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Foulées Foreziennes

Publié 26 Mars 2013 par Tom in route, semi

Foulées Foreziennes

Avant d'attaquer les gros objectifs de la saison je m'étais fixé un dernier petit objectif sur route histoire de garder un peu de vitesse avant de repasser en mode tracteur... Le club avait prévu une sortie à l'occasion du semi-marathon de Feurs, au fin fond de la Loire, la course tombe pile deux mois avant les Allobroges: tip top!

L'objectif est simple: améliorer ma marque sur semi après mon record de Bourg les Valence en mars 2012 en 1h23'16. Françoise m'a mis un plan d'entrainement en 3'48 au Km, gloups! Voyons le point positif, si ça rentre je passe en 1h20!

Les premières séances de seuil sont plutôt bien passées, j'ai rythmé ma préparation à grand coup de séances de VMA et la confiance était là, manque de bol les Cabornis sont tombés 15 jours avant la course et voilà mes sensations de rando-coureur revenues au petit trot... J'ai finalement écourté le temps de récup pour glisser 3 séances de VMA et 2 séances de seuil afin de retrouver un rythme de mobylette (ou déjà de velov', ça ne sera pas du luxe) en priant pour éviter la blessure et le coup de bambou.

Après deux grosses journées de récup (lire journées xbox vautré au fond du canapé) me voilà paré à partir. Juste deux inquiétudes: une petite douleur sous le pied qui me tient depuis deux jours mais ne me semble pas trop grave. L'autre, les genoux un peu douloureux, sûrement une séquelle des Cabornis, me dérange plus. Là il va falloir songer à une petite coupure...

Bref nous y voilà, je suis bien motivé mais j’appréhende un peu cette course, tant sur mon état physique que sur ma capacité à tenir l'allure jusqu'au bout. La confiance n'est pas au beau fixe, je commence à me préparer à mon objectif de secours; passer sous la barre des 1h23, ça sera déjà pas mal! D'autant plus que cette course est plus ou moins pour du beurre, les points FFA des Cabornis ont été attribués, me voilà à la tête de 15 points et un niveau de R1! Il faut que je passe en dessous de 1h17'30 pour faire mieux: autant dire qu'à moins d'avoir un vélo caché sur le parcours, c'est cuit!

Après un voyage fort sympathique en compagnie d'Agathe et Nathalie et de Vincent, notre super chauffeur du jour, nous voilà sur place, il fait frais, la pluie n'a pas l'air à l'ordre du jour et le vent est quasi nul: de supers conditions de course! Nous retrouvons sur le parking les autres membres du club, il y aura trois accompagnants sur le parcours, autant d'encouragements qui seront les bienvenus!

Et c'est parti pour le petit circuit rituel: retrait de dossard et du (magnifique) maillot, passage de l'habit de lumière avant un petit arrêt aux stands (toilettes sèches, que du bonheur...) J'opte pour la formule short - t-shirt (enfin!), je sais que le corps va être en surchauffe rapidement... Plus qu'à aller m'échauffer et à trouver ma place sur la ligne...

Je me retrouve devant avec José et Julien, je vais les laisser filer. Ils comptent partir sur allure de 3'30 à 3'40: je vais rester humble, je sens bien mes jambes mais l'angoisse de l'échec me rend fébrile. Une fois de plus les places sont chères pour être devant la ligne au départ: le troupeau empiète de deux mètres au-delà de la ligne et les organisateurs nous poussent à reculer. Nous voilà entassés comme des sardines et je pressens déjà la chute générale au coup de feu, d'autant que je me retrouve coincé derrière un groupe qui n'a pas l'air d'avoir une foulée stratosphérique...

Finalement le départ n'est pas si apocalyptique prévu, mais il faut tout de même bagarrer pour sortir des bouchons... Je passe à la corde, me faufile sous des bras et n'hésite pas à courir dans l'herbe avant d'avoir un petit espace dégagé, ouf, on va pouvoir commencer à courir!

Je tâche de rester prudent et je ne force pas l'allure, j'ai la sensation d'être en dessous du tempo mais j'ai tendance à sous-estimer ma vitesse en début de course: pas question de passer en 3'30 et de me griller pour la suite. Finalement je me cale dans un petit groupe de 5 coureurs qui discutent de leurs temps sur marathon qui tournent autour de 2h50 - 2h55, ça force le respect. Je me demande si je suis bien à ma place...

Je guète les visages connus, avide d'encouragements qui me seront précieux pour la suite. Emmanuel est là, ça fait du bien! Me voilà remonté comme une pendule, vivement le prochain tour que je refasse le plein!

Nous voilà au 1er plot, le GPS me donne 3'45. C'est parfait, ceci-dit attention! Avec le départ qui m'a fait perdre du temps je dois être légèrement en surrégime, j'essaie de lever légèrement le pied. Nous passons devant le ravitaillement du 10ème kilomètre, cela me rappelle que le parcours doit faire deux boucles légèrement différentes mais avec pas mal de portions en commun. Je déteste ce genre de parcours: j'aime bien découvrir de nouveaux paysages tout au long de la course, ça occupe l'esprit et évite de penser aux muscles douloureux...

Je regarde un peu devant moi: il y a foule! Au moins une cinquantaine de coureurs sur une base de moins de 1h20, le niveau est sacrément dense! Au moins je ne serais pas seul au monde...

En parlant de paysages, pour l'instant je ne suis pas transcendé... La route emprunte de longues lignes droites au milieu de champs, les arbres sans feuilles et la grisaille du jour ne sont pas là pour égayer tout ça... J'ai l'impression que les minutes et les kilomètres n'avancent pas bien vite, la course va être longue! Le second kilomètre est sur un rythme trop rapide: 3'41, je ralentie, mon petit groupe fait de même, ils doivent être sur les mêmes bases que moi. Finalement je prends la tête du troupeau, j'ai du mal à courir dans la roue de quelqu'un et j'ai du mal à me faire dicter un rythme, même si celui-ci ne diffère que de quelques secondes au kilomètre...

Finalement j'arrive à me caler à l'allure voulue et les premiers kilomètres s'effacent sans grande difficulté, j'ai finalement lâché légèrement mon groupe et me retrouve en position d'électron libre, ce n'est pas pour me déplaire, du moins tant que je remonte les files et non l'inverse... Au bout de 4km nous bifurquons pour faire le retour de la 1ère boucle, les paysages me plaisent un peu plus par ici, il y a moins de champs et un peu plus d'arbres. Un suiveur à vélo me gêne un peu mais rien de bien grave, je continue ma route. Il passe un bidon au coureur devant moi et l'encourage avant de prendre quelques photos. Finalement il repassera quelques minutes plus tard sans avoir retrouvé le bidon et fera demi-tour. J'en rigole dans ma barbe (vengeance!) en me disant que pendant ce temps j'aurais un peu oublié mon effort.

Nous voilà à 5Km de course, j'ai une légère avance qui ne sera certainement pas un luxe en fin de course... Je saute le premier ravitaillement, j'attendrais celui des 10km et j'en profiterais pour faire le point. Je sens que le cardio est haut mais je ne regarde pas ma montre, je préfère courir à la sensation et me contenter de mes temps de passages à chaque kilomètre.

6Km, l'effort commence à se faire ressentir, j'espère pouvoir être dans le même état dans 10km mais je ne me voile pas la face: ça risque de ne pas être très beau à voir... Je fais un bref point sur mon état: pour l'instant ça ne va pas trop mal, je ferais un premier bilan à la 10ème borne pour savoir si je tente de garder le cap des 1h20 ou si je me rabats sur mon plan de secours. En attendant il va falloir serrer un peu les dents!

Nous avons rejoint le parcours de la seconde boucle, je sens qui ne va pas y avoir de grandes nouveautés au deuxième tour... Le cerveau commence à se déconnecter de lui-même et je commence à compter bêtement les kilomètres, bref, rien de bien passionnant qui me traverse l'esprit et je m'occupe comme je peux: je regarde les maillots des coureurs qui m'entourent... Le maillot de Roanne n'est pas terrible, par contre j'aime bien celui de Vichy, très simple, bleu et un peu moulant.

Nous sortons finalement de la petite route en sous-bois et j’aperçois au loin le ravito des 10, je pressens que la seconde boucle va être terrible mais je n'ai pas envie de baisser le pavillon... Au bout de cette longue portion j'aperçois Jean, armé de son appareil photo. Un petit coucou, un gros virage et je file vers le ravitaillement. Je suis pile dans les clous avec quelques précieuses secondes d'avance, parfait! Je m'arrête pour vider un gobelet, celui-ci est en carton et se déforme sous mes doigts: je ne parviens pas à boire grand-chose, me voilà trempé, j'ai perdu du temps et je rame pour retrouver le rythme... J'aurais dû continuer dans mon élan...

Le gros virage avant la seconde boucle, heureusement que j'ai des semelles continental! (Merci à Jean pour les photos)

Le gros virage avant la seconde boucle, heureusement que j'ai des semelles continental! (Merci à Jean pour les photos)

Cette perte de temps cumulée à l'effort qu'il me reste à fournir me plombent le moral, d'autant plus que j'arrive au 11ème Km en 3'57 à cause du ravito manqué... Même les encouragements de Françoise et Emmanuel n'y font rien: j'ai la tête dans le seau et j'ai perdu le rythme...Le kilomètre suivant n'est pas très brillant: 3'51, le rythme est définitivement cassé, j'avance un peu dans le brouillard, résigné... Je continue de compter les kilomètres, la seconde partie de course me semble insurmontable. Je commence à essayer de tout quantifier, je fais un peu de maths: 12Km, j'ai fait 4/7 du parcours, le plus gros est derrière moi. Même en coinçant il ne me faudra pas plus de 36 minutes pour rallier l'arrivée. Ça ne va pas changer la face du monde mais le mur me paraît moins haut.

Les kilomètres se suivent et se ressemblent, j'ai la sensation d'avoir perdu le fil, j'avance tant bien que mal en essayant de ne pas trop perdre le rythme mais sans mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Nous abordons maintenant la partie "inédite" du parcours, et en avant vers de nouveaux horizons!

En fin de compte la route se poursuit en sous-bois pour parcours est toujours aussi monotone, j'ai l'impression que le paysage n'évolue pas. On est loin des grands espaces de mes chères montagnes et des vallées qui se succèdent au fil des virages... Seul un petit passage entre deux étangs rend la route moins monochrome...

Je commence à me faire dépasser régulièrement par des coureurs, le moral en prends encore un coup... Seul petite lumière: je dépasse un coureur de Vichy qui s'accroche derrière moi, il a l'air dans le même état de délabrement que le mien... Je commence à avoir le pied gauche engourdi, je remue les orteils pour faire revenir la circulation, d'autre part mon rhume de la semaine passée décide de faire son come-back: j'ai le nez qui coule et la gorge un peu prise, les bonnes sensations du début de course me sembles bien loin...

Il me faudra attendre le 15ème kilomètre pour sortir de ma léthargie et me rendre enfin compte que ce ne sont ni les jambes ni le cœur qui ne sont à blâmer mais bien la tête qui n'y est plus. J'ouvre grand les yeux, j'essaie de me réveiller, je remets un peu d'intensité dans les jambes et je stoppe ce flot de pensées négatives, il est grand temps de sortir de cette spirale infernale... Déjà je sens le cardio s'accélérer, c'est bon signe! Aller, plus qu'un tour et demi de parc! (unité de distance universelle du coureur lyonnais...) Je suis allé trop loin dans ma douleur pour déposer les armes, je vais tout donner!

Les résultats ne tardent pas à se faire sentir: le coureur qui me suivait depuis tout à l'heure décroche dans mon dos et je passe le 16ème kilomètre en 3'48. Me revoilà dans la course! D'après mes calculs j'ai dû perdre une bonne minute dans l'affaire, c'est loupé pour les 1h20, mais passer sous les 1h23 me semble gérable. Voilà un moment que j'ai arrêté de regarder la montre de peur de me plomber encore plus le moral, je ne sais pas où j'en suis et je préfère rester dans le flou. Je vais tout donner, c'est le plus important.

La route se poursuit, j'alterne le bon et le moins bon, je souffre physiquement mais je m'accroche et je relance tant bien que mal quand la cadence ralentie. J'essaie de penser à Emmanuel, Françoise et Jean dont les encouragements seraient les bienvenus sur ces routes désespérément désertes... Encore quelques kilomètres et ils seront là!

Je repense rêveusement à la conversation que j'avais avec Vincent dans la voiture: courir tranquillement et pouvoir accélérer en fin de course pour remonter des files de coureurs... Aujourd'hui je suis moins à la fête et j'essaie plutôt de ne pas exploser dans le fossé... L'arrivée approche tout doucement, voilà que nous sortons des sous-bois pour apercevoir à nouveau le ravito des 10km, moins de 12 minutes à tenir, courage!

Je continue à me battre avec mes muscles qui me brulent et mon nez qui coule, cette fin de course est plutôt éprouvante... J'aperçois Emmanuel qui m'encourage vivement, j'essaie de le remercier de mon mieux et je repars le couteau entre les dents, j'y suis presque!

Je commence à compter les mètres, les paupières se ferment toutes seules: je suis en plein syndrome fin de course, je dramatise mon état à l'approche de la ligne d'arrivée. J'essaie d'écouter calmement les signaux de mon corps pour me rassurer, encore un gros 1500m et j'y serais! J'aperçois maillot du club pas très loin devant moi, José ou Julien a dû coincer, surprenant!

C'est au tour de Françoise de me remonter le moral à l'approche du dernier kilomètre, je repense aux séances de VMA de la semaine passée, un gros 800 à cracher mes poumons et je serais à l'écurie! Je crois deviner l'arche d'arrivée, manque de bol c'est un camion stationné-là qui est évidement de la même couleur... Autant pour ma fausse joie! Un petit virage et cette fois je la voie! je regarde le chrono sur la ligne d'arrivée, 1h20'40, non je n'ai pas la berlue! Il doit me rester une centaine de mètres à courir: je me transforme en Usain Bolt et je lâche mes dernières forces pour arriver dans les clous! Miracle, je passe la ligne en 1h20'53 sans trop savoir comment, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles!

Plus qu'à aller faire honneur au ravitaillement d'arrivée: du riz au lait, du pain d'épice et un peu de thé pour savourer ce petit exploit personnel. Je papote avec José et Julien qui sont déjà arrivés: 1h18'20 pour Julien (Outch!) et 1h20'02 pour José qui a coincé, ça reste honorable...

Je pars finalement faire une petite récup avec Julien et un ami à lui qui a l'air de tourner comme un avion, puis nous reprenons le parcours en sens inverse, j'en profite pour encourager les copains que je croise et je refais la fin de course avec Paco avant de faire un come-back au ravitaillement pour me rappeler un bon souvenir du riz au lait...

Plus qu'à attendre le podium de Nathalie (encore un!) et retour à Lyon pour un dimanche après-midi à buller!

A présent c'est parti pour les choses sérieuses: une grosse préparation avant les Allobroges, ca sent la sortie Monts d'Or sous peu...

Au niveau cardiaque, à part le petit retard à l'allumage de la montre l'effort a été parfaitement constant, je tourne entre 187 et 191 bpm tout du long. Ca ne saute pas aux yeux mais le coeur redescend légèrement au moment de mon coup de bambou, comme quoi c'était bien dans la tête...

Au niveau cardiaque, à part le petit retard à l'allumage de la montre l'effort a été parfaitement constant, je tourne entre 187 et 191 bpm tout du long. Ca ne saute pas aux yeux mais le coeur redescend légèrement au moment de mon coup de bambou, comme quoi c'était bien dans la tête...

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