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Nuit de la St Jean

Publié 16 Juin 2013 par Tom in Trail

Nuit de la St Jean

Après le stage cévenol de début de mois et le marathon relais de Viriat (Oh, j’ai pas encore écrit de compte rendu !) le week-end dernier, je comptais participer à la nuit de la St Jean en relais avec Christophe, manque de bol ce dernier s’est fait mal et me voilà tout seul… Après un coup de fil à l’organisation me voilà engagé sur le solo, paré pour une sortie longue de 42Km et 600m de dénivelé environ.

L’objectif initial est de manger des kilomètres en vue de l’UTTJ qui se rapproche de plus en plus vite, moins d’un mois restant pour être fin prêt. Evidement je me donne bonne conscience : je compte courir sur une allure cool, et si ça coince tant pis ! Bon évidement, le dossard sur le dos ce n’est plus le même discours… D’autant plus que j’ai jeté un œil aux résultats de l’année dernière et il y a moyen de faire sauter la banque : si je rentre sous la barre des 3h30 je peux terminer dans le top 10. Enfin, vu la forme du moment ça m’a l’air ambitieux…

Justement, la forme parlons-en ! En deux mots, je suis à plat ! Après les 145Km de stage j’ai comme qui dirait oublié de couper et 10 jours plus tard me voilà à 258Km et 8400m de dénivelé en 15 jours, bref l’entrainement de mardi n’était pas brillant, mais j’ai commencé à retrouver du jus jeudi. Avec une petite journée de récup vendredi j’ai bon espoir que mes jambes acceptent de me porter tout le trajet… Manque de bol une soirée barbecue est passée par là la veille et la diététique de l’effort n’a pas été optimale : une Despe, deux verres de punch et deux verres de vin, 5 saucisses, 2 tranches de poitrine fumée, chips, taboulé, camembert et deux portions king size de tiramissu. Autant dire que samedi matin le réveil est douloureux et ne laisse rien présager de bon…

Le jour de la course je suis un peu plus sérieux, je saute le petit dej’, on peut dire que j’ai des réserves… La traditionnelle tournée de pâtes d’avant course est la bienvenue à midi, en revanche le départ étant donné à 20h je décide d’éviter le repas 1h avant la course et opte pour un gros paquet de granolas à 17h, j’espère ne pas avoir de coup de pompe en route, il faudra que je pense à bien m’alimenter…

Finalement nous y voilà : 17h30 au parc de la tête d’or pour retrouver Anne, Aymeline, Cécile et Romain. Les filles font le relais, Romain accompagneras Aymeline sur la seconde partie. En voiture Simone ! Le voyage passe rapidement dans la bonne humeur, je fais un peu peur à Anne malgré moi en lui parlant de boue et de la traversée du Garon qui j’espère n’est pas au programme, mais rien n’est moins sûr…

Nous arrivons sur place, il n’y a pas encore foule… Plus qu’à récupérer nos dossards et nos lots et tout sera bon ! On peut dire qu’on est gâtés : des manchons et un bidon pour les solos, des manchons et un buff ou un cache oreilles au choix pour les relayeurs. Sans oublier la spécialité locale…

Nuit de la St Jean

C’est l’heure de choisir la tenue du jour, j’opte pour un short et un tshirt à manches courtes, je mets une paire de chaussettes courte (j’ai envie de voir la différence avec et sans manchons), mon buff, et ma paire de single track fétiches. Le parcours est à l’image de la SaintéLyon : 60% de chemins et 40% de bitume, l’amorti n’étant pas folichon j’espère que les genoux ne s’en feront pas trop sentir…

Nous retrouvons Delphine qui doit courir en solo, elle hésitait à venir mais finalement la voilà ! Nous allons nous installer dans l’herbe pour manger un bout (sauf moi, j’ai mes granolas au fond de l’estomac !), et je profite de ce temps pour bricoler mon chasuble. Comme il fait encore très chaud j’ai peur qu’une couche supplémentaire ne soit de trop et je décide de m’inspirer de la bonne idée d’un coureur de l’année passée dont j’avais lu le compte rendu vendredi : je découpe la chasuble de manière à ne garder que mon numéro et les bandes réfléchissantes. Quatre épingles à nourrice devant, quatre derrière et le tour est joué, mes voilà en mode grunge, le Kurt Cobain des monts du lyonnais !

Nuit de la St Jean

Une dernière petite photo de groupe, quelques derniers réglages, une rencontre fortuite très sympa avec Yann et voilà l’heure de rejoindre la ligne de départ !

Nuit de la St Jean

On sent qu’on est sur une petite course, le placement est complètement à l’arrache, pas de sas, on part du milieu du chemin d’accès au gymnase. Ca sent la petite course à l’ambiance ultra conviviale, on va bien s’amuser ! Je laisse les filles se placer et pars trottiner quelques minutes, non pas que j’ai très envie de m’échauffer mais ma vessie me joue des tours, j’aimerais bien trouver un petit coin tranquille pour une petite vidange d’urgence. Je ne sais pas si c’est le litre de thé de midi qui me transforme en tireuse à bière ambulante ou si c’est le stress d’avant la course… Il faut dire qu’avec cette histoire de top 10 je me suis mis tout seul la pression comme un benêt, je sens d’avance la grosse déception…

Un peu plus léger, je file me placer sur la ligne. Je me glisse tout devant histoire de ne pas être gêné. J’aperçois Fabien Antolinos en train de papoter, au moins on sait qui va l’emporter ce soir ! Le speaker fait son briefing d’avant course, une fois de plus je n’entends rien du tout, peu importe, je connais le principe : on suit les balises et on ne jette rien en route. Tout d’un coup j’entends un coup de clairon. Ah c’est ça le signal du départ ?

Relais 1 : Brignais - Vourles (12 Km / 150 D+)

Comme dirait un certain espagnol: c'est roulant! Hormis le petit mur au 5ème pour vérifier qu'on est bien réveillés, les jambes devraient pouvoir dérouler. Attention au sur-régime!

Comme dirait un certain espagnol: c'est roulant! Hormis le petit mur au 5ème pour vérifier qu'on est bien réveillés, les jambes devraient pouvoir dérouler. Attention au sur-régime!

Bon, ca y est le coup de pétard clairon a retenti, en route! Je suis devant la ligne mais mon manque de réaction me voit me faire dépasser par les coureurs et coureuses qui m'entourent, un petit groupe d'une dizaine de solos et d'une autre dizaine de relayeurs se dessine un peu devant moi, Antolinos en tête. Déjà...

Pendant ce temps un petit groupe s'est refermé autour de moi, je suis encadré par quelques solos dont une féminine qui m'a l'air costaud. Elle parle de tenir du 12Km/h je ne saisi pas si elle parle de moyenne sur la course ou de sa vitesse au départ, si c'est cette option c'est raté: nous sommes déjà à 14Km/h... C'est un peu plus rapide que ce que je souhaitais mais autant accrocher le bon wagon tout de suite pour laisser la tête de course filer un peu sans les laisser se carapater pour autant. J'adapterais mon rythme ensuite si besoin.

Le départ est en très léger faux plat montant, rien de bien méchant mais mes jambes froides n'apprécient pas bien. Malgré le côté petite course locale il y a pas mal de monde dans les rues, l'ambiance est très chaleureuse, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles: on va s'éclater cette nuit!

Premier constat: il fait drôlement chaud! Je transpire à grosses gouttes, l'hydratation aura une part importante sur cette course... Mon kamelbak n'arrange rien à l'affaire, il me tien bien chaud au dos et les 1,5L d'eau embarqués me fond l'effet d'une brique. Je regrette un peu de ne pas avoir opté pour la solution de légèreté avec la ceinture porte bidons, mais 400cL d'eau entre les relais c'est un peu léger...

Une fois de plus j'ai décidé d'adapter ma sempiternelle technique du bip toutes les 4 minutes à la montre pour me rappeler l'heure de l'apéro. Premier bip, première gorgée, un petit coup d’œil au GPS: 1,02Km, 4'17. Ca part vite, on verra bien comment ça évolue mais je ne suis pas certain que tout le monde tienne cette allure bien longtemps, moi le premier...

Alors que nous arrivons au second kilomètre il semblerait que la moitié du village nous attend au détour d'un virage, nous passons sous les acclamations de la foule, j'ai vraiment l'impression d'être une star! J'ai rarement eu autant d'applaudissement d'un coup, même sur des courses plus populaires, ça fait chaud au cœur ! Je grave l'image dans un petit coin de ma tête pour plus loin sur le parcours...

Nous commençons à quitter le village, nous passons un peu dans l'herbe le long du ruisseau avant de prendre un virage en épingle à cheveux après quelques marches d'escaliers. Le sol a l'air sec, c'est rassurant pour la suite, j'aimerais bien passer au travers de la boue pour une fois. Sur les Allobroges j'ai eu mon cota pour les 10 prochaines années...

Je me retrouve à présent dans un petit groupe de solos, deux coureurs sont devant moi, un autre s'accroche derrière mais nous le semons rapidement. Le rythme n'est pas tout à fait à mon goût et je décide de prendre la tête pour plus de régularité. Un petit trou s'est créé à présent entre la tête de course et nous. A présent c'est à la fraîcheur que cela va se jouer. Qui veut aller loin ménage sa monture... Je me sens bien pour une gestion de course à la SaintéLyon: trouver une allure "économique" et lâcher les chevaux quand le parcours devient roulant, en l’occurrence après le 28ème kilomètre ou il ne reste que de la descente (semble-t-il du moins).

Nous arrivons à présent dans les sentiers après 4Km, pas trop tôt! Je sens que la part de bitume va me laisser des séquelles dans les genoux ce soir, l'amorti de mes single-track ne vaux définitivement pas celui d'une bonne paire de running. Je regarde autour de moi et les chaussures de trail sont rares, j'espère ne pas avoir fait le mauvais choix...

Je vois un panneau indiquant de tourner à droite mais je décide de continuer tout droit, je ne sais pas quelle mouche me pique mais je suis persuadé que le chemin bifurque 5m plus loin. Mes deux collègues du moment me rappellent à l'ordre, je me retrouve juste derrière eux à l'attaque de la première montée. Je lâche une petite blague pour sauver la face, "J'avais pas trop envie de monter!". Voilà comment tromper l'ennemi... L'impression que le profil m'avait laissé était la bonne: voilà un mur d'entrée de jeu!

Je lâche un "On ne va pas s’énerver!" pour signaler qu'il serait peut-être plus judicieux de marcher dans cette section, la route est encore longue et je n'ai pas envie de préparer le terrain aux crampes, j'aimerais pouvoir finir en envoyant un peu... L'un des deux coureurs décide de suivre mon exemple et marche, l'autre continue en petite foulée. J'aperçoit un groupe de coureurs quelques mètres devant moi, je dépasses mon collègue marcheur et commence à faire la jonction avec ce petit monde avant d'attaquer une portion plus roulante de courte durée au petit trot pour finalement reprendre ma marche dans le dernier tronçon. Hop, me voilà en haut, tout seul! J'ai déposé le marcheur et je ne suis pas loin de recoller avec les autres.

Je profite d'un tronçon de bitume pour laisser parler les jambes et recoller avant de dépasser le groupe. Que des relayeurs, zut! Mon ami grimpeur coureur au maillot orange est juste devant, je le dépasse tandis qu'il prend le train au vol ainsi que quelques relayeurs, me voilà en mode locomotive!

Nous voilà au premier ravitaillement, je m'arrête boire un coup et laisse filer ce petit monde avant de repartir rapidement. 6Km de fait déjà, les sensations sont extrêmement bonnes, j'espère juste que la fatigue ne me rattrapera pas trop rapidement... Voilà une petite descente en single qui va me permettre de recoller. Zut, un mec s'est intercalé entre le groupe et moi. Je repense à l'image vue sur un blog de trailer la semaine dernière "Quand un V3 se place juste devant moi sur une single track" qui m'avait bien fait poiler (plus pour le concept que pour l'image), comme quoi ça n'arrive pas qu'aux autres... Je prends mon mal en patience et en profite pour souffler un peu. J'en profite pour remarquer que l'organisation a taillé les branches autour du chemin, vraiment un grand bravo à eux, l'attention me va droit au cœur!

Nous voilà à présent derrière une relayeuse qui s'arrête pour nous laisser passer, elle a l'air d'avoir quelque chose dans la chaussure. Nous débouchons dans un peu d'herbe et le chemin s'élargit: je saute sur l'occasion pour dépasser "papy" et filer reprendre mon petit groupe quelques centaines de mètres plus loin.

Je dépasses encore quelques coureurs et je commence à songer à l'arrivée de ce premier relais, j'ai hâte de retrouver les autres, ça me fera du bien de voir quelques têtes connues et de pavoiser un peu tant que je suis frais... Il semblerait qu'à vol d'oiseau Brignais - Vourles fasse 4Km, on nous a bien roulés! En même temps si je cherchais le chemin le plus rapide pour rallier l'arrivée il fallait juste rester sur la ligne de départ... Un de ces jours j'aurais la présence d'esprit de trouver un buisson à 200m de la ligne d'arrivée!

Nous voilà dans un petit village, les bénévoles nous indiquent le chemin et nous encouragent chaleureusement, que c'est bon! J'essaie de remercier tout ce petit monde à chaque fois que je les voit, dur dur d'être bénévole et de rester planté comme un piquet pendant des heures... Un solo et un relayeur un peu plus loin sont une centaine de mètres devant moi à l'attaque d'une petite bosse qu'ils grimpent au petit trot, me voilà obligé de suivre l'exemple! Je veille à bien dérouler mon pied et à ne pas courir sur la pointe. Les crampes sont bien ancrées dans un coin de ma tête et je suis bien décidé à les éviter cette nuit...

En haut de la bosse le solo s'arrête boire un coup. Mauvaise gestion me dis-je, à sa place j'aurais marché dans la montée pour boire et relancé sur le plat... Enfin, cela me permet de grappiller quelques mètres! Le voilà qui rejoint le relayeur et qui lui paye un godet sur sa gourde! C'est le monde à l'envers, le solo qui réhydrate le relayeur, on aura tout vu! De mon côté j'ai toujours très chaud même si la transpiration s'est un peu régulé. Je commence à réfléchir à abandonner mon kamelbak au second ravito pour m'alléger...

Une dernière petite descente avant de traverser le parking du stade et de prendre un petit chemin pendant 100m avant de rejoindre le ravito. J'aperçoit Anne, Aymeline et Romain qui sont là pour m’encourager, je fais un petit sourire pour la caméra et file au ravito manger deux carrés de chocolat et boire un verre. Ne voulant pas traîner l'opération vire plutôt à garder les carrés dans ma bouche pendant que je descente le gobelet en flèche avant de repartir en mâchant mon chocolat à l'eau, tant pis pour l'instant gastronomique...

Je ne sais pas bien par où repartir, du chocolat plein la bouche je fais signe de mon incompréhension. On m'indique qu'on repart en sens inverse. C'est malin de nous faire faire des mètres supplémentaires! Un dernier petit coucou aux copains et en avant pour le second relais!

Nuit de la St Jean

Relais 2: Vourles - Taluyers (11 Km / 300D+)

Ce second relais présente un profil assez semblable au premier: une petite portion roulante puis une montée un peu moins raide mais plus longue cette fois avant de redescendre pour finalement attaquer un long faux plat montant qui durera jusqu'au 28ème. Bref, il va falloir jouer ce tronçon à l'économie pour pouvoir apprécier le dernier relais.

Ce second relais présente un profil assez semblable au premier: une petite portion roulante puis une montée un peu moins raide mais plus longue cette fois avant de redescendre pour finalement attaquer un long faux plat montant qui durera jusqu'au 28ème. Bref, il va falloir jouer ce tronçon à l'économie pour pouvoir apprécier le dernier relais.

Nous repartons par la route sur une section en plein soleil pas forcément des plus rigolotes, au moins ça me permet de laisser les jambes rouler sans trop me poser de questions. J'ai le solo de tout à l'heure en ligne de mire, des enfants me disent que je suis 7ème, chouette! Je repense une fois de plus au compte rendu de l'autre jour et je me vois dans le même cas: je suis dans le top 10, loupé pour la sortie cool, va falloir jouer la carte à fond!

Voilà que mon lièvre s'arrête pour une pause technique, je lui fais un petit coucou tandis qu'il se dirige sur le bas côté et serre le poing un peu plus loin: 6ème! Je continue mon chemin, plus motivé que jamais avant de bifurquer à nouveau dans les petits chemins. Le soleil est en train de se coucher tandis que je passe à côté d'un pré avec un âne et ses deux petits ainsi qu'un grand canasson, l'image est magnifique, je me régale. De l'autre côté je longe un champ de figuiers avant de passer dans une ceriseraie qui me fait bien envie... Dommage qu'elles ne soient pas bien mures, j'aurais improvisé un ravito autrement!

Les virages se succèdent sur ce terrain roulant, un vrai plaisir! Personne devant, personne derrière, j'ai l'impression d'être à l'entrainement... Il n'y a que le rythme qui change, là je cavale tout de même pas mal, j'espère vraiment passer au travers du coup de pompe!

Après une petite descente rapide et fort agréable dans un single un peu herbeux où je manque de peu de me faire une cheville, je traverse une grande route, là un bénévole m'annonce que je suis 4ème solo. Je le regarde avec de grand yeux ébahis, j'en oublierais presque de courir! Je lui demande si c'est une blague, il semble bien sérieux! Olala, c'est plus qu’inespéré! Je le remercie vivement tandis qu'il m'encourage encore. C'est fois-ci plus d'excuse, il va falloir tout donner! Il me dit que la montée approche, je fonce droit dessus le couteau entre les dents!

Je fais brièvement le point dans ma tête: personne devant, ca va être costaud à aller chercher, personne derrière, j'opte pour la carte de la sécurité: gérer mes forces pour ne pas me faire remonter. Si tout se passe bien d'ici là on fera un nouveau point au 28ème à l'abord de la descente. Si les choses restent en l'état et s'il n'y a pas de cumul des récompenses je terminerais 1er sénior! Trop la se-cla!

Voilà que la montée débute, je suis remonté comme un coucou, j'avale les premiers mètres sur un gros rythme, la cession dans les Cévennes m'a donné une caisse fantastique! J'encaisse cette montée sans broncher, il commence à faire moins chaud, je prends mon pied! Le terrain commence à être plus technique et il faut maintenant sautiller de cailloux en cailloux en levant les genoux. Même si le corps répond à merveille, l’euphorie est là et me donne des ailes. Je préfère rester prudent, le cœur a l'air de taper un peu vite à mon goût, autant marcher un peu.

Je termine ces 200m d'ascension en alternant course et marche dans les portions pentues avant de lâcher les chevaux dans la descente en sous-bois, là je prends à nouveau mon pied: c'est ultra roulant, sans aucune difficulté technique et c'est joli comme tout, je carbure à 16Km/h tandis qu'un relayeur illuminé à la frontale me reprends. C'est vrai que sous le couvert des arbres on ne voit plus très bien. Je vais continuer un peu sans lumières, je vois encore assez clair et j'ai bien envie de rester furtif le plus longtemps possible: moins je serais vu, moins on cherchera à me dépasser...

Le sol devient un peu boueux et glissant, le relayeur devant moi ne me facilite pas la vie, je suis juste dans ses pas et je dois m'adapter très vite au terrain pour ne pas chuter. Je navigue entre la boue et le crottin de cheval à l'aide de sauts de cabris, c'est assez amusant et ça me permet de tester ma lucidité. La visibilité commence à devenir mauvaise, tant-pis, je sors la frontale... Je l'allumerais uniquement en cas de besoin et je n'activerais pas l'éclairage arrière. Le temps de déballer mon attirail nous voilà sortis des bois... Bon, maintenant qu'elle est là, autant la garder!

Ça y est, nous voilà en bas. Au détour d'un virage voici le ravito du 17ème, je réitère mon manège du chocolat et du verre d'eau, toujours aussi appétissant. Je rince tout ça avec un peu d'eau de ma réserve personnelle. Je regrette la boisson au citron vert de décathlon ou ma décoction miracle à base de thé et de sirop d'agave... J'ai pris un fond de pot de bio-drink citron-vert, c'est assez insipide, beurk...

Nous voilà à présent un petit trio composé de deux relayeurs et moi. C'est maintenant au tour du faux-plat qui doit durer 10 kilomètres pour nous emmener 300m plus haut, rien de bien méchant mais c'est là qu'il va bien falloir gérer l'effort. Je commence à envisager de lever un peu le pied, même si les résidus de tiramisu et les granola ont l'air de former un cocktail détonnant j'ai peur que le sucre vienne à manquer, les gros coups de bambou de la semaine dernière ne sont pas bien loin...

La montée débute tranquillement, les jambes sont toujours bien et notre petit groupe va bien, c'est régulier, chacun semble à son allure. Le parcours est à présent assez boisé et la boue n'est pas rare. Alors que les relayeurs semblent désireux de ne pas salir leurs chaussures je ne fais pas ma mijaurée et ne me pose pas trop de questions quand il faut mettre les deux pieds dedans... Les sections à la frontale se font de plus en plus nombreuses à présent, j'adore!

Les kilomètres passent bien, le relayeur qui m'a dépassé dans la descente est en tête, je le marque à la culotte tandis que le troisième larron est un peu à la peine et nous suit à une cinquantaine de mètres. Nous nous aventurons maintenant dans une portion extrêmement boueuse, je trébuche sur une racine et mets les deux mains dedans, m****! Mon lièvre bifurque dans les herbes pour rejoindre un chemin moins boueux, je prend sa roue. Mince, ce n'était pas de l'herbe mais des orties... Aie aie aie... Nous reprenons notre marche en avant dans la boue. Bizarre, je n'aperçoit plus de balises... Je commence à ralentir, puis après quelques secondes nous nous arrêtons.

Euhhhh, t'es sûr que c'est bien par là?

Non et toi?

Bof...

On fait demi tour?

M*****

Ça y est, je vois mes rêves de podium réduits à néant, je suis dépité, énervé de ma bêtise à suivre bêtement alors que tous les signes étaient là: pas de traces de pas dans la boue, des ronces au milieu du chemin et plus de balises... Je repars en sens inverse en courant bien plus vite qu'à l'aller avant de retrouver le bon chemin, indiqué par un rubalise pas franchement explicite. Aymeline et Romain me raconteront après coup qu'eux aussi ont hésité un moment à cet endroit, comme quoi... Evidemment pendant ce temps toute la course m'est repassé devant... Je suis persuadé d'avoir perdu près de 10 minutes avec ce détour. Finalement le détour n'a fait qu'un kilomètre, le temps de prendre une décision c'est 6 minutes qui se sont envolées. Surement un coup d'Antolinos qui avait peur que je ne le remonte... C'est petit Fabien, très petit!

Finalement ce petit contretemps m'a donné encore plus les crocs qu'avant: je mets un bourre pif à la montée qui se profile et reprends un solos ainsi que pas mal de relayeurs. Personne ne parvient à m'accrocher, c'est bon signe. Le top 10 doit encore être jouable... Voilà le panneau 20Km, j'ai encore le temps de rattraper le temps perdu, j'espère juste ne pas payer cet effort supplémentaire avant la fin...

Le parcours se poursuit dans les champs, on alterne les pommeraies et les ceriseraies en profitant de-ci de-là des bonnes odeurs de purin de la campagne. Ces chemins me rappellent beaucoup la SaintéLyon bien que ce ne soient pas exactement les mêmes. Décidément, j'aime énormément courir dans ce coin...

Après une portion assez roulante, le faux plat reprends ses droits, je commence à m'impatienter, j'ai vraiment hâte d'arriver à Taluyers pour voir les autres. J'ai une petite pensée pour Delphine, Aymeline et Romain, j'espère que tout se passe bien pour eux...

Finalement voilà le village, je croise quelques relayeurs dans les rues qui m'encouragent pendant qu'ils attendent leurs coéquipiers. Malheureusement personne ne me donne mon classement, dommage, ca m'intéresse drôlement maintenant!

Finalement j'arrive au ravitaillement près de ce qui me semble être un stade, dans le noir et avec la fatigue qui commence à arriver pas facile à dire... Cécile me repère et me fait de grand signe, je suis super content de la voir mais j'ai une autre priorité pour le moment: il est où le ravito? Ouf, il est un peu plus loin, bien caché. Les deux premiers n'étaient pas très bien fournis, celui-ci est nettement plus intéressant: je trouve des tucs avant d’apercevoir des pâtes de fruit! Je me jette dessus et en avale deux avant de rincer abondamment de deux gobelets d'eau. Anne et Cécile sont là pour me faire un dernier coucou, je leur explique que je me suis perdu pour justifier mon retard. Apparemment j'étais en avance sur leurs prévisions, elles ne m'attendaient pas si tôt m'expliqueront-elles après la course. Au moins elles étaient là, c'est le principal, le moral est bon avant d'attaquer le dernier relais.

Avant de repartir il me semble entendre un bénévole me dire que je suis 5ème, ça me surprend pas mal, vu le temps perdu il a dû se tromper, je pense plutôt être autour de la 7ème place. C'est déjà super!

Aller en route, on rentre à Brignais!

Relais 3: Taluyers - Brignais (19 Km / 150D+)

Encore un peu de faux plat avant que la montée ne s'accentue un peu sur la fin. Ensuite on pourra dérouler 14Km jusqu'à l'arrivée si les jambes le permettent.

Encore un peu de faux plat avant que la montée ne s'accentue un peu sur la fin. Ensuite on pourra dérouler 14Km jusqu'à l'arrivée si les jambes le permettent.

Me voilà à nouveau le couteau entre les dents, si j'ai réussi à aller chercher la 4ème place en début de course, je dois bien avoir les jambes pour réitérer l'exploit... Il ne fait pas encore nuit noire et je décide de couper la frontale tant que mes yeux me permettent de voir le relief au sol.

La sortie du ravitaillement n'est pas très bien balisée et je suis obligé de demander mon chemin aux relayeurs stationnés là. (pas bien loquaces en l'occurrence) Après quelques hésitations me voilà de retour sur les chemins, de nouveau seul au monde si ce n'est les bénévoles stationnés aux intersections. Ceux-ci ne manquent jamais de m'encourager à mon passage, je suis encore frais et j'en profite pour les remercier chaleureusement à chaque fois.

Le chemin grimpe tout doucement, pas de quoi s'enflammer. Je garde un train assez relâché, tout à l'économie. Un relayeur déboule dans mon dos comme une fusée, il souffle comme un boeuf. Je sens que ces 19Km ne vont pas être de tout repos pour lui...

Je traverse une route et c'est reparti dans le faux plat, j'ai l'impression d'être déjà passé par là sur la SaintéLyon, mais à cette heure tous les chemins au milieu des champs se ressemblent plus ou moins...

Rapide point sur mon état de forme: Après bientôt 25Km au compteur et plus de trois quarts du dénivelé avalé tous les voyants sont au vert. La vitesse est excellente, le cœur est à un rythme confortable et les jambes ne sont pas encore entamées. Il me reste deux grosses inquiétudes: les crampes qui peuvent se déclarer à tout moment et le coup de pompe qui pourrait arriver sans crier gare. Normalement rien de grave ne devrait m'arriver avant encore une dizaine de kilomètres. J'espère juste ne pas avoir de grosse désillusion à la toute fin de course...

Il y a quand même la place pour faire un gros coup ce soir, j'ai une grosse patate et le profil de la fin de course devrait être à mon avantage: 14Km où je vais pouvoir laisser ma vitesse parler, peu importe que la descente soit roulante ou technique, j'ai retrouvé une grosse confiance dans mon pied. J'en viens presque à espérer des petites portions assez piégeuses, j'ai envie de m'amuser...

Alors que je suis dans mes pensées j'aperçoit un petit groupe à 200m, un peu au dessus de moi. J'essaie d'éclairer leurs dos pour voir la couleur de leurs dossards. J'ai l'impression que c'est le jackpot mais je ne m'enflamme pas trop vite, on dirait que les dossards jaunes ne sont pas nombreux, je vais me rapprocher un peu pour être fixé. Me voilà prêt à faire le casse du siècle: trois solos d'un coup! Je ne dois pas me louper sur ce coup là, je place une petite accélération sur la fin de la montée histoire de mettre tout le monde d'accord et de m'assurer que personne ne s'accroche. Après quelques minutes je profite d'un virage pour regarder si je suis suivi, c'est bon, j'ai une centaine de mètres d'avance! J'ai un peu l'impression d'avoir braqué la banque, de repartir avec le magot et le numéro de la guichetière en bonus. Au pire du pire je pense que je suis 4ème. La 5ème position qu'on m'a annoncé tout à l'heure me trotte dans un coin de la tête, si c'est bien vrai je suis second au scratch!

Aller, il doit me rester un peu moins de deux kilomètres avant d'attaquer la descente, gardons le rythme! Je sors des petits chemins et attaque une portion bitumée, un relayeur est devant moi, je devrais le croquer d'ici peu mais je commence à avoir légèrement mal aux genoux, j'espère que la douleur en restera là. Alors que nous rentrons dans Saint Laurent d'Agny, j'aperçoit ce qui me parait être le point le plus haut de la course, une petite chapelle culmine au sommet de la colline au dessus du village. Avec l'éclairage c'est superbe!

Faute d'avoir pris le temps de sortir le téléphone du sac pour prendre une photo, voilà ce que google a de mieux à nous proposer... A imaginer de nuit depuis le bas de la colline

Faute d'avoir pris le temps de sortir le téléphone du sac pour prendre une photo, voilà ce que google a de mieux à nous proposer... A imaginer de nuit depuis le bas de la colline

Passé ce moment bucolique, je me remets dans ma course: la fin de la montée se profile, le dernier raidillon a l'air un peu plus coriace. Je reprends rapidement le relayeur dans la petite côte qui rejoins le village, les mollets répondent toujours présents alors que j'allonge un peu la foulée pour favoriser le déroulé du pied. Tout est là pour que je puisse profiter pleinement de la descente!

Après la petite route il reste un dernier raidillon dans l'herbe et une volée de cinq ou six marches pour atteindre la chapelle. Une fois n'est pas coutume, je marche dans l'escalier, les marches sont hautes, autant éviter les mouvements exotiques... Un ravitaillement nous attend sur le parvis, je suis tellement surpris de le trouver là (ravito initialement prévu au 30ème) que je manque passer devant sans m'arrêter... Une bénévole m'interpelle et me demande si je veux boire un coup, bien sûr que oui! Hop, une pâte de fruit et un verre d'eau et je peux enfin lâcher les chevaux!

La descente n'est pas très prononcée, juste ce qu'il faut pour dérouler à une bonne allure sans se fatiguer. On alterne petites portions de bitume et chemins. J'attends avec impatience le panneau des 30Km qui mets plus de temps que prévu à arriver. J'ai le choix entre courir sur la route et passer dans l'herbe le long des pommiers (du moins me semble-t-il dans le l'obscurité), je tente le coup mais l'expérience n'est pas concluante. Retour au bitume, tant pis pour les genoux qui commencent à couiner.

Le temps me semble un peu long du fait de la solitude. Je me prend à imaginer Antolinos juste devant moi afin de me motiver. Bon, restons réalistes, je visualise l'arrivée afin de me motiver. Je suis sur la seconde marche, à côté d'un cador, en train de poser pour la photo... C'est beau de rêver!

La fatigue commence à se faire un peu sentir et je redoute le mur, j'ai vraiment l'impression de courir un marathon tant le profil est roulant. Un petit slalom entre les arbres me fait rapidement oublier tout ca: je suis maintenant en sous bois, je ne vois rien en dehors du faisceau de ma frontale. Des points oranges réfléchissant qui servent de balisage nocturnes ont été placés sur les tronc d'arbres tandis que le single serpente dans tous les sens entre les racines et autres branches qui cherchent à me faire tomber. Un passage tout simplement génial! J'ai une petite pensée pour Anne et Delphine qui risquent de moins apprécier que moi ce petit passage en solitaire dans les bois...

Je débouche finalement sur une route où deux bénévoles m'attendent et me félicitent avant de me demander mon numéro de dossard. Ils m'indiquent que je suis au 33ème, plus que 9Km, à cette allure dans 50 minutes tout au plus je suis sur le podium! Je serre le poing, je sens que plus rien ne peut m'arrêter à présent.

Les kilomètres deviennent un peu long, il faut dire que le faux-plat à fait son grand retour. Je ne le remarque pas franchement mais la fatigue aidant, ma foulée est moins saignante. Je guette l'arrivée à Soucieu, synonyme de dernier ravito et de dernier tronçon avant l'arrivée pour un ultime baroud d'honneur. Cette fois c'est certain, je reconnais les chemins de la Sainté. Décidément, le coin me réussi!

Ca y est je franchit le panneau des 35Km et je rentre dans Soucieu. Je croise un monsieur qui promène son chien puis une bande de jeun's qui m'annoncent ma 15ème position. Je crois qu'il ne sont pas au courant que je suis en solo, sinon j'ai encore du monde à aller chercher! Un panneau "ravito 300m", je les aime ceux-là! Finalement le voilà, le tant attendu et espéré ravito de Soucieu en Jarrest... On m'indique que je peux choisir de continuer tout droit ou de grimper sur la petite bute pour aller boire un verre d'eau. Voilà quelques temps maintenant que le ventre grogne contre le traitement que je lui inflige: une surcharge de sucres et au moins 2L d'eau ingérés depuis le départ, l'apéttit n'est plus vraiment de la partie... Je me force tout de même à avaler quelques morceaux de banane et un dernier gobelet d'eau. Un dernier merci aux bénévoles et je me lance dans la descente!

Alors que je redescend sur le chemin en contrebas du ravitaillement je dépasse un solo qui est là à marcher, je n'ai pas la moindre idée de sa raison, est-ce qu'il est en difficulté ou a-t-il juste fait un petit arrêt pour manger un bout? Je ne me pose pas trop de question et fonce droit dans la descente pour mettre rapidement le plus d'écart possible entre lui et moi.

Un panneau! "Arrivée 5Km", grand sourire! Le coup de pompe ne risque plus de me rattraper, aucun signe avant coureur de crampe, je n'ai plus qu'à profiter de ma fin de course. Rien n'est certain, mais dans un coin de ma tête la seconde place est bel et bien acquise.

La dernière descente me rappelle de bons souvenirs, il s'agit de la petite descente très technique située avant le passage du Garon, bien caillouteuse, avec de bonnes marches à sauter. De nuit la lecture du terrain est primordiale et j'ai l'impression de reprendre les trajectoires que j'avais empruntées lors de la SaintéLyon cet hiver. Cela-dit, sans la neige et la glace c'est nettement plus aisé! Le passage technique franchi, c'est maintenant une petite descente bitumée en lacets assez raides qui s'offre à moi.

"Arrivée 4Km"

C'est moins technique mais les genoux n'apprécient pas bien, je descend donc assez calmement pour rejoindre le couvert des bois avant de tomber dans une section un peu plus humide. Séquence émotions, nous voilà au Garon, l'un de mes passages préférés du coin! Tout est là: la boue, la petite passerelle en acier, glissante comme à son habitude et les petites marches d'escaliers toujours aussi hautes, que du bonheur! Petite pensée au passage pour Anne et Delphine... J'espère que tout va bien de leur côté...

Quel n'est pas mon bonheur lorsque passé le pont le chemin bifurque à droite pour rentrer à Brignais au lieu d'emprunter la montée pleine de boue à gauche... A présent le parcours devrait être tout plat, la ville approchant je devrais retrouver le bitume rapidement. Mes pieds et mes genoux sont un peu douloureux mais rien d'insoutenable. Je croise une ou deux voitures sur la route, je me rabats bien sur le bord de la chaussée pour éviter un accident bête à ce moment de la course...

"Arrivée 3Km"

J'y suis presque! La montre bipe, cette fois c'est décidé j'arrête de boire, ca ne passe plus. Je commence à trouver le temps long sur cette petite route, je suis seul depuis le 20ème kilomètre, j'ai hâte d'arriver pour papoter un peu, et j'en ai des trucs à raconter! Je me reprends vite, c'est quoi cet état d'esprit? C'est presque terminé, c'est le moment d'apprécier ce que je suis en train de faire. Je peux profiter et baisser un peu la cadence, à la base c'était une sortie d'entrainement...

"Arrivée 2Km"

Aller, c'est moins long que les séries 2500m de jeudi soir, rien de bien terrible! Dans 10 minutes je suis au chaud. Je me fais la réflexion que finalement maintenant que j'ai bien bu dans mon kamelbak il s'est totalement fait oublier! La chaleur étant partie, il ne me tien plus chaud, impeccable!

Cette route est définitivement interminable, rien d'intéressant à regarder, et du bitume à ne plus en finir... Je commence à estimer la distance qu'il me reste à parcourir en attendant le prochain panneau. 1700m, 1500m, etc... Finalement je me loupe d'une petite centaine de mètres, et le panneau mets une centaine de mètres supplémentaires à arriver. C'est ca d'être trop gourmand... Je me retourne une dernière fois pour être certain que personne ne revient derrière. De toute manière avec le faisceau des frontales, je serais vite informé!

Arrivée 1Km

Ca y est, je reconnais la route du départ tandis qu'on circule dans le lotissement. Je croise des relayeurs venus chercher leurs équipiers qui m'applaudissent, l'un d'eux m'indique même la route à suivre, c'est super sympa! Étrangement je ne me sens pas très fatigué, j'ai les articulations un peu douloureuses mais sinon tout va bien, j'ai facilement 10 à 15 kilomètres supplémentaires sous la pédale! (A condition d'adapter le rythme tout de même...)

Arrivée 300m

Dernier virage, je franchis la ligne de départ et passe entre les barrières illuminées à l'aide de guirlandes de noël, je serre le poing, le sourire jusqu'aux oreilles. J'ai hâte de voir le chrono, je ne l'ai jamais regardé depuis le 1er kilomètre hormis l'altimètre dans la seconde montée afin de savoir comment gérer mon effort.

J'entre dans la salle, le speaker annonce mon arrivée en 3h19. Un bénévole se propose d'enlever ma puce et m'annonce que je suis 2ème. Malgré le fait d'en être convaincu depuis un moment maintenant j'ai du mal à le croire et je lui redemande plusieurs fois s'il est bien sûr. Il me dit qu'il est presque certain, à part Antolinos personne n'est arrivé. il me dit qu'on peut même me considérer comme 1er vu l'extraterrestre de devant... Il termine tout de même en 2h49, excusez du peu! Je suis juste sur un nuage! Je récupère mon tshirt finisher, je serre la main des deux bénévoles qui m'ont réceptionné en les remerciant pour cette super course.

Je me dirige maintenant vers le ravito et tombe sur le bénévole qui m'a indiqué ma 4ème position en début de course, lui aussi me félicite. Je le remercie vivement, il m'a donné l'impulsion qui m'a porté jusqu'à l'arrivée. J'essaie de repérer les autres dans la salle: personne, malgré la voiture j'ai été plus rapide qu'eux! Tant pis, je vais aller me chercher à manger en attendant. Le menu à l'air savoureux: patates, saucisse, soupe et tarte aux pommes. Pas de chance, ca ne passe pas... Je me force à avaler un peu de soupe alors que j'aperçoit les autres. Je leur fais signe, leur raconte mes aventures et écoute les leurs, tout le monde a l'air de s'être éclaté!

Plus qu'à attendre l'arrivée des filles ainsi que le podium. Anne arrive plus vite que prévu, juste avant que je ne monte sur la seconde marche aux côtés de Fabien, trop la classe! Elle a l'air de s'être régalée elle aussi. 4h22 pour ces dames, beau chrono!

Un dernier constat avant le podium: tout le monde est propre sauf moi, une nouvelle fois je suis recouvert de boue... Au moins on voit que j'ai couru! Je me refais une petite beauté et c'est parti pour le shooting!

Ca y est, le moment tant attendu, 1er podium en solo de ma carrière, trop fier!
Ca y est, le moment tant attendu, 1er podium en solo de ma carrière, trop fier!

Ca y est, le moment tant attendu, 1er podium en solo de ma carrière, trop fier!

Plus qu'à descendre de mon piédestal et attendre Delphine. Plus rien ne me retient dans la salle, j'attrape mon sac à dos, confie la coupe aux filles et part chercher Delphine avec Romain. En chemin nous croisons pas mal de coureurs qui en terminent, je les encourage en leur parlant de patates et de saucisses, cela semble donner des ailes à certains... Nous finissons par tomber sur Delphine après 1,5Km environ. Je la soupçonne d'avoir fait durer le suspense pour arriver comme une star... Elle a l'air fatiguée mais ravie de nous voir. Nous papotons pendant le reste du trajet, tout semble s'être bien passé pour elle, c'est surtout la solitude qui lui a pesé. La voilà qui passe la ligne en 5h05, 6ème féminine, bravo!

Un petit débrief de groupe, une photo des finishers du jour de la nuit et retour à Lyon pour une bonne nuit de sommeil!

Nuit de la St Jean

Voilà, c'est fait, mon premier podium! Espérons que ce ne soit pas le dernier... Moi qui craignait d'être un peu juste physiquement me voilà rassuré, malgré une semaine bien chargée avec encore pas mal de kilomètres au compteur j'ai réussi à récupérer. Pour la première fois cette année j'ai eu la sensation que tout s’emboîtait parfaitement, les entraînements avalés ces 6 derniers mois ont donné le cocktail que je cherchais à obtenir, un mélange de vitesse, d'endurance, de confiance en moi, de puissance dans les cuisses. Voilà presque un an que je courais après ce sensations, je n'ai pas été si sûr de moi, si bien dans mes jambes depuis Saint Jacques. Quel pied! J'ai l'impression d'avoir atteint mon pic de forme initialement programmé pour mi-juillet, j'espère pouvoir le maintenir durant 4 semaines...

Après analyse des résultats par point de contrôle il s'avère que j'était 4ème à Vourles, donc 3ème au moment où le bénévole m'annonce 4ème. Je n'ai pas eu l'impression de dépasser tant de monde que ca, étrange... Finalement ma petite mésaventure dans les bois m'auras tout de même coûté 4 places, heureusement que j'ai pu corriger le tir! Au final je signe le meilleur 3ème relais de la course derrière le vainqueur du jour. J'ai l'impression que je parviens de mieux en mieux à gérer mes forces sur ce type de courses, un apport de sucres régulier et une bonne gestion de mon hydratation me permettent de tenir des allures assez élevées sans que la fatigue ne se fasse trop sentir. C'est certainement le métier qui rentre!

Le parcours était vraiment très agréable, très roulant avec son lot de petites difficultés venant ponctuer le parcours. Les terrains sont assez divers, permettant ainsi de ne pas se lasser. La transition jour / nuit en passant par la case coucher de soleil est elle aussi géniale à vivre, j'ai la sensation d'avoir vécu deux courses totalement différentes dans la nuit. Bref une super soirée pour occuper mon samedi soir grâce à une organisation aux petits oignons!

A part un gros manque de sommeil, je n'ai pas la sensation d'avoir trop puisé mais un peu de repos ne serait tout de même pas un luxe. Toutefois si je veux que le pic de forme tombe, comme son nom l'indique si justement, à pic, une ou deux dernières semaines intensives me paraissent ne pas être de trop... Prochaine étape de ma prépa: samedi prochain pour un nouveau trail semi-nocturne à St Régis du Coin cette fois. Il ne restera plus que le cross du Mont-Blanc sur ma route avant le gros objectif!

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