulu raller ! Ca grimpe très dur et j’ai la certitude d’en avoir pour un moment : le fond de vallée était au niveau de la mer… Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la pluie est de retour ! Tant pis, je n’ai pas vraiment le choix : je grimpe.

Le sac commence à peser et la faim se fait sentir, j’ai du mal à avancer. En plus d’être raide la montée est jonchée de passages en escaliers rendus glissants par l’eau, je marche au ralenti… Je fais un dernier effort pour atteindre le 131ème kilomètre avant de jeter l’éponge. Je m’assieds dans une montée d’escaliers, toujours sous la pluie, pour casser la croûte.

J’ai à peine mis l’eau à chauffer que je me rends compte que le coin est infesté de midges ! Je me camoufle sous les couches de vêtements en attendant de pouvoir manger. Une fois mon repas prêt je retire le buff de mon visage. Lorsque j’ouvre le sac contenant mon couscous de la vapeur s’en échappe, l’essaim se rue sur moi. Deux randonneurs passent par-là alors que je me bagarre pour manger sans me faire dévorer moi-même. Je parviens à m’en sortir sans trop de piqures alors que mon repas s’est agrémenté des quelques midges venus s’interposer entre ma fourchette et mon gosier.

Je ne traine pas, je remballe le sac et repars presque avec joie dans la montée loin des midges. Il me faut quelques minutes pour réchauffer le moteur mais je retrouve un rythme honorable, ces quelques calories n’ont pas fait de mal !

J’arrive assez rapidement au bout de l’ascension à 285m d’altitude, à présent le chemin va monter plus tranquillement jusqu’à 350m en suivant les lignes de niveau. Il ne me reste plus beaucoup de marche aujourd’hui et la pluie a enfin cessé, ça y est j’ai le moral ! Je dépasse le couple de tout à l’heure, en totale perdition dans une petite bosselette avant de franchir le 133ème kilomètre, me voilà à 20 bornes de la conclusion de mon aventure, quel pied !

Je trouve un ruisseau un peu plus loin pour refaire mes réserves d’eau avant de filer enfin vers l’emplacement que j’ai prévu pour cette nuit, à côté de Tigh Na Sleubhaich, une ville ferme en ruine au bord d’un torrent. Je trouve un point assez plat pour planter la tente, je ne traine pas ne sachant pas quand la pluie fera son retour. Une fois le camp dressé et les ruines explorées je me réfugie au sec pour quitter mes vêtements trempés. L’odeur qui se dégage de mes pieds lorsque je retire mes chaussures gorgées d’eau est tout bonnement infâme. Je mets mes vêtements sales dans un sac poubelle pour ne pas ruiner le reste de ma garde-robe qui est déjà dans un triste état. L’étape a été relativement courte bien qu’assez intense avec seulement 28km, il est 14h30, j’ai tout le temps devant moi ! Je mets celui-ci à profit pour soigner mes pieds, avec l’humidité ce n’est pas joli joli, je découvre un nouveau lot de petites ampoules au bout de mes orteils, les compeeds sont en bouillie et l’odeur qui se dégage de tout ça est plutôt infecte, si Romain pouvait voir ça il en ferait sans doute des cauchemars…

Un petit goûter pour tenir jusqu’au soir, une petite étude du parcours de demain (18km seulement !) et il est temps d’écrire le résumé de la journée. Ce soir je m’apprête à passer ma dernière nuit dehors, j’espère qu’elle sera bonne ! Une chose au moins est certaine, je ne mourrais pas de faim ce soir, je vais pouvoir torpiller mes réserves ! Au menu habituel j’ajoute une soupe, une bonne quantité de noisettes ainsi qu’un thé bien chaud alors que la pluie s’est remise à tomber. Il ne me reste que des barres énergétiques et de quoi manger demain matin, j’avais calculé pile poil !

La journée qui se profile ne devrait pas être trop éprouvante, la carte n’indique pas de grosse montée et le guide ne parle pas de difficulté technique, j’espère juste pouvoir marcher au sec… J’ai hâte de tremper mes lèvres dans une guiness !

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3 Juin:

Ca y est c’est fait ! Me voilà dans des vêtements secs en tête à tête avec ma guiness, quel bonheur !

La nuit n’a pas été au top, sol dur et caillouteux et pluie par intermittence. Des gouttes tombent toujours lorsque le réveil sonne à 6h30. Dernier petit dej’ sous la tente avant de mettre les voiles, il me restait juste assez de muesli pour ce matin. Je complète néanmoins avec deux barres pour ne pas avoir de coup de pompe. Je plie en vitesse la tente sous la pluie, elle a beau être fine, elle mouille tout de même comme il faut. Mes chaussures n’ont pas séché pendant la nuit, j’ai déjà les pieds trempés !

Je me mets en route, bien motivé et avec un grand sourire. Même le temps pourri ne parvient pas à entamer mon moral. J’arpente une vallée entre deux collines, c’est légèrement vallonné, mes jambes déroulent. Rapidement je passe devant une ruine en plus mauvais état encore que celle de la nuit dernière. Je me sens en grande forme ce matin, j’ai bien récupéré et l’idée d’un peu de confort à midi me donne des ailes. De plus mon sac me semble plus léger : plus de bouffe et 2L d’eau en moins, ça se sent ! Ayant toujours peur de manquer d’eau j’ai parcouru tout ce chemin avec en permanence 2L dans un coin du sac au cas où je ne trouverais pas de point d’eau, bref, j’ai marché 135km en portant 3L d’eau quand un seul aurait suffi…

Moi qui pensait être seul dans les montagnes en compagnie des moutons je tombe de mon nuage, une tente se dresse sur mon chemin, zut ! Je continue ma route en savourant ces derniers instants de nature, le retour à la civilisation est pour bientôt, pour le meilleur comme pour le pire.

La pluie continue de tomber mais j’ai mon arme secrète pour garder le moral : une pinte de guiness et des vêtements secs dans un coin de la tête. Bientôt, le chemin commence à descendre vers ce qui a dû être une forêt, une fois de plus les bûcherons sont passés avant moi.. Au moins j’ai une bonne vue sur les montagnes…

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Je descends rapidement sans trop regarder ma carte, je suis plutôt confiant ce matin. Le chemin rejoint un bout de route mais heureusement le WHW bifurque juste avant en direction d’un petit col. Il n’est pas très loin et ne semble pas très raide. La montée se passe bien malgré mes jambes qui commencent à être lourde. Les moutons m’attendent au sommet ainsi que Ben Nevis (point culminant du Royaume Uni) qui pointe le bout de son nez ennuagé. Je prends maintenant la direction de la forest Nevis alors que je passe le cap des 10km avant l’arrivée. Je marche quelques minutes en sous-bois avant de faire une petite pause au bord d’un torrent. Je repars un peu reposé, sachant que je rejoindrais une route dans 5km.

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Le sentier est très agréable, très vallonné et plutôt joli, j’en oublie complètement la pluie. Je finis par déboucher sur une grande trouée, un large chemin forestier monte doucement tandis qu’un autre grimpe directement vers la lisière des bois. Naturellement je dois emprunter ce dernier ! D’après mes calculs c’est la dernière ascension du périple ! Je ne grimpe pas bien vite mais parviens néanmoins en haut pour rejoindre l’autre chemin.

Cette fois ca y est, Fort William est dans ma ligne de mire ! Il ne me reste plus qu’à redescendre à présent. Je croise la première âme humaine de la journée, un coureur en train de finir la montée. Je descends à une bonne allure alors que mon estomac se met à grogner. Je lui donne une dernière barre de céréales afin de le calmer. La fin de la descente est longuette et pas très intéressante, les montagnes sont cachées derrière les nuages et le chemin est trop régulier et sans difficulté. J’avance tranquillement en songeant à ma binouze.

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Ca y est, un panneau ! Me voilà au 150ème kilomètre, j’attaque la dernière descente vers la river Nevis en serrant el poing. Je pars en courant et conclue l’ultime sentier par un saut de cabri, pas vraiment aérien compte tenu du poids du sac…

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Me voilà de retour sur les routes avec les quelques kilomètres sans intérêt qui me séparent de Fort William. Je les mets à profit pour envoyer un texto à mon équipe de suiveurs, n’ayant pas pu donner de nouvelles hier ils doivent s’inquiéter… Un petit coup de fil aux parents et voilà que j’arrive en ville.

Je passe devant un panneau indiquant la fin originelle du WHW, je fais une petite photo pour marquer le coup et repars. La nouvelle arrivée se trouve de l’autre côté de Fort William, histoire de faire traverser le centre-ville et ses commerces aux pèlerins, malins les britishs ! 

 

Balade en terre Ecossaise
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Je poursuis ma route en prenant quelques photos, je passe devant le Crofter et repère des boutiques de souvenirs au milieu des badauds. J’ai le sourire jusqu’aux oreilles lorsque je franchis finalement la ligne d’arrivée. Une ou deux photos pour arroser ca et je repars en sens inverse chercher quelques souvenirs et boire ma tant attendue pinte au Crofter.

Balade en terre Ecossaise
Balade en terre Ecossaise

A peine servis que je file passer des vêtements secs avant de commander un burger de venaison qui me change bien des plats lyophilisés ! J’ajoute à ça une grosse part de gâteau au chocolat et me voilà comblé !

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Je passe l’après-midi en vadrouille entre le West Highland Museum et un salon de thé puis je prends la direction de la gare pour acheter mon billet de retour. J’ai encore un peu de temps pour aller chercher à manger pour la soirée au Morrisson’s. Alors que je me bagarre avec la caisse automatique pour lui faire accepter mon billet un caissier vient à ma rescousse. Soudain il me demande si j’ai bien terminé mon West Highland Way ce matin. Je le regarde, éberlué, quand il m’explique qu’il m’a croisé ce matin en courant. En effet, maintenant ça fait tilt et je remets son visage ! Sacré coïncidence !

Le voyage du retour me permet de retrouver quelques paysages traversés au cours de ces cinq jours. Je savoure une dernière fois ces panoramas grandioses avec un énorme pincement au cœur… Il ne me reste maintenant qu’à prendre la navette en direction de l’aéroport pour y passer la nuit et rentrer à Lyon demain. Ainsi s’achève cette belle épopée, une expérience fantastique, à refaire très vite !

 

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