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Les Etoiles de Gimel

Publié 23 Juin 2013 par Tom in trail

Les Etoiles de Gimel

Après le beau résultat de la semaine passée, pas le temps de atermoyer et c'est reparti pour une nouvelle sortie d'entrainement. Cette fois c'est au tour du Pilat d'y passer avec un petit trail au profil assez roulant à Saint Régis du Coin, sur les terres de Vincent. De 30 à 33Km (impossible de savoir, 33Km sur le site, 32 sur la brochure et 30,4 sur le profil OpenRunner...) pour 1100m de dénivelé (là tout le monde est d'accord!). Rien de bien méchant, juste quelques bonnes montées de 200 à 300m, on devrait bien s'amuser!

Le départ de la course sera donné à 20h, encore une course semi nocturne: je décide d'appliquer la recette qui a marché la semaine dernière: un bon goûter à 17h, et une alimentation régulière durant la course. Après une journée bien chargée, c'est l'heure du goûter. Pas de granolas dans le placard, je me rabats sur un paquet de sablés gerblés choco - coco. Bof, vraiment pas génial du tout. Faute d'avoir mieux sous la main je fais avec... Sur ces entre-faits j’attrape mon sac de sport avant de filer chez Vincent et Cécile pour un départ prévu (initialement) à 17h45.

Arrivé sur place c'est le traditionnel rush d'avant course:

"T'as pas vu mes bidons?"

"Mince, j'ai pas rechargé le téléphone!"

Finalement nous arrivons à partir à peu près dans les clous. A présent direction Gerland pour récupérer Dominique et Romain devant la halle Tony Garnier. Manque de bol, l'autoroute est coupée et la traversée de Lyon s'effectue en passant par... Gerland! Nous voilà dans les bouchons, et Vincent et Cécile donnent une représentation de leur traditionnel show. Ils ont dû répéter avant, c'est du grand art, les répliques fusent, c'est la sainte Cécile. Ambiance...

Après moult péripéties nous voilà devant la halle et nous chargeons les deux colis. Le GPS nous donne 1h de route, c'est bon on sera à l'heure! Cécile est stressée par l'heure de retour et commence à faire des calculs, oui oui, on va se coucher tard! Cécile est engagée sur le 12Km, elle devra nous attendre un peu, Dominique et Romain sont sur le 22, ils ne devraient pas arriver bien longtemps après elle. Enfin, Vincent et moi somment sur le 32, ça risque de durer environ 3h pour nous...

Nous y voilà, Saint Régis du Coin et ses 400 habitants (vaches comprises), le fin fond du Pilat. La région semble superbe, entourée de la forêt de Gimel. On aperçoit quelques bosses autour du patelin, il va y avoir de quoi s'amuser! Il y a déjà pas mal de monde et nous nous dépêchons de nous habiller et de boucler nos sacs avant d'aller récupérer les dossards et de faire un tour de chauffe assez bref, il ne s'agirait pas d'être en retard... Pendant ce petit tour Vincent m'apprend que nous aurons droit à un départ lancé: un petit tour de chauffe précédera le départ, je ne suis pas bien emballé mais pourquoi pas?

Les Etoiles de Gimel

Je prend cinq minutes pour aller repérer une dernière fois le profil: une petite bosse après 2Km, une grosse de 300m entre le 8ème et le 10ème puis une bonne descente avant une dernière portion à grimper entre les 17ème et 24ème bornes, ensuite je pourrais laisser les jambes rouler pour terminer aussi fort que possible (si tout se passe bien). Les ravitos semblent pas mal placés: 12ème et 22ème, impec! Seule petite inquiétude, le speaker parle de balisage "minimum et biodégradable". Étrangement j'ai comme le pressentiment d'une aventure extra-parcours. On parlait de loups dans la voiture, serait-ce un signe?

L'heure du départ arrivée, nous allons nous placer sur la ligne, tout devant histoire de partir comme des flèches (un peu émoussées, certes). Il y a pas mal de monde derrière, apparemment nous venons de doubler la population locale le temps d'une soirée! Je me retrouve à côté d'un coureur en raidlight de la tête aux pieds (il a tout de même fait une infidélité en enfilant une paire de cascadia!) que Vincent à identifié comme mon lièvre de la nuit. Il a l'air affûté, pas certain que je tienne le rythme...

Les Etoiles de Gimel

Ca y est, c'est parti pour le tour de chauffe! Ca risque surtout d'être le tour de surchauffe pour certain, les meneurs d'allure sont à plus de 14Km/h! Nous sommes un petit groupe à suivre, derrière le peloton s'étire rapidement. Après deux minutes de "chauffe" nous coupons de nouveau la ligne de départ, c'est parti pour la première descente!

Rapidement je comprend pourquoi le rythme était si élevé: la descente n'a pas été désherbée, impossible de voir mes pieds et le sol n'est pas du tout régulier, bref il faut faire confiance à ses chevilles et croiser les doigts pour arriver intact en bas. J'espère que ce chemin ne sera pas le reflet de l'ensemble de la course, tant qu'il fait jour c'est assez rigolo, quand la nuit va tomber ça deviendra une autre paire de manches... Le chemin se sépare, un petit groupe passe à droite dans des herbes moins hautes tandis que je prends le chemin de gauche en suivant les balises, mauvais choix, la galère continue... Après quelques mètres les chemins se recoupent et nous arrivons en bas de la descente.

Un groupe d'une douzaine de coureurs s'est formé à l'abord de la descente et je suis surpris de voir la tête de course à moins de 50m de moi. Cela-dit tant mieux, j'ai accroché le bon wagon! Maintenant c'est parti pour la montée, le rythme ralentit un peu mais est assez élevé. Naturellement, le jour où je cours sans manchons les orties sont de la partie, ça gratte! La montée n'est pas bien terrible sur le papier, je vais suivre le train, on verra en haut ce que ça donne... Nous avons finalement quitté les herbes hautes pour un petit single en sous bois bordé d'orties, gare à ne pas dévier... Je dépasse quelques coureurs malgré une approche assez prudente de cette première côte: je veille à ne pas me mettre en sur-régime et je ne crains pas de perdre quelques mètres sur le groupe de tête.

Une fois au sommet nous repiquons sur un petit tronçon de bitume. Je ne suis pas bien loin des premiers et nous approchons de la fourche ou le 22 et 32 se sépareront, j'ai hâte de voir ce que cela va donner! La montée m'a émoussé plus que je ne pensais, en revanche sur cette portion plus roulante je sens que les jambes me reviennent illico et je remonte rapidement.

Ca y est nous y sommes: les trois premiers coureurs restent sur le long tandis qu'une belle brochette bifurque sur le 22. Je regarde rapidement derrière moi, il y a encore pas mal de monde qui cavale derrière moi. Je sens que ça risque de batailler sévèrement dans les kilomètres à venir, on va bien rigoler! Mais pour le moment c'est parti pour une belle descente, à nouveau dans l'herbe. Comme la première était somme toute assez facile, celle-ci est agrémentée de branche mortes camouflées ainsi que de branche à hauteur du visage histoire que l'on ne s'ennuie pas! J'ai bien envie de faire une petite réflexion sur les jardiniers locaux mais je sens que mes jambes répondent à merveille et je remonte tranquillement sur le duo de tête composé de mon lièvre désigné et d'un pote à lui semble-t-il. Je ne les dépasse pas et reste à leur niveau, rien ne sert de produire l'effort maintenant, l'important c'est d'attraper le bon train.

Nous arrivons en bas trop tôt à mon goût, je me régalais là haut! La route commence à monter avec un peu de bitume, je ne crache pas dessus, cela me permettra de laisser les jambes dérouler. Je me place à l'arrière de notre petit groupe afin de ne pas avoir à donner le rythme, je préfère observer un peu pour le moment. Mon lièvre à l'air assez facile, son ami en revanche à l'air un peu plus haut dans les tours, mais pas trop quand même. Personne ne papote, j'ai l'impression d'être dans un round d'observation, à chercher qui posera la première mine. Certainement pas moi en tout cas, j'appréhende la prochaine montée qui semble être le gros morceau de la course. Vu la mauvaise réaction de mes jambes lors de la première, j'ai peur que le cœur ne monte trop haut et ne me grille pour la suite si je force dans celle-ci. Étrange, je grimpais assez bien dernièrement, certainement un signe de la fatigue accumulée ces dernières semaines. On verra bien ce que ca donne...

Une nouvelle fois j'ai appliqué la tactique (ou la tictaque) du bip toutes les quatre minutes pour boire un coup, seulement aujourd'hui j'ai eu la main lourde sur la poudre, ma boisson est trop sucrée et me dessèche la bouche. J'essaie de boire tant bien que mal mais le plaisir n'y est pas, je m'hydraterais mieux au ravito... Un coup d’œil en arrière au détour d'un virage, il y a toujours du monde derrière, je sens que ca va bientôt partir de tous les côtés....

Nous quittons la route pour repartir dans les chemins, après un single bien roulant parsemé de branches basses on dirait bien que cette fois c'est parti pour la grosse côte. Mes deux collègues ont l'air bien partis pour l'avaler en courant, je préfère lever le pied et alterner marche et course quitte à les laisser filer un peu devant. Les sensations de la première côte reviennent à la charge: le cardio monte vite et j'ai du mal à pousser sur les cuisses dans les portions très caillouteuses, vraiment inhabituel comme sensations... Mes grimpettes chalonnaises présentent un profil assez similaire et je ne ressent jamais cette surchauffe. Aller encore une semaine d'entrainement et je pourrais lever le pied en attendant l'UTTJ...

Soudain je vois une mobylette en tshirt vert me dépasser par la droite, je laisse passer et continue mon ascension tant bien que mal. Il va vraiment falloir compter sur les portions roulantes ce soir pour arriver à faire quelque chose. Je me retourne régulièrement et je vois un coureur en bleu qui grignote peu à peu sur moi, celui-là ne passera pas! J'augmente légèrement l'intensité afin de stopper hémorragie alors que nous sortons du couvert des arbres. L'altimètre m'indique qu'il reste environ 80m à grimper, l'effort ne devrait plus être bien terrible...

A présent nous sommes dans l'herbe, le chemin ne monte pas extrêmement fort mais juste suffisamment pour que je doive forcer. Les trois coureurs devant moi sont encore visibles mais ils ont bien creusé le trou, en revanche derrière moi ça revient peu à peu... Encore une petite portion qui grimpotte et nous voilà sur un chemin carrossable, plus à mon avantage ce soir. Une nouvelle fois les jambes sortent de leur léthargie et me voilà relancé à bonne allure dans un léger faux plat sur le plateau.

Je suis toujours suivi de prêt mais je sens que le trou se creuse peu à peu, le visage de tshirt bleu commence à se crisper mais il ne lâche pas facilement. Je vais bien finir par le faire exploser, auquel cas c'est moi qui risque de battre de l'aile dans la prochaine montée... J'aperçois une balise sur un chemin à ma gauche et une qui continue tout droit, pas de fléchage au sol. Je m'arrête pour réfléchir et perd toute l'avance difficilement acquise. Le coureur en bleu m'indique que c'est tout droit, j'ai un gros doute mais je repars prudemment. De toute manière il fallait bien prendre une décision... Pas de balise pendant 200m, je commence à pester, je suis persuadé d'être perdu quand soudain j'en aperçoit une au loin vers un petit groupe équipé de motos. Ouf! Je remets les jambes en mode cavalcade pour récupérer ma petite avance. Il devait s'agir du moment ou le 22Km rejoignait notre parcours. C'est bien beau mais le fléchage n'est pas extrêmement bien fait... J'appréhende la partie nocturne de la course...

Le groupe à moto est à côté d'un ravito sauvage portant une inscription "potion magique". Pas très inspiré je trace ma route espérant en trouver un autre un peu plus loin, avec des produits moins exotiques... Au détour d'un virage je manque de m'arrêter, le paysage est juste sublime: une vue panoramique sur l’Ardèche me semble-t-il, auréolée du coucher de soleil. Dommage que je n'aie pas le temps de prendre une photo...

Merci google pour la photo, dommage qu'il ne connaisse pas le coucher de soleil...

Merci google pour la photo, dommage qu'il ne connaisse pas le coucher de soleil...

Je dépasse une coureuse du 22Km, elle semble en baver doit fermer la marche. Je passe devant elle en l'encourageant, elle n'est pas au bout la pauvre! Je reprends rapidement d'autres coureurs qui ne semblent pas en meilleur état. En comparaison j'ai l'impression d'être une fusée, même si j'en suis loin ca fait du bien au moral!

Le chemin cède bientôt sa place à une petite passerelle en bois qui enjambe la tourbière de Gimel et serpente pendant quelques centaines de mètres. Un vrai bonheur, c'est souple sous le pied, je rebondie à chaque foulée, je vole! La route est très sinueuse et demande un peu de relance, je suis dans mon élément et j'aimerais ne plus quitter ce chemin, mais toutes les bonnes choses ont une fin...

Les Etoiles de Gimel

A la sortie de la tourbière je profite d'un virage sec pour surveiller mon concurrent direct. Vu la patate que j'avais sur cette portion j'espère bien l'avoir fait dégoupiller! Verdict: que nenni, il ne veut rien lâcher le bougre! J'ai dû lui prendre 15m au cours du dernier kilomètre, autant dire que tout reste à faire... La prochaine montée se rapproche dangereusement et je ne parviens pas à le décoller, j'espère juste que mon rythme est trop soutenu pour lui et que je suis en train de saper ses réserves.

J'avale rapidement la portion de bitume qui suit et bifurque à droite quand des bénévoles m'indiquent le ravito. Je n'ai pas beaucoup bu depuis le début de course et le menu a l'air sympatique, les bénévoles ont l'air avenants mais j'ai un coureur en bleu à mes basques. Tant pis, ma gourmandise patientera, je choisis la stratégie à un seul arrêt aux stands en espérant que lui s'arrêtera, cela me fera un tapis confortable. Je me retourne et pousse un juron dans ma barbe, il ne veut toujours pas me laisser prendre la tangente en sautant ravitaillement également...

Je sens qu'il va falloir régler ça à l'ancienne... Nous voilà dans une jolie descente, le soleil a commencé à se coucher et la visibilité n'est pas fantastique. Me sentant à mon aise dans les descentes ce soir je sens que c'est le moment de mettre les gaz. Celle-ci est assez roulante, parsemée de branches et de racines et demande un peu de concentration. J'ai une confiance totale dans mes pieds, j'accélère le rythme. Ça y est, les chevaux sont lâchés! Une longue ligne droite se profile, seul ennui: un arbre est couché au milieu du chemin. Un chemin a été balisé pour contourner plus ou moins, je saute par dessus le tronc mais la réception n'est pas idéale et ma cheville fait un mouvement pas franchement naturel. Petite douleur mais rien de bien méchant, elle n'a pas vrillé. Rassuré je reprends ma descente de plus belle. Un petit virage en épingle bien négocié puis une relance, un nouveau virage moins raide, j'en profite pour jeter un œil dans mon dos: ça y est, mon attaque commence à faire des dégâts, ce n'est pas encore le trou espéré mais un petit fossé nous sépare désormais. Il me reste encore une bonne portion à descendre, c'est l'heure d'enfoncer le clou!

La fin de la descente passe comme une lettre à la poste, un régal. Maintenant il est temps d'attaquer la dernière grosse montée, le parcours devrait devenir roulant une fois l'obstacle franchi. La côte attaque d'entrée avec quelques lacets dans l'herbe. Je n'aperçoit personne devant, je grimpe en petites foulées histoire de ne pas perdre mon bon rythme. Ce n'est qu'après le troisième lacet alors que le chemin part sous le couvert des arbres que j'aperçoit un tshirt bleu sortir de la forêt. Je pense avoir une petite minute d'avance. Pas énorme mais largement suffisant. Sauf pépin je devrais basculer en tête, ensuite les jambes finiront le job dans la descente. Le moral est bon, je vais trottiner autant que possible dans cette grimpette.

Je débouche à présent dans un petit hameaux que je traverse rapidement avant de repartir dans la montée. On dirait qu'ils ont pensé à moi! Me voilà sur ce qui s'apparente à un single: à droite des herbes hautes, à gauche des orties, et au milieu... un ruisseau! J'essaie de privilégier les herbes mais celles-ci sont spongieuses et je m'enfonce pas mal sans trop voir mes pieds. Bon, j'ai les pieds trempés (elle est fraîche!) au point ou j'en suis... Floc, floc, floc me voilà dans le ruisseau, l'eau gicle, j'ai de la boue plein les mollets, que du bonheur! J'alterne un peu course et marche dans les portions trop glissantes. J'en profite pour surveiller derrière: rien à l'horizon mon capitaine!

Je sors enfin du ruisseau et tombe sur deux bénévoles:

"Ahah, il était rigolo votre petit chemin!"

Ces messieurs m'encouragent et m'annoncent qu'il reste 14,5Km, au moins c'est précis! Si mes comptes sont bons cela devrait nous porter à 32Km. Pas de souci, même si la fatigue se fait ressentir les jambes sont là et je sais que j'ai largement l'endurance pour aller au bout sans difficulté. Je repars dans la montée par un chemin bien sec cette fois. La luminosité commence à décroître, je vois encore clair mais je ne sais pas combien de temps cela va durer. Je sors ma frontale et l'enfile rapidement sans l'allumer, je vais rester furtif encore un peu pour profiter de la pleine lune mais j'aime mieux l'avoir sur la tête en prévision de la prochaine descente et d'un allumage d'urgence...

A peine ma lampe réglée je débouche en haut du chemin, deux ados m'attendent pour m'encourager. Ils m'annoncent que je 4ème, j'étais déjà au courant mais c'est agréable de se l'entendre confirmer. En passant je repère un vélo, la tentation est grande... Un dernier faux plat et c'est la bascule. Une brève descente qui rejoint une route avant de repartir dans les bois par un chemin bien caché. Me voilà sur un tronçon plat à présent et je reprends de nouveau la dernière féminine du 22 que j'encourage à nouveau.

Je suis serein, je sais que la 3ème place est loin et que la 4ème est assurée, je n'ai qu'à garder mon rythme en veillant à m'hydrater régulièrement. Me voilà à présent dans une petite descente, je repère une mare de boue un peu plus loin et je cherche comment l'éviter: au milieu il semblerait que la terre soit plus solide, je pose le pied à cet endroit précis: loupé! Je m'enfonce de 10cm et ma chaussure reste collée. L'élan m'emporte et m'oblige à poser le pied dans la boue, youpi! Tant pis, il n'y a pas mort d'homme, je remets rapidement la chaussure afin de ne pas perdre une seconde supplémentaire et je repars dans la descente. Tiens, je ne vois plus de balises... Ayant déjà traversé des passages sans la moindre indication pendant un moment je décide de continuer, ce serait bête de rebrousser chemin pour rien... Les arbres défilent et toujours rien... Petit coup de stress, je le sens vraiment mal! Me voilà en bas, je débouche sur une fourche: aucune balise, m****! Grand moment de solitude, une semaine après la nuit de la saint Jean voilà que je remets ça, je suis à mi-chemin entre le fou-rire (un peu jaune) et la crise de nerfs. Faute de pouvoir prendre une décision j'opte pour un arrêt au stands: je bois un coup et rebrousse chemin, dépité. L'envie de courir m'a quitté, ma quatrième place est enterrée, le top 10 me semble hors de portée, je remonte en prenant mon temps... J'arrive à ma mare de boue, le sentier bifurquait 10m plus tôt, quel abruti je fais...

Me revoilà en piste, je repars sans trop savoir quelle allure emprunter: terminer cool ou lâcher les chevaux pour essayer de réparer les pots cassés? J'ai dû perdre 7 ou 8 minutes, une éternité... Je ne récupérerais jamais la 4ème place mais je décide de tenter le coup, je doit encore pouvoir accrocher une 5ème ou 6ème place... Je repère une frontale un peu plus haut, un peu de motivation voilà ce qu'il me fallait: les jambes se remettent à fonctionner normalement et je le remonte rapidement. J'arrive à sa hauteur alors que nous arrivons au ravitaillement. Je me dépêche de descendre un godet de jus d'orange et repars devant. Une vraie formule 1, obligé de dépasser par les stands... En attendant j'aurais bien prolongé un peu la pause: j'ai aperçu du fromage, du saucisson et autres réjouissances, dommage, j'aurais dû prendre l'option randonnée...

Aller c'est reparti, il n'y a plus que de la descente désormais. Le coureur fraîchement doublé repars juste derrière moi, il n'a pas l'air de vouloir me laisser filer si facilement. Le chemin est assez caillouteux et il fait nuit noire, je suis obligé de me concentrer sur mes pieds alors que la pente s'accentue. C'est assez technique, je ne regarde pas trop ce qu'il se passe autour, d'autant plus que des sortes de rigoles assez larges et profondes traverses le parcours. Je multiplie les petit pas pour passer entre les obstacles en ajoutant des petits bonds devant les rigoles pour le pas me tordre une cheville. Malgré la technicité j'ai la sensation de faire une bonne descente, je reprends encore deux coureurs qui ne parviennent pas à s'accrocher, ils ne vont pas très vite, je suppose qu'ils sont sur le 22.

Voilà la fin de cette descente, je reste dans les bois sur un single, sans regarder ma montre j'estime qu'il me reste 6 à 8Km. J'ai hâte d'arriver, le sucre commence à manquer et la patate s'est envolée: je n'ai rien mangé depuis le départ et les biscuits de 17h sont loin... Un arbre est encore au milieu du chemin, et j'aperçois un coureur en train de le contourner. Encore un qui va se faire croquer! Ce n'est pas la chevauchée fantastique mais j'effectue une jolie remontée. Un groupe de bénévoles attends au bout de la ligne droite pour nous indiquer de prendre à gauche. En passant ils me disent qu'il ne reste plus que 3Km. Je suis assez surpris mais ne crache pas sur la bonne nouvelle!

Un dernier tronçon dans les bois et je sors dans un nouveau hameau, je cherche le balisage et manque de me faire tromper par les spots lumineux disposés dans un jardin.Ils semblent indiquer de prendre à gauche quand il faudrait poursuivre tout droit... Me voilà à l'abord d'une petite descente, je regarde derrière moi si je suis suivi: j'ai facilement 300m d'avance sur le dernier coureur dépassé. Aucun risque!

L'arrivée se profile, encore un petit effort et je pourrais couper le moteur. Je quitte la route et retrouve un petit chemin qui descend tranquillement, il y a pas mal d'orties et quelques genêts sont au bord du chemin, j'ai l'impression de retrouver le début du parcours. Je coupe une route et entame une descente vers un ruisseau, je repère une balise et tire droit devant. Mauvaise idée, je quitte le chemin et passe dans les herbes hautes, je manque glisser sur une pierre et finis par passer sous le rubalise entrevu précédemment. Je traverse le ruisseau en passant par un petit pont en bois légèrement humide, je passe prudemment, autant éviter de se faire mal maintenant...

Encore une petite montée, les cuisses refusent toujours de produire le moindre effort et me forcent à grimper tranquillement. Une fois en haut je suis surpris d’apercevoir le clocher de St Régis à portée de tir! Il ne reste qu'une petite descente en bitume avant d'arriver au village et pas mal de frontales caracolent devant moi. Je lâche définitivement les chevaux et dépasse des coureurs du 22. Il ne reste plus que la longue traversée de la banlieue puis du centre ville de St Régis, au moins 250m, avant de piquer sur la ligne d'arrivée. Ouf!

Un petit arrêt le temps de retirer mon dossard et je file boire un coup avant d'aller retrouver les autres. Vincent ne tarde pas à arriver alors que nous sommes en train d'échanger nos impressions. Romain a l'air de s'être éclaté, de mon côté je suis assez remonté contre moi-même bien que le parcours m'aie beaucoup plu. Vincent a également l'air d'avoir apprécié la promenade, il doit être sur le podium vétéran. Nous filons à la voiture passer des vêtements chauds puis nous allons manger. Le menu est copieux: saucisson lyonnais, salami, poulet basquaise et gratin de pomme de terre ou lasagnes, soupe, fromage, fruit et chips de noix de coco. Heureusement que j'ai couru le 32Km, j'aurais risqué de repartir avec des kilos en trop autrement!

Nous voilà à minuit passée, le ventre bien plein, il est grand temps de rentrer à Lyon pour une bonne nuit de sommeil!

Au final je me classe 5ème, c'est assez bien mais très frustrant, j'ai perdu 6 minutes 30 à cause de mon détour dans les bois. Après analyse des résultats, sans ce détour j'aurais pu aller me bagarrer pour la troisième place. Je termine en 2h45'11, à 5'20 du podium, c'est rageant... Comme m'a dit Juliana, la caisse on y prend goût! Au moins ça me servira de leçon, la prochaine fois je regarderais mieux autour de moi.

Le bilan de cette course est assez mitigé, j'ai alterné le bon et le moins bon. D'un côté les jambes étaient dans une grande forme sur les portions roulantes et les descentes passaient comme du petit lait, l'endurance était elle aussi au rendez-vous, de l'autre je peinais dans les montées du fait du cardio qui montait haut dans les tours et ma gestion de l'alimentation a laissé à désirer. Avec un peu de repos et une dernière sortie en montagne le problème devrait rapidement être résolu.

Prochaine et dernière étape de ma préparation UTTJiste, le cross du Mont-Blanc samedi prochain!

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