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Première course en montagne: Le Marathon du Mont Blanc

Publié 1 Juillet 2012 par Tom in trail, montagne, alpes

Première course en montagne: Le Marathon du Mont Blanc

Après avoir couru pas mal de trails et deux marathons, voilà que l'idée me prend de combiner les deux et de courir le marathon du mont-blanc: drôle de lubie... Me voilà parti pour ma première course de montagne, et quelle course pour débuter!

Le profil est costaud, il va falloir batailler ferme!

Le profil est costaud, il va falloir batailler ferme!

Et nous y voilà, dimanche 1er juillet, 6h45 et sur la ligne de départ en compagnie de Vincent et Dominique, mes collègues de club avec qui je logeais. Malgré les prévisions météo anxiogènes de la veille le ciel est bleu, la température est fraiche mais pas trop: ça sent la journée tip top!

Je me fixe un objectif assez large: terminer en dessous de 6h, normalement ça devrait passer (j'espère secrètement passer en moins de 5h30, mais ça me semble hors de portée...)

Sous l'arche l'ambiance est super sympa, tout le monde contrôle son équipement, la tension est là... Je regarde autour de moi: bizarre, d'habitude il y a des coureurs du dimanche tandis que là je ne vois que des avions de chasse... Vais-je me prendre une grosse raclée?

Trêve de tergiversations, après un petit passage de "We Will Rock You" (ambiance...) le départ est donné par les coureurs: 5, 4, 3, 2, 1, 0! Oh merde, cette fois c'est parti, pas moyen de faire demi-tour... Et ça part vite, et comme le gros malin que je suis: je suis le troupeau en compagnie de Vincent. Nous revoilà parti pour une nouvelle course côte à côte?

Première course en montagne: Le Marathon du Mont Blanc

Après 1km de bitume nous y voilà, les premiers chemins font leur apparition, paysages superbes, air frais, tout va bien! Nous doublons pas mal de monde, pas facile vu la largeur des chemins mais ça passe.

Et ça y est, les ennuis commencent: malgré plusieurs tests réalisés avec succès, mon Kamel bak est déséquilibré par les bâtons, le voilà qui m'attaque la base du cou. Si je le laisse faire jusqu'à avoir besoin d'eux ça va mal se passer... Tant pis, je décide de me passer de mon bras droit pendant 2h pour tenir la bretelle trouble-fête...

Après 3km les premières montées font leur apparition, pas de quoi marcher cependant. Et finalement au bout de 4km Vincent n'est plus de cet avis... Mince, me voilà tout seul... et 6h à en baver tout seul, ça fait peur!

Tant pis, je continue! Je marchote un peu quand les montées se prolongent et je relance rapidement. Les jambes vont bien, je m'amuse et j'ai hâte d'en découdre dans le premier grand col, mais pour le moment il faut se concentrer sur les 18 premiers kilomètres pour environ 500m de dénivelé. Rien d'exceptionnel certes mais ils risquent de déterminer la fin de course...

1er ravitaillement à argentière, tout le village est dans la rue pour nous encourager, c'est vraiment génial! J'entends des "Allez François!" François? Mais moi c'est Thomas... Ah oui c'est vrai, j'ai récupéré le dossard d'un ami: ça risque d'être rigolo! Hop, deux verres d'eau, on va éviter de prendre des crampes pour une fois!

Je dépasse au passage Bernard, un collègue du club. Après 5 minutes de papote, il vise 5h30. Je lui propose de continuer ensemble, mais finalement je le sème après quelques centaines de mètres. Zut, à nouveau seul!

Et me voilà reparti, encore quelques kilomètres à monter un peu et on va commencer à rigoler (jaune?) dans la montée du col des Posettes! Là-bas je retrouve Cécile, la femme de Vincent et leurs deux enfants qui détachent mes bâtons de mon sac, je bois un petit coup, c'est parti pour la grande ascension! (Au passage finis la galère du sac déséquilibré: Youpi tralala! )

Me voilà parti pour 7km et 1000m D+: 13% de moyenne! Et ça grimpe sec d'entrée! Tiens? Des vaches sur le chemin! Hello mesdemoiselles! Je me sens vraiment bien, les bâtons remplissent leur office et je double pas mal de monde, c'est bon pour le moral! Après environ 2km, nous voilà à 1700m et la montée commence à se tasser, j'alterne course et marche pour garder le rythme sur les sections les plus planes. Après une demi-heure sous les sapins fort agréable nous voilà en terrain découvert dans le brouillard, dommage pour la vue...

Bon, c'est pas le tout mais elle devient longue cette montée... Quand est-ce qu'on boit un coup? Encore 1km me dit le GPS... Aller on serre les dents, on devrait bientôt le voir ce col des Posettes! Après quelques minutes je l'aperçois, je mets un petit coup de turbo: j'ai soif moi! Hop, j'avale encore deux verres d'eau et c'est reparti pour les deux derniers kilomètres d'ascension. 250m de D+ à avaler, la fin est proche!

Le brouillard étant toujours là, impossible de voir le sommet! Le terrain est assez accidenté, c'est très technique, les passages plats alternes avec les petites montées sèches de quelques mètres: l'effort est dur à gérer, je monte tant bien que mal... Chaque petite montée semble être la dernière... mais non! Moralement, ça fait mal, j'attends la descente avec impatience! Finalement, une dernière petite bosse et c'est fini! Je fais une petite pause pour profiter du panorama, je ne suis pas monté pour rien quand même! Une petite rasade d'eau et je me lance dans la descente...

Attention, photo non contractuelle!

Attention, photo non contractuelle!

Mais qu'est-ce que c'est que cette descente??? C'est raide, c'est ultra technique, c'est caillouteux, c'est... dur! Ah tiens, le terrain change: des escaliers en rondins de bois, raides comme tout, pas réguliers et casse-gueule... Et c'est long, long, long... Finalement le bitume ça n'a pas que du mauvais! Aller on s'accroche, ça finira bien par s'arranger! Au bout de quelques dizaines de minutes de galère me voilà sauvé: des petits lacets qui descendent bien, ca c'est fait pour moi!

Je me suis fait rejoindre par deux coureurs dont j'ai oublié les prénoms (mea culpa) avec qui je vais finir la descente, l'un vient de Nice, l'autre de Clermont. Petite discutions sportive: foot, vélo, course à pied (quand même!). On aborde le sujet "Kilian Jornett", l'un deux a passé la soirée au bar avec lui. Après avoir explosé le record du km vertical vendredi soir, Kilian est monté au Mont-Blanc samedi matin, fait 2h d'escalade l'après-midi et passé la soirée au bar à descendre des bières, le tout accompagné d'une nourriture saine et équilibrée: chips et autres aliments du genre (tiens, je croyais qu'il fallait privilégier les glucides aux lipides? ça doit être ça le secret...). Fin de soirée à 2h du matin. Finalement ça n'a pas trop mal marché pour lui: nouveau record de l'épreuve en 3h38 à 7 minutes du second...

Finalement nous arrivons en bas, petit passage par Le Tour et direction tré-le-champs avant d'attaquer la dernière montée. Au ravito la fatigue se fait sentir, je commence d'avoir soif et faim: j'ingurgite 8 quartier d'orange et 4 ou 5 verres d'eau (j'ai perdu le compte!). Aller, on redémarre, la montée va être compliquée... C'est assez casse-pattes, on alterne montée et descente sans prendre beaucoup d'altitude. Je suis toujours avec un des deux coureurs qui m'ont accompagnés dans la descente, on papote un peu, ça passe le temps, c'est agréable. Au détour d'un virage nous profitons d'un panorama fantastique sur l'aiguille du midi, décidément, cette course est sublime!

Nous voilà au 34ème kilomètre, un petit coup d'œil à la montre, le premier sur le chrono: c'est pas mal du tout! Je suis en avance pour passer en moins de 5h30! Ça fait du bien au moral, j'essaie de relancer dans les parties planes, et là: Poum, le départ de crampe! Grosse frayeur mais ça ne prend pas: Ouf! Je continue, j'ai mal partout, j'ai soif, j'ai hâte d'arriver, que ça va être dur! Aller, encore 3km avant Flégère et le dernier ravito, à l'allure où je vais, ça va être long! Après une bonne demi-heure à grimper assez fort et une petite descente nous voilà au pied d'une petite montée vers le ravito. Elle n'est pas longue mais c'est un mur! Mes jambes me font tellement souffrir que je ne parviens pas à monter droit. Heureusement que les bâtons sont là pour me soutenir, sans eux j'aurais rampé...

Aller, c'est l'heure de se péter la ruche! Je refais le plein de mes gourdes, je bois tout mon saoul: encore 5 gobelets d'eau et une dizaine de quartiers d'orange. Plus que 5km, mais je me sens vraiment fébrile, je dis à mon ami de partir devant, finalement il terminera 10 minutes avant moi, bravo à lui!

Hop une petite descente très technique sur laquelle je ne suis pas rassuré du tout, nous passons tout de même un petit goulot avec deux marchepieds face au vide... L'organisation a placé deux personnes pour rattraper les coureurs tentés de passer tout droit... Finalement ça repart sur un petit sentier de balcon, c'est assez caillouteux et pas évident de courir dans mon état, j'essaie d'alterner course et marche mais ça devient compliqué, un petit coup d'œil au chrono, il me reste environ 45 minutes pour environ 3,5km. C'est gérable mais je n'ai plus d'énergie, le doute s'installe, d'autant plus que je me fais pas mal doubler, notamment par Bernard qui semble vraiment bien, lui devrait rentrer dans son objectif, c'est super!

Tiens, un pierrier à traverser! Quelle délicate attention! Merci messieurs les organisateurs! Je marche, ce n'est pas le moment de se péter une cheville... Finalement me voilà au bout de ce sentier, j'entends le speaker de l'arrivée: aller encore 1,5km et 200m de D+ à avaler. J'ai 20 minutes devant moi, ça va être serré mais c'est jouable! Je serre les dents, c'est le moment de tout donner. C'est quand même raide et caillouteux, c'est dur. Je tire la langue, je finis mes réserves d'eau, j'essaie de me motiver. Heureusement il y a foule, j'entends les maintenant traditionnels "Aller François!", ça m'amuse toujours autant! Ah tiens, "Aller Franco!" je ne l'avais pas encore entendu celui-là!

Aller plus que deux lacets, je vais y arriver! Je recommence à doubler quelques personnes, la tête me porte, ca sent bon la fin!

Plus qu'un lacet! 4 minutes 30 pour quelques centaines de mètres! J’accélère! Voilà Cécile qui m'encourage: "Aller Thomas!!" ça fait du bien d'entendre son prénom! Je trottine dans les dernières dizaines de mètres: 5h29 et 11 secondes! Je fais le beau devant les photographes et je file manger un bout sous la tente, c'est pas que j'ai la dalle mais pas loin... J'avale tout ce que mon ventre accepte d'ingurgiter et je me dirige pour rejoindre Cécile. En sortant de la tente, il pleut à grosses gouttes et il fait froid, finalement je file chercher mon sac et prendre les oeufs pour me mettre au chaud. Mes jambes me font atrocement mal, je ne sais plus comment me mettre...

Dans l'œuf je discute avec des gens qui ont fait le cross la veille, ils me conseillent les kinés: je crois que je tiens ma prochaine destination! Je prends une navette qui m'emmène au buffet. Je cours (oui je cours!) Jusqu'au gymnase pour me faire masser, je crains de faire une heure de queue et là: miracle, c'est désert! Je me remets aux mains expertes d'une kiné Bisontines: massage des cuisses, des mollets et des pieds pendant plus de 30 minutes: je revis! Direction les Ostéos pour 30 minutes à prendre soin de mes genoux, décidément c'est topissime! Après moult remerciements direction le buffet et la douche, un petit œil au classement: 165ème, je suis aux anges! Par contre pas trace de Vincent et Dominique... Finalement je tombe sur eux: Vincent termine en 5h48 et Dominique en 6h48, tout le monde est content de son résultat!

Plus qu'à faire une petite sieste et retour à Lyon!

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