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Semi de Lausanne

Publié 29 Octobre 2014 par Thomas Diconne in route, semi

Semi de Lausanne

Cette année 2014 est décidément à oublier… Après la tendinite rotulienne qui m’a pourri les cinq premiers mois de l’année, me voilà avec une jolie TFL au lendemain de l’Ancilevienne… Bref, le marathon de Lausanne, c’est loupé ! A 15 jours de l’échéance je suis capable de courir environ 1h avant que la douleur ne ressurgisse, bref, c’est cuit pour moi. La mort dans l’âme, je décide de basculer sur le semi, en tournant autour de 1h20 ça ne devrait pas être une trop grosse galère…

Nous y voilà, la deuxième sortie AAAL de l’année, à défaut de faire une grande course on va au moins bien se marrer ! Je descends, juste à l’heure attendre le taxi. Depuis le temps je me demande pourquoi je me dépêche encore connaissant la ponctualité légendaire d’Anne. Nous arrivons finalement à peu près dans les clous pour prendre le bus, on attendait plus que nous. C’est parti, direction l’Helvétie, à nous le gruyère et le chocolat !

Comme d’habitude, dans l’AAAL-mobile on ne s’ennuie pas, le voyage passe vite entre les blagues grivoises et les tacles appuyés, on en oublierait presque de parler de course à pied !

Semi de Lausanne

Nous arrivons dans nos quartiers, l’hôtel ibis de Lausanne, c’est plutôt pas mal. Juste le temps de prendre possession de nos chambres et nous improvisons un petit pique-nique sur place. Pour un repas d’avant-course on ne peut pas dire que nous faisions dans la diététique de l’effort… Pas trop d’inquiétude, mon estomac n’est pas blessé, lui, au contraire il est même plutôt pas mal entrainé ces temps-ci !

Semi de Lausanne

Un petit café à la pizzeria d’en face où nous retrouvons les autres pour faire couler nos agapes et nous partons nous balader, objectif rallier le musée olympique en traversant le centre-ville à pied.

Semi de Lausanne

Nous sommes plutôt déçus par le vieux Lausanne, en revanche la vue sur le chablais et le musée tiennent toutes leurs promesses, dommage que nous soyons obligés de faire la visite au pas de charge… Devant l’entrée nous restons scotchés devant la barre à 2m45 de Sotomayor, ça dépasse l’imagination. Pendant la visite j’envisage sérieusement de piquer les chaussures de Michael Johnson qui sont exposées, pour les séances sur piste ça voudrait envoyer du steak ! Nous gravons quelques citations de champions dans nos esprits pour demain, un peu de motivation de fait jamais de mal.

Semi de Lausanne

C’est reparti, direction la tente que l’organisation a mis à notre disposition pour récupérer nos dossards et boire un petit coup tous ensemble. N’ayant pas beaucoup d’espoirs pour demain je romps une nouvelle fois le jeûne alcoolémique en sifflant une petite bière. Nous passons un moment sympa avant de nous diriger vers le bateau qui héberge la pasta party. Si j’étais resté sur une bonne impression avec celle de Chamonix, là c’est la douche froide : une petite pasta-box trop cuite servie à la chaine, pas de place pour s’asseoir sans parler du dessert qui est aux abonnés absent, le repas un peu trop lourd de midi me semble maintenant ne pas être une erreur stratégique…

Semi de LausanneSemi de Lausanne

Nous retournons nous balader dans Lausanne, de nuit c’est nettement plus joli. Peut-être qui l’itinéraire joue aussi en notre faveur… Nous passons par la cathédrale, avant d’arriver à la tant attendue place de la Palud. En effet c’est joli ! Nous sommes malheureusement délogés par une petite ondée qui vient doucher ce qu’il nous restait de motivation. Retour à l’hôtel, tout le monde est resté sur sa faim de dessert, nous commandons des boissons chaudes et nous laissons tenter par crumbles et autres mousses au chocolat… Décidément, la diététique de l’effort est parfaitement respectée !

Semi de LausanneSemi de Lausanne

Il commence à se faire tard, nous finissons par aller nous coucher. Dans la chambre Régis est déjà au milieu de sa nuit, Mathieu ne traine pas non plus. Ils ont un marathon à courir demain, eux ! La motivation n’est définitivement pas là, j’avais ce marathon dans la tête depuis un moment, le voir me glisser sous le nez est douloureux… J’aurais bien trainé encore un peu mais je vais éviter de déranger mes colocataires d’un soir, extinction des feux !

La bonne nouvelle de la nuit : c’est le passage à l’heure d’hiver, une heure de sommeil supplémentaire ! Régis se lève peu avant 7h, Mathieu fait de même. N’étant pas un lève tard non plus je suis le mouvement afin d’aller prendre mon petit déjeuner avec les marathoniens, quelques encouragements supplémentaires ne leur feront pas de mal.

Le départ du semi étant à 13h45 je compte faire l’impasse sur le repas de midi afin de ne pas partir l’estomac lourd, une petite pause grignotage sur les coups de 11h histoire de me couper la faim devrait faire l’affaire. De toute manière vu les quantités de sucres lents ingurgitées ces derniers jours je ne suis pas inquiet pour mes réserves… Je fais un petit-dej’ copieux en discutant avec Alain, Xavier et Yamina puis je remonte dans notre suite. C’est le branle-bas de combat pour Mathieu et Régis qui sont en train de s’équiper pour aller se frotter à leur premier marathon. Je leur donne quelques conseils, j’essaie de les détendre un peu bien qu’ils n’aient pas l’air stressés. Quelques derniers encouragements et ils filent vers la ligne de départ.

De mon côté je vais jouer la carte de la fraîcheur : une petite douche et je me re-glisse dans les draps. Deux heures et une grosse sieste plus tard me voilà dans le potage, le semblant de motivation retrouvé au réveil volatilisé… Cyril m’envoie un message pour savoir quand je compte partir : tout de suite ! Je saute dans mes baskets et c’est parti !

Nous nous retrouvons dans le hall de l’hôtel avec quelques semi-marathoniens et partons à la gare prendre le train de 11h qui nous conduira à la tour de Peilz. Nous retrouvons le reste du groupe sur le quai. L’ambiance est toujours aussi détendue, l’idée générale est de ne pas se faire trop mal aujourd’hui. Sur le trajet nous apercevons quelque maillot de l’AAAL en train de courir le marathon. Vu de la ligne de chemin de fer le trajet n’a pas l’air franchement plat, ça promet ! Il fait beau, peut-être un peu chaud, je sens que ça va piquer aujourd’hui !

En chemin j’apprends que pas mal de monde a été un peu en vrac ce matin, apparemment la sauce bolognaise de la pasta-party n’était pas bien fraiche… Anne de son côté a rendu le petit déjeuner, espérons que ça ira pour tout le monde…Pour ma part j’ai beau avoir pris la sauce tomate je sens que je n’ai pas l’estomac bien d’aplomb non plus…

Le train débarque à la Tour de Peilz, un joli petit village suisse qui ressemble pas mal à Douvaine. Nous sommes dans les temps pour aller encourager nos marathoniens. Nous sommes aux alentours du 20ème kilomètre, comme le parcours est un aller-retour nous les voyons passer au retour également. Je profite de l’attente pour bouloter un paquet de tucs, j’ai encore le ventre un peu en vrac mais ça devrait faire l’affaire aujourd’hui. Nous leur réservons une haie d’honneur qui semble leur faire du bien au moral, si certains ont les visages marqués, ceux-ci s’illuminent en nous voyant. L’ambiance de ce club est quand même géniale… Jusque-là tout le monde semble être dans les temps qu’il avait prévu, y compris Anne et ses déboires matinaux, pourvu qu’ils tiennent le choc au retour !

Après le passage de Yamina nous filons déposer nos sacs dans le camion qui doit nous les ramener, escortés par la police, Suisse oblige, à Lausanne. Il nous reste deux heures à poireauter avant le départ, le petit groupe se reforme et nous papotons pendant que quelques coureurs font leur séance d’aérobic au rythme de la musique. Une grosse demi-heure avant le coup de pétard nous partons trottiner un peu afin de ne pas partir à froid. J’appréhende un peu, j’ai peur que ma TFL se réveille plus tôt que prévu…

L’heure approche, enfin. Nous nous souhaitons bonne course et partons nous réfugier dans nos sas respectifs. La motivation n’est toujours pas là, j’ai dans un coin de la tête la barre des 1h20 sous laquelle j’aimerais bien passer aujourd’hui mais sans l’entrainement adéquat elle me semble lointaine. Ma seule séance d’allure semi de mardi m’a un peu rassuré mais mon état de forme n’est pas franchement brillant cet après-midi. La tactique du jour va être simple : partir en 3’45 sur les bases de 1h19, cavaler pendant 5km et faire le point sur les sensations à ce moment-là. Ensuite je poursuivrais l’effort si je me sens en mesure de faire quelque chose ou je me rabattrais plutôt sur une allure marathon en prévision de la Saintélyon.

L’inconvénient de courir relativement vite est que l’ambiance dans les sas de départ n’est pas franchement festive… Les speakers tentent de nous faire faire une ola, personne ne bouge. Nous sommes supposés faire un coucou au sas de derrière, quelques mains se lève mais c’est bien tout. Autour de moi les niveaux semblent assez hétérogènes, j’ai peur d’être gêné dans les premiers kilomètres. Je quitte Benoit en oubliant de l’encourager (honte à moi) et me rapproche de quelques mètres. L’heure fatidique est proche, je suis à présent dans ma bulle, pas franchement motivé mais relativement déterminé à m’employer. Les haut-parleurs envoient le Gangnam-style et le décompte commence. Le pistolet n’est pas synchronisé avec les speaker, 5.. 4.. PAN ! Pour une fois que les suisses ne sont pas à l’heure…

Ca y est, c’est parti ! J’essaie de ne pas démarrer comme un fou-furieux, une fois n’est pas coutume. Je dépasse les quelques coureurs pas franchement pressés et me calle quasi tout de suite sur un rythme qui me convient bien. Le moteur n’est pas bien chaud pour le moment mais la montée dans les tours n’a rien de douloureux, c’est plutôt encourageant. La route est plutôt large mais ça bouscule encore un peu, je parviens m’extirper un peu de la mêlée en passant par les trottoirs le temps que chacun trouve sa place. Le premier kilomètre passe en 3’40, un poil rapide mais pas trop, je vais essayer de me recaler. Pour le moment tout baigne !

Seule difficulté : les premiers kilomètres se font dans le village avec quelques virages à angles droits. Je me fais serrer une ou deux fois et suis obligé de relancer, pas bien grave mais un peu énervant. Un dernier petit virage que tout le monde coupe en passant dans l’herbe et nous redescendons pour passer devant le sas de départ où le 7ème bloc nous encourage en passant. J’essaie en vain de repérer des maillots de l’AAAL histoire de me gonfler le moral à bloc, tant pis, c’est parti pour une vingtaine de kilomètres au bord du lac.

Je manque le panneau des 2km pour valider mon allure, tant pis le 3ème ne va pas mettre longtemps à arriver. Le rythme me semble un peu haut mais j’ai du mal à ralentir, j’ai un petit groupe devant moi et quelques coureurs autour de moi sur lesquels je suis bien calé. Nous passons le port de Vevey la Tour, pour moi qui n’aime pas le poisson c’est assez violent pour les narines… Quelques spectateurs nous encouragent sur la place de Vevey, je compare par rapport à mes sensations aux 20km de Paris un an plus tôt, les jambes ont l’air de répondre aussi bien, en revanche l’ambiance me porte nettement moins, ça risque d’être compliqué… Je passe devant le panneau des 3km : j’ai légèrement accéléré, il faut vraiment que je me calme si je veux tenir.

Nous finissons de traverser le village sur une longue ligne droite. J’ai toujours mon petit groupe en visuel. Les affaires vont bien mais je sais que la difficulté approche. Côté blessure j’essaie de me concentrer un peu sur mon genou : silence radio de la TFL. En revanche j’ai une petite douleur sous la fesse, séquelle d’une chute à vélo qui se réveille un peu, rien de bien gênant mais voilà maintenant 3 semaines que ça dure… Nous traversons un rond-point, une petite descente sous la voie ferrée et passage devant le panneau des 4km, cette fois parfaitement dans le tempo et c’est parti pour la première bosse de la journée. Pas très longue mais assez casse-patte. Le petit trailer qui sommeille en moi prends le relais, je grimpe au train et réduis un peu l’écart sur le groupe de devant. Un ravitaillement nous attend au-dessus, je passe tout droit en faisant un petit signe aux bénévoles, ça me rappelle quelques souvenirs assez frais du Run in Lyon…

Nous voilà maintenant sur une route bien large qui surplombe le lac. Je suis un peu trop dans ma course, focalisé sur l’effort, j’essaie d’ouvrir les yeux et de profiter du paysage mais courir vite avec la tête tournée à 90° n’a rien de bien agréable. Dommage j’aurais bien aimé profiter de la vue sur le Chablais, j’ai beau le connaitre par cœur je le vois rarement sous cet angle. Tant pis, je reste concentré sur le parcours et le petit groupe qui me précède. Le 5ème kilomètre arrive, le rythme a légèrement baissé à cause de la bosse mais je suis toujours dans les clous, en revanche si le parcours est aussi accidenté tout du long je vais en baver !

Nous voilà à présent sur une interminable ligne droite, le lac à gauche, les vignes à droite. Un train passe sur la voie ferrée en contrebas, bien plate, elle… Je commence à remarquer que les feuilles sur la route se déplacent à contresens, le petit vent que je pensais être dans notre dos nous souffle en réalité dans les naseaux, voilà qui ne va pas arranger mes affaires… Les jambes répondent plutôt pas mal, le moteur est encore assez loin de la zone rouge mais c’est le système de refroidissement qui lâche le premier : avec ce vent de face j’ai du mal à ventiler et je commence à attraper un point de côté. Rien de trop gênant pour le moment, je maintiens mon rythme, on verra comment ça évolue.

On aura beau dire que les relances font perdre du temps, je crois que la règle ne s’applique pas à moi : j’ai une sainte horreur des lignes droites ! C’est interminable, le paysage ne défile pas, le seul objectif à court terme que je peux me fixer est de passer le panneau suivant. Bref, le temps me paraît long. Le point de côté quant à lui semble s’être installé, ça picote… Les kilomètres passent, le rythme est toujours là mais je sens que je ne pourrais pas tenir longtemps comme ça à lutter contre le vent sur ce profil pour le moins vallonné. On ne parle pas de franches montées mais j’ai l’impression de passer le plus clair de mon temps à grimper.

Je suis à la peine avec ce fichu point de côté, je passe le panneau des 8km et vois que j’ai du mal à tenir l’allure. Il faut vraiment que je fasse quelque chose pour arranger mon état. L’objectif me semble inatteignable, je lève un peu le pied afin de retrouver du souffle. La motivation prend une claque quand je vois quelques coureurs commencer à me dépasser et que le petit groupe qui me servait de carotte prend la poudre d’escampette.

Le rythme n’est pas tellement plus bas et pourtant le point de côté met peu de temps à s’estomper puis à disparaître totalement. Cependant cette petite baisse de régime m’a fait perdre quelques précieuses secondes ainsi que l’envie de me faire mal. De toute façon je suis fermement convaincu que ma TFL m’arrêtera avant la fin, ça n’en vaut pas la peine… Je me calle proche de ma vitesse marathon pour tourner autour des 3’55. J’ai de plus en plus envie de faire une petite pause autour du 10ème kilomètre pour prendre un ravito tranquille et repartir en vitesse marathon.

Cette interminable ligne droite me plombe le moral, j’ai l’impression d’avancer comme un tracteur. Ça va de mal en pis, je m’approche dangereusement des 4’00 au kilomètre. J’essaie de voir le bon côté des choses : vu l’ennui mortel et la difficulté du parcours je suis content de ne pas faire le marathon, j’aurais plus que probablement explosé rapidement. J’espère que tout se passe bien pour les copains… En parlant de marathoniens je commence à en dépasser régulièrement, ils ont l’air d’agoniser alors qu’il leur reste plus de 10 bornes à tirer. J’essaie d’avoir un petit mot d’encouragement pour eux en passant. Les dépasser me permet également de relativiser sur ma forme actuelle, à défaut d’être au top j’ai quand même une vitesse de croisière appréciable, je serais vite rentré à l’hôtel !

Je passe finalement le 10ème kilomètre, pas de ravito à proximité du panneau : tant pis pour ma pause. Je me sens un peu mieux, je vais poursuivre. Je suis piqué au vif en constatant que j’ai mis 4’01 sur ce kilomètre un peu montant, si je continue comme ça je vais finir par marcher ! Je remets un peu d’intensité histoire de finir sur un temps pas trop ridicule, j’aimerais bien faire quelque chose dans les alentours de 1h22. Je n’ai pas regardé mon temps global à la montre mais si je ne décroche pas je devrais y arriver.

Semi de Lausanne

Je me fais moins dépasser à présent, je récupère même quelques coureurs qui me sont passés devant pendant mon coup de moins bien. J’essaie de m’abriter du vent pour m’économiser mais j’ai tendance à passer devant dès que je me sens un peu trop facile. A défaut d’être malin je fais ma course en solitaire, et à y réfléchir ça me convient bien. Les courtes distances ne sont définitivement pas pour moi, je me revois un an plus tôt en train de me délecter, seul au monde, des paysages de l’endurance trail. Comme dirait José je suis plus randonneur que coureur…

La mi-course a souvent cet effet sur moi, je repasse dans une spirale de pensée positive : bientôt l’apéro, je retrouve le sourire. Je fais coucou aux gens qui nous encouragent sur le bord du parcours, j’encourage les coureurs que je dépasse et mon rythme s’accélère de façon naturelle. Ce n’est pas brillantissime mais l’orage est derrière moi.

Je dépasse un coureur qui s’accroche à mon allure, j’essaie de discuter un peu avec lui. Il a l’air plus bavard que les autres coureurs rencontrés jusqu’à présent. Il me dit qu’il aimerait bien faire moins de 1h24, il est largement dans les clous pour le moment ! Il me dit que nous devons être sur les bases de 1h20, j’ai un gros doute à ce sujet mais ça me redonne un peu de jus de savoir que le chrono n’est pas si mauvais. Je passe devant pendant qu’il s’abrite un peu dans mon dos.

Nous faisons quelques relais pendant que les kilomètres passent, il semble plus dans le dur que moi mais il ne lâche rien, plus grand monde ne nous dépasse à présent, au contraire ça commence à coincer autour de nous. Une des deux kenyane que j’ai entrevues sur la ligne de départ est à l’agonie, nous la dépassons alors qu’elle crache ses poumons. Soit le rythme en tête était trop élevé pour elle, soit elle a servi de lièvre.

Une bonne occasion de faire une pause s’offre à moi : un de mes lacets se défait. Je suis bien tenté mais j’ai retrouvé la forme et le risque de chute est assez faible, je vais essayer d’aller au bout sans rien changer. Une féminine revient sur nous et se calle dans notre roue, notre petit trio avance bien tandis que nous approchons du 15ème kilomètre. Il y a maintenant un peu plus de spectateurs le long de la chaussée, certains sont à table, d’autres boivent un verre de blanc. Ils lèvent leur verre à ma santé quand je plaisante avec eux. C’est dangereux de courir au milieu des vignes, j’hésite à prendre un ravito sauvage quand j’aperçois le panneau qui indique une cave à 500m…

Mon petit groupe tient un bon rythme, quand le coureur de tête baisse un peu de régime quelqu’un vient vite remettre un coup de collier. Question ambiance c’est une autre histoire, si je me sens d’humeur à bavarder mes deux compères sont plutôt en train de serrer les dents.

Je regarde les panneaux défiler, curieusement ceux du semi ne me parlent pas spécialement tandis que ceux du marathon me font sentir la douce odeur de l’arrivée. Le panneau 37km n’a pas la même saveur que le panneau 16… Le traditionnel effet retord de la fin de course commence à se fait sentir, comme je suis pressé d’arriver toutes mes petites douleurs se trouvent exacerbées, j’ai la sensation d’être dans le dur alors que tout va pourtant bien.

Les marathoniens sur le côté commencent à être nombreux à présent, malgré mon souffle raccourci j’essaie d’avoir un petit mot pour eux en passant, ils y sont presque ! Nous arrivons dans un petit village par une ruelle pavée, ceux-ci sont assez plat et ne viennent pas me gêner. A la sortie de la ruelle une foule nous attend pour nous faire un accueil triomphal, dommage que ce ne soit pas comme ça tout le long du parcours, j’aurais eu des ailes...

Le 17ème kilomètre passe sous mes yeux, on tient le bon bout ! Je regarde ma montre et constate que nous tenons une moyenne de 3’53 depuis maintenant 3 bornes. Les kilomètres passent et le refrain reste le même : petites bosses et vent dans le nez. J’imagine le calvaire des marathoniens… Je sens qu’ils vont avoir un paquet de trucs à raconter dans le bus ! En parlant de ça j’aperçois un maillot de chez nous, c’est Yamina qui marche, zut ! Elle est encore loin, j’ai envie de crier pour l’encourager mais j’ai aussi peur de manquer d’air si je donne trop de la voix. J’attends de m’approcher un peu pour lui crier de ne pas lâcher. En passant elle me dit qu’elle est blessée, m**** ! Elle m’encourage alors que je file vers l’arrivée qui me tend presque les bras à présent.

Je compte les minutes qui me séparent de l’arrivée, j’ai vraiment envie d’en terminer aujourd’hui. Pour quelqu’un qui n’a pas couru beaucoup dernièrement je peine à prendre du plaisir sur ce parcours… J’ai de petites étoiles dans les yeux en songeant à la Saintexpress qui m’attend dans quelques semaines : une allure plus cool, une bonne ambiance, quelques bosses et de la boue à foison, une belle aventure où on devrait une nouvelle fois se marrer !

Mes deux compères ont pas mal de supporters sur le parcours, les « Aller Rachel ! » nous poursuivent. Mes sensations sont plutôt mitigées, je commence à grimacer et à avoir envie d’en terminer, pourtant je me sens encore assez loin de mes limites, je pourrais me mettre nettement plus dans le rouge mais le cœur n’y est pas. Anna est venue nous soutenir après son 10km, ça fait plaisir de voir un visage connu ! Je la repère de loin et répond à ses coucous. L’arrivée est proche !

Pendant ce temps mon petit trio cavale toujours sur un joli train tandis que nous arrivons en ville. Nous dépassons un mec en train d’exploser alors que le panneau des 20km pointe le bout de son nez, cette fois nous y sommes ! Le rythme s’accélère légèrement, alors que nous passons le dernier virage qui donne sur l’ultime ligne droite. Je suis content de l’avoir repéré hier, celle-ci semble affreusement longue. Je l’avais estimée à 800m, elle n’en fait finalement que 700, mais quand on n’a en tête que l’idée de s’arrêter ça commence à faire long ! Mes deux collègues placent une dernière accélération. L’envie n’y est pas, je termine tranquillement en serrant le poing. Paco est là pour m’encourager, j’en retrouve le sourire, content de voir le bout du tunnel et de bientôt retrouver les copains.

Semi de Lausanne

Non contente d’être longue, l’arrivée nous fait passer sous 3 arches histoire de bien nous achever. Je passe devant le chrono avec un regard un peu éberlué : 1h21’35 ! (1h21’31 au temps corrigé). C’est désormais ma marque de fabrique, je termine par un petit saut de cabri au-dessus de la ligne, juste histoire de rigoler.

J’ai beau être loin de l’objectif c’est plutôt satisfaisant pour une course en dedans, j’ai déjà envie de recommencer sur un parcours plus roulant, pourquoi pas Vénissieux dans un mois ? Autre grosse satisfaction : la TFL n’a pas donné signe de vie !

A peine arrivé que je tombe sur Delphine, Maëva et Pierre qui viennent m’accueillir. Je prends des nouvelles de tout le monde, apparemment le marathon était aussi compliqué que ce que je pensais, pratiquement tout le groupe a explosé. Seuls Bernard, Nicolas, Régis, Sophie, Anne et Charlotte sont passés dans les temps espérés. Les autres ont pris en moyenne 20 minutes de plus que leur objectif ! Nous papotons un peu et je file au ravito boire un coup, je récupère au passage une bouteille d’eau et ma médaille. Une nouvelle fois l’organisation suisse est simple et efficace : 3 tables de boissons, une table de potage, une table de bananes, une table de pommes et oust !

Direction la tente de l’AAAL où je suis le premier arrivé, je papote un peu avec Maëva qui a terminé son 10km en 47min, dans ses objectifs. Au moins une qui a l’air contente ! Les autres ne tardent pas à arriver. Josselin termine en 1h27, lui qui voulait faire une sortie longue n’a pas résisté, je l’aurais parié ! Benoit améliore son record en 1h30 puis Yamina fini par nous rejoindre, blessée au mollet.

Finalement ce semi m’a donné la pèche, je vais remonter à l’hôtel en trottinant. Les 3km et 150D+ de récup passent comme une lettre à la poste. Une bonne douche et je redescends retrouver le reste du groupe pour écouter la petite aventure de chacun en sirotant une bière pas volée. Plus qu’à rentrer à Lyon après cet excellent week-end suisse. Merci l’AAAL !

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