Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marathon des entreprises - Viriat

Publié 9 Juin 2013 par Tom in route, relai

Marathon des entreprises - Viriat

Après le stage cévenol les jambes sont lourdes: 145Km et pas mal de dénivelé en 4 jours ce n'est pas anodin... Après un petit footing cool jeudi soir pour contrôler que tout allait bien voici venue l'heure de remettre du rythme: un marathon relais avec une équipe de mobylettes, autant dire qu'il va falloir être en forme pour ne pas faire tâche...

Petit rappel du concept: l'équipe est composée de 6 relayeurs qui courent chacun 6Km avant de terminer par une dernière boucle en équipe. Le concept est génial, très amusant et motivant. Résultat, la mayonnaise monte et tout le monde se met dans le dur...

Je garde un souvenir assez rude de l'année dernière à chalon: l'effort est violent, les muscles deviennent durs rapidement, le souffle est cour et pourtant il faut tenir l'allure, c'est très dur moralement...

Après un gros coup de pompe mercredi et jeudi, l'énergie a commencé de revenir vendredi. On ne peut pas dire que samedi matin la forme olympique soit là, mais au moins je me sens capable de courir. En revanche aucune sensation de vitesse, j'espère que ça va passer...

Nous voilà sur place, les maillots du club sont déjà bien présents, ca sent le pique-nique... L'envie de courir n'est pas franchement là. Il fait beau et chaud, j'aurais bien envie d'une petite bière allongé dans l'herbe!

On verra plus tard, d'abord il faut courir, les cinq autres givrés comptent sur moi! Le mot d'ordre de notre équipe cette année: faire péter la tenue vintage des années 80! Déjà que le maillot actuel du club n'est pas franchement glamour, cette fois on n'a vraiment pas l'air con! Pour sauver la face il va falloir courir vite et montrer les muscles...

Le départ étant donné à 14h30 et étant 5ème relayeur (gloups, pas beaucoup de temps pour respirer...), je devrais décoller entre 15h50 et 16h00. Sachant qu'il est déjà 13h, il est grand temps de manger! Je me suis concocté une salade de pâtes afin de ne pas manquer d'énergie, sur le coup la dose m'a semblé raisonnable, après ingestion j'ai une brique sur l'estomac...

Marathon des entreprises - Viriat

Les autres veulent aller faire un tour de chauffe, c'est un peu tôt mais je vais suivre calmement, ça ne fera pas de mal. Même à 8Km/h je sens que c'est dur, la chaleur combinée à la fatigue me donnent l'impression d'être à plat, de n'avoir aucune vitesse. Je ne le sens définitivement pas... J'espère que les pâtes vont ramener un peu de jus d'ici 16h, pour le moment je les sens surtout faire des aller-retour...

L'heure tourne et le départ approche, c'est l'heure de l'échauffement avec 10 minutes d'aérobic. Pas mal de filles se prêtent au jeu, les mecs restent à l'écart. Cette fois c'est bon, le moment du départ a sonné. Tandis que tout le monde se place prêt de la ligne de départ pour encourager les coureurs je trottine 600m pour les voir passer et surtout encourager José ainsi que les autres coureurs du club.

Après quelques minutes les voilà que arrivent comme des balles, un coureur s'est déjà légèrement détaché, José et Seb ne sont pas loin derrière. Je décide d'aller repérer un peu le terrain, on m'a parlé d'une côte au milieu du parcours, j'aimerais bien voir ca de plus prêt. Je me cale avec la queue de peloton à une toute petite allure. Je vois certains coureurs en souffrance après à peine un kilomètre, j'ai mal pour eux!

Le parcours a l'air super plat, le départ et l'arrivée s'effectuent sur une portion commune de 1,5Km. Il y a une petite douche branchée aux alentours du 1er kilomètre, donc je pourrais passer dessous à l'aller comme au retour, chouette! Un peu plus loin je finis par tomber sur Romain et Laurent qui sont allés repérer la bosse, apparemment rien de trop méchant. Je fais demi tour avec eux, j'aimerais bien voir l'arrivée de José. Nous en profitons pour discuter de stratégie de course.

Je vais me placer dans le sas de départ pour attendre José mais me fait refouler par un bénévole. Bon, c'est vrai que si tout le monde fait pareil ça va rapidement devenir le far west... Le premier relayeur arrive comme un missile: moins de 19 minutes malgré la bosse! Après ce temps canon l'arrivée de José nous paraît bien longue à venir... Un coureur passe, puis un autre et encore un autre... L'attente est longue! Finalement le voilà qui arrive en un peu plus de 22 minutes, il a l'air explosé. Si José ne sourie pas, je sens que ca va être compliqué! Seb arrive un tout petit peu derrière, il a carburé l'enfoiré!

Bon, au vu de ce premier relais le podium va être dur à aller chercher... J'ai regardé les résultats de 2012, les temps étaient canons et trois grosses équipes au moins sont présentes. D'après ce que ce premier relais à laisser entrevoir, elles ne sont pas les seules!

Au tour de Yann de s'envoler pendant que nous allons réceptionner José, il a l'air d'en avoir bavé... C'est pas fait pour me rassurer tout ça! En attendant je vais papoter avec tout le monde. C'est quand même top ce type de course, l'attente passe très bien, il y a toujours quelqu'un avec qui discuter ou quelqu'un a encourager. En attendant je vais voir Julien qui s'échauffe et fais quelques tours de terrain de foot en sa compagnie. La salade de pâtes ne se laisse pas facilement oublier...

Yann fini par arriver en 23 minutes environ, il est dans un état pas possible! Un bénévole lui propose même de rejoindre le poste de secours... Il faut dire que depuis son marathon de Paris, on n'est pas franchement sereins... Pendant ce temps là Julien est parti comme une fusée, mon tour approche à grand pas et les sensations ne veulent toujours pas venir...

Je continue de papoter, nous faisons le point sur la tête de course, deux équipes sont très largement devant, derrière la bagarre est encore possible mais il ne faut pas trop s'attendre à des miracles aujourd'hui...

Voilà que Julien est déjà de retour! Moins de 22 minutes le bougre! Même si le podium se fait la malle devant, j'ai la pression vis à vis des copains.... Tiens au fait, c'est pas le moment d'aller s'échauffer là? C'est parti pour les tours de terrain, pas vraiment passionnant mais bon... Il fait super chaud, les pâtes continuent leurs aller-retours, j'ai de moins en moins envie d'y aller! Je tente quelques accélérations, les jambes acceptent plus ou moins de répondre. Faute de plus de temps je vais me positionner dans le sas, on verra bien ce que ça donne...

Josselin fini par arriver et me tend la puce. Zut, plus le choix, faut y aller!

Je mets les jambes en route, j'ai l'impression d'être un tracteur... Au moins aujourd'hui je ne risque pas de partir en sur-régime! Je parviens tout de même à dépasser quelques coureurs qui ont déjà un tour de retard, voir même deux pour certains! Je fais coucou aux copains qui m'encouragent au passage et je file prendre la douche qui tarde à venir. Il est long ce kilomètre! J'espère que les cinq autres seront plus court... Rien n'est moins sûr...

Nous y voilà, la douche tant espérée! Je passe dessous trop rapidement, je suis à peine humide sur la poitrine et il fait toujours aussi chaud... enfin c'est toujours çà de pris... Je passe le panneau du 1er kilomètre: 3'32, outch! Finalement je carbure sans m'en rendre compte, tant mieux! Maintenant faut que ça tienne... Je continue ma route, un bénévole m'encourage d'un "Aller Lyon!" qui me va droit au cœur. Ce premier kilomètre canon m'a remis en confiance, les pâtes sont bien sages au fond de mon estomac, tout va bien! Je n'envisage même pas de calmer le jeu, on verra bien comment ça se passe à la fin.

Je traverse la route et prend un virage, deux coureuses sont sur ma route et je suis obligé de passer dans l'herbe pour ne pas leur rentrer dedans. Je sens un peu de vent, j'espère qu'il ne va pas se mettre à souffler plus fort... Une nouvelle ligne droite suivie d'un second virage qui ressemble comme deux gouttes d'eau au premier, deuxième kilomètre en 3'38. Un peu moins rapide, tant mieux. A présent la montée devrait se profiler, tout le monde m'en parle comme du Mont-Blanc, apparemment elle explose bien les jambes. Je suis prêt. Enfin, plutôt résigné...

J'arrive dans un lotissement, ca y est voilà la fameuse montée. Après m'en être fait toute une montagne je la sens à peine passer, je dépasse un coureur qui va bon train et attaque le plateau qui suit avec une belle foulée. Je me sens plus léger maintenant que je n'aie plus cette épine dans le pied. Je profite de la bonne ambiance qui règne par ici: les gens sont installés devant chez eux pour regarder les coureurs passer, un orchestre est en train de jouer, il fait beau, tout va bien! On me propose un verre d'eau mais je décline l'offre, pas de temps à perdre!

Vite, je fonce, je suis à la mi-course maintenant, ce troisième kilomètre était un peu plus lent du fait de la montée, à présent il va falloir s'accrocher pour ne pas baisser de régime. Je quitte un peu l'animation et aperçoit un coureur en face de moi: ça sent bon la petite boucle sur le plateau... Françoise est là, toute seule, à nous attendre. C'est vraiment hyper agréable de trouver un visage connu ici alors que les mollets commencent à chauffe et que le souffle commence à se raccourcir... Je lui fait un petit coucou et je file rattraper le coureur devant moi, il me semble que c'est un relayeur d'une équipe en tête de course, jackpot!

Je passe devant et c'est parti pour la descente; Celle-ci passe moins facilement que la montée, le rythme est plus élevé, le cœur monte rapidement dans les tours. Encore un peu plus de deux kilomètres à tenir... La sensation de moteur de tracteur du début d'après midi est définitivement envolée, j'ai l'impression que des ailes m'ont poussé. Bref, je souffre mais j'ai le sourire!

C'est reparti dans la ligne droite, je ne regarde plus ma montre afin de ne pas me faire peur. Mes jambes connaissent le rythme à tenir, je leur fait confiance pour tout donner. Je passe un virage et me vois déjà dans la ligne droite menant à la douche. Manque de bol, j'ai oublié un petit bout du parcours et je me prend un petit coup derrière les oreilles. La route est encore longue.... En passant le second carrefour je retrouve le bénévole qui m'a encouragé en début de parcours. il n'est toujours pas avare en encouragements, je lui fais un grand sourire (sans doute plein de bave) avant de m'atteler à mon dernier kilomètre et quelques brouettes.

Cette fois-ci je commence à agoniser, j'ai vraiment hâte d'en terminer. Une pensée me traverse l'esprit: dans 20 minutes il faut remettre ca! Horreur! Vite, je fais le vide dans ma tête, un problème à la fois... L'année dernière cette pensée m'avait miné et je n'ai pas l'impression d'avoir pu tout donner, je ne vais pas commettre deux fois cette erreur.

Je passe devant la douche mais il y a du monde sur la route, pas possible de passer dessous. Zut! J'entends des pas derrière moi: le relayeur dépassé sur le plateau qui me passe devant! Re-zut! Et il est suivi par un autre coureur, je crois que c'est celui dépassé dans la montée. Raaahhh! Impossible de remettre une mine pour les lâcher, je commence à baver, j'ai vraiment besoin de boire un coup. Tant pis, je vais essayer de leur coller au train dans un premier temps, on verra si à la fin j'ai les jambes pour accélérer...

Marathon des entreprises - Viriat

Je croise Yamina qui part pour son relai, j'essaie de l'encourager mais le souffle me manque. La dernière ligne droite se dessine, les visages connus commencent à apparaître, je suis ravi de les voir mais contrairement à des courses plus longues les jambes ne me reviennent pas miraculeusement. J'ai surtout l'impression de baver de plus en plus tandis que les deux relayeurs accélèrent. J'ai du mal à accrocher le wagon. Voilà le panneau 6Km, encore une dernière ligne droite qui n'en termine pas et je pourrais souffler. Je perd peu à peu du terrain, j'ai envie de ralentir mais je ne vais pas abandonner à 50m de la ligne... Aller un dernier effort et je tend le bracelet à Olivier. Je pense à l'encourager mais j'ai trop mal, j'ai besoin de retrouver mes poumons...

Les autres viennent me demander comment ça c'est passé, en gros j'en ai bavé, d'ailleurs il m'en reste un peu autour de la bouche... J'ai oublié de couper ma montre, Julien m'a chronométré: 22'04, pas mal! Je file avaler un ou deux quartiers d'orange et boire un verre d'eau, ouf ça va mieux! Cependant j'ai toujours chaud, en me promenant je tombe sur quelqu'un armé d'un tuyau d'arrosage, Alléluia! Je lui demande gentiment pour lui emprunter son tuyau et m'arrose copieusement la tête. Ca y est, je suis de nouveau en selle! J'ai presque hâte qu'Olivier en termine pour repartir.

Notre petite équipe file dans le sas de départ, l’œil rivé sur le chono. La première équipe passe, ils sont sur une allure impressionnante, ils ont dû nous mettre une dizaine de minutes, outch! Une seconde équipe passe, puis une troisième. Dans le sas je retrouve l'un des deux coureurs avec qui j'ai terminé mon relais, nous discutons un peu et nous souhaitons une bonne fin de course (mais pas trop quand même!) Finalement son équipe part devant la notre, nous voilà en cinquième place, pas mal! Maintenant plus qu'à tenir en espérant que personne ne coince.

Olivier arrive dans un bon état, il n'a pas dû s'exploser les cuisses, pourtant il est en moins de 22 minutes le saligaud... C'est reparti pour un tour, mes jambes répondent bien, le rythme n'est pas trop élevé pour le moment. En 20 minutes le corps n'a pas eu trop le temps de se refroidir et les jambes redémarrent bien. Je me cale à l'arrière du groupe pour contrôler que tout le monde va bien, il ne s'agirait pas d'en perdre un en route...

Une équipe est devant nous, il semble possible d'aller les chercher, une autre est juste derrière nous, il va falloir surveiller! Après un rapide état des troupes nous préférons ne pas tenter l'exploit pour jouer la sécurité en assurant la 5ème place. Yann risque d'être un peu juste, il va falloir le ménager.

Premier passage sous la douche, tout le monde y passe sans hésiter. Le groupe de devant s'éloigne, c'est cuit pour la 4ème place. Maintenant reste à résister... Tout se passe bien jusqu'à l'abord de la montée, José a légèrement accéléré mais nous l'avons fait rentrer dans le droit chemin. Rémy nous attend dans la côte avec son appareil photo, nous faisons les beaux (du moins ceux qui le peuvent encore). Pour ma part la bosse s'avale à nouveau toute seule, je me sens vraiment bien, loin du sur-régime du premier tour. J'en profite pour plaisanter et surveiller que tout le monde va bien. Yann commence à souffrir, j'espère qu'il va tenir le choc...

Marathon des entreprises - Viriat
Marathon des entreprises - Viriat

La traversée du plateau passe assez vite, Françoise nous encourage à nouveau, cette fois je peux lui faire un coucou un peu plus franc. Elle nous crie que nous somment suivis de prêt par une équipe, petit coup de stress! Un coup d'oeil par dessus l'épaule m'indique qu'il ne faut pas s'alarmer, le trou se creuse peu à peu depuis le départ, sauf gros coup de moins bien de l'un d'entre nous cela devrait aller au bout!

Nous passons le virage qui va nous emmener dans la descente, Yann commence à avoir chaud à l'approche du ravito. Pendant que Josselin lui apporte un gobelet j'en attrape deux autres que je lui renverse sur la tête. Il semble apprécier le geste. Ouf, sinon il risquait de me faire une béquille!

Je suis bien embêté avec mes gobelets maintenant, le ravito est passé depuis belle lurette et il n'y a plus de poubelles... Tant pis, je vais les trimbaler jusqu'à en trouver une... Finalement je trouverais mon bonheur après la descente. Un arrêt de 5s pour me délester et je recolle au train du groupe. Encore 2Km à tirer, mes jambes vont bien mais les traits de certains commencent à se tirer, vu les loustics je ne pense pas qu'ils coincent mais bon... José est devant avec Olivier, ils ont l'air d'avoir des jambes tandis que Josselin et Yann sont proches de décrocher.

Passage devant la douche, un groupe arrive en face, zut! Je me mets un peu devant afin de ménager un passage à Yann, ça ne pourra pas lui faire de mal... Plus qu'un kilomètre, je me retourne; cette fois le trou est fait, on va pouvoir profiter de la fin de course! Le rythme a bien changé depuis le départ, j'ai l'impression que nous avons couru en accélération constante. L'allure me convient parfaitement à présent. Nous commençons à croiser les copains, l'arrivée est proche! Il ne reste plus qu'une petite ligne droite avant de couper brièvement dans l'herbe et d'aborder les derniers mètres sereinement pour la photo finale.

Et voilà, les AAAliens sont 5èmes, nous aurons le droit de monter sur la dernière marche du podium! Françoise qui comptait sur nous va être contente, objectif rempli!

Marathon des entreprises - Viriat
Commenter cet article