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SaintéLyon 2012: Merci Père Noël!

Publié 3 Décembre 2012 par Tom in relai, trail

SaintéLyon 2012: Merci Père Noël!

C'était sur les tablettes depuis un moment déjà, après la SaintExpress 2011 en compagnie de mon frère, nous voulions remettre ca en équipe cette année. Eric n'ayant jamais fait la portion Saint Etienne - Sainte Catherine et moi appréciant beaucoup la dernière partie, c'était tout vu!

Etrangement, 15 jours avant la course je ne déborde pas d'enthousiasme, l'année a été rude et je ne suis plus très frais. Je manque de pêche en montée et je ne me sens pas l'envie de faire une longue distance dans le froid. Heureusement le trail de St-Héand est passé par là et me voilà motivé comme jamais et le moral gonflé à bloc! Après 10 jours d'entrainement axé sur le dénivelé et une superbe sortie longue de 2h30 à la frontale le samedi précédent la course me voilà prêt!

Samedi 1er décembre, ça y est, nous y voilà! Je saute dans le 1er train pour St Etienne pour aller retrouver le frérot puis direction le parc des expos pour retirer nos dossards. Nous en profitons pour faire le tour des stands comme tous trailers avertis que nous sommes, puis nous allons déposer une voiture à Ste Catherine pour qu'Eric puisse rentrer directement après son relais.

En passant par St Christo nous nous rendons compte que la course va être plus dure que prévue: nous voilà au pied des pistes de ski! 30cm de neige dans les chemins, un tracteur est passé par là mais c'est bien tout. Vu la température ambiante, ça ne risque pas de fondre, ça promet!

Retour au chaud, pour passer la journée avec la petite famille et les rituels habituels d'avant SaintéLyon: on mange des pâtes et on fait la sieste! Programme de la soirée: rebelote! Des pâtes et au dodo! J'ai tout de même pris le temps de préparer ma potion magique de la nuit. Après un essai concluant le week-end dernier j'opte pour une boisson à base de thé (assez fruité pour éviter l'écœurement) auquel j'ajoute du sucre et du sirop d'agave ainsi qu'un jus de citron pour le côté antioxydant. Si avec ça je n'ai pas la patate toute la nuit...

21h30 je me lève et vais me mettre en tenue de combat. Après un long débat intérieur au cours de ma sieste j'opte pour la tenue bien chaude, le temps d'attente à Ste Catherine me fait un peu peur....

Nous voilà prêts! Une petite photo pour la postérité et nous voilà partis, direction le parc des expos!

SaintéLyon 2012: Merci Père Noël!

Arrivés sur place, la scène est surnaturelle: 10 000 trailers assis ou couchés, la majorité en train de dormir un peu avant la course, l'ambiance est molle tant tout le monde est dans le potage! Il y a tout de même des coureurs à la fête, essentiellement des relayeurs qui ont sorti les bonnets de gala: bois de caribous pour certains, cornes de diables clignotantes pour d'autres. Je croise aussi de grands malades qui comptent faire la course en short, je leur souhaite bien du courage dans les 30cm de neige qui les attend! Personnellement je suis bien content de mon pantalon chaud...

Après avoir rapidement posé mon sac à la consigne nous allons nous fondre dans la masse pour profiter de l'heure qu'il nous reste en.... dormant... Après 45 minutes de sieste nous sommes tirés de notre sommeil par le réveil géant qui annonce le départ dans 20 minutes (décidément, c'est vraiment hallucinant comme ambiance!) et tout le monde se met en marche pour aller se placer sur la ligne de départ. Après un dernier encouragement à Eric je file au chaud dans le bus. Il fait très froid dehors et je ne me sens pas de commencer à brûler des calories dès maintenant, d'autant plus que j'ai l'impression d'être au milieu de ma nuit... L'envie de courir m'a totalement passé!

Arrivé dans le bus, avec la chaleur c'est reparti pour la sieste. Je ne me réveille qu'à Ste Catherine et m'évertue tant bien que mal à me sortir de ma torpeur. Les yeux sont collés par le sommeil, la bouche est pâteuse, je baille, cela s'annonce très très dur!

Me voilà à présent sous la tente surpeuplée pour de nouvelles images surréalistes: nous sommes entassés comme des sardines, certains sortent le sac de couchage pour dormir un peu. Alors que je mange un paquet de gâteaux je remarque des chaussures sous la table sur laquelle je suis assis et qui commence à plier dangereusement: ils appartiennent à la traileuse qui dort sereinement sous cette même table, même pas peur!

1h39, je reçois un message d'Eric qui m'annonce qu'il lui reste 10km, c'est le moment des derniers réglages je programme la montre pour biper toutes les 4 minutes. Merci à Sam qui m'a donné cette tactique (ou plutôt tictac): à chaque bip je bois une gorgée. Après avoir testé avec 1L et un bip toutes les 3 minutes j'ai constaté que la poche était vide après 22km. D'après avec mes calculs, avec 1,5L et 4 minutes entre les bips ça devrait faire 44km! Je me découvre enfin, -8°C ca calme! Il a intérêt à cavaler le frangin!!!

La précision ca a du bon, il avait prévu 2h30 et arrive après 02h29'18" de course, même pas le temps d'attendre! Il semble fatigué mais content de sa course mais les crampes sont là, ça devait être très dur! Après un échange de puce et une dernière accolade il me conseille de ne pas forcer, recommandation que je suivrais scrupuleusement.

Enfin je peux courir! Fini l'état de steak surgelé et en avant, on rentre à la maison! Je démarre prudemment sur une épaisse couche de glace saupoudrée de neige et suit un petit groupe de relayeurs qui n'avancent pas très vite. Impossible de dépasser, le trottoir n'est dégelé que sur une bande de 50cm... Tiens, j'ai oublié de démarrer mon chrono! Il doit bien me manquer 500m, zut!

Me voilà sur la route, je dépasse et déjà ma ceinture cardio me joue des tours: mon tshirt est coincé dedans et me remonte sous la poitrine, j'ai le ventre à l'air: ça caille! Je tire dessus pour essayer de me protéger le ventre mais la ceinture part avec, tant pis pour les pulsations!

Après une portion de route vite avalée mais qui m'a bien réchauffé nous entrons dans le vif du sujet avec les premiers chemins et la première montée. Je double quelques coureurs, j'essaie de repérer les dossards rouges pour me motiver. (Note pour la suite dossards rouge en 2*** relais à 2, 3*** relais à 3 etc. dossards noirs SaintéLyon, dossards verts SaintExpress) La montée est moins raide que dans mon souvenir mais un peu plus longue, ça s'avale facilement et je cours à une bonne allure. Je regarde le paysage autour de moi, tout est blanc, c'est magnifique, je suis excité comme une puce! Le sol est couvert de neige fraiche, les crampons prennent bien, pas de soucis d'adhérence, un vrai régal. Je sens que cette course va être fantastique!

Me voilà au sommet et j'attaque une portion de bitume pour descendre tranquillement vers le bois de la d'Arfeuille, première difficulté que j'ai noté sur ma feuille de route. Cette descente est très roulante, cependant la route est gelée par endroit. Après un dérapage sur une plaque de verglas je redouble de vigilance et ralentie quelque peu mon allure. Je passe devant quelques bénévoles et les remercie chaleureusement. Passer la nuit dehors dans ce froid pour le bien être d'une bande de tarés, vraiment, ça me touche! Je me promets de remercier tous les bénévoles que je croiserais sur le parcours (dans la mesure du possible).

Cette petite descente se passe bien, elle est entrecoupée de quelques grimpettes que j'avale sans difficulté. Je dépasse pas mal de monde bien que la course soit très étalée, personne ne me double. Naturellement il suffit que je me dise ça pour que j'entende un fou furieux arriver dans mon dis, j'aperçois un dossard rouge mais impossible de voir sur quel relais il est engagé. De toute manière je n'essaie pas de l'accrocher, ça va trop vite pour moi et ma tactique est simple: en garder sous le pied et ne pas prendre de risque jusqu'à Ste Foy pour profiter pleinement de la descente de Choulans et bombarder dans les 5 derniers kilomètres de plat où tout le monde explose. Je continue donc mon petit bonhomme de chemin sans m'exciter.

Un petit virage et je file vers le bois d'Arfeuille, j'ai le souvenir d'une descente piégeuse avec pas mal de cailloux. Je rattrape un dossard noir juste avant d'attaquer la descente, il me devance d'une vingtaine de mètres quand je le vois chuter sur une plaque de glace sans gravité. Je me dis de bien faire attention et... patatrac, je prends exactement la même gamelle, sans bobo: j'ai l'impression d'avoir fait de la luge, finalement c'était rigolo! Je dépasse mon camarade de glissade qui a l'air refroidi par sa chute, moi je garde le rythme, les gamelles c'est ma marque de fabrique maintenant! Le reste de la descente se passe bien, je profite du paysage en regardant bien mes pieds. Je savoure ma bonne idée d'avoir embarqué une seconde lampe "ventrale" pour éclairer juste devant moi!

La difficulté derrière moi je regarde un peu mon chrono histoire de voir où j'en suis: un peu moins de 35 minutes de course, il est temps de manger un peu! Je sors de mon sac une barre de céréale aux cacahuètes que le prix va m'obliger à savourer (mais quand on aime, on ne compte pas!) quand soudain je pars en dérapage sur une plaque de verglas. Sous le coup de la surprise je fais un violent battement de bras (barre à la main) pour me stabiliser, cette dernière en profite pour s'envoler, je ne l’entends même pas tomber! Tant pis, les lapins du coin vont gambader comme des fous dans les jours à venir! C'est résigné que je sors sa petite sœur du kamelbak et croque dedans en la serrant bien dans mon poing tout en surveillant le sol. Je manque de me casser une dent en croquant: la barre est à moitié congelée! Décidément, je m'amuse bien sur cette SaintéLyon! Je range mon reste de barre dans le sac, direction le 1er ravito à St Genoux!

Me voilà au milieu d'un petit patelin, ça grimpe légèrement, des gens sont là pour nous encourager bien qu'il soit 3h du matin, cette course est vraiment hors norme! Je regarde mon GPS: 8,5km, tiens tiens... On nous annonçait le 1er ravito après 8km, je sens que cette course va être plus longue que prévu, décidément ça devient une habitude! Etrangement cela ne me gêne aucunement, je suis vraiment bien et je prends énormément de plaisir.

Ca y est, voilà le ravitaillement! J'avais prévu de le sauter mais la gourmandise l'emporte: j'attrape un biscuit et une pâte de fruits sans m'arrêter, je remercie les bénévole et me voilà reparti. J'en profite pour doubler quelques personnes, mais je ne parviens pas à voir les dossards.

Après une brève descente quelque peu glissante j'aborde une petite montée qui d'après mon souvenir est très très raide. Les jambes répondent bien, je n'hésite pas à courir dans la première portion puis je passe en marche rapide après un lacet. Me voilà à hauteur d'une relayeuse à 2, elle court, je marche, j'ai des scrupules à la doubler, je ne voudrais pas lui ruiner le moral. J'attends que le pourcentage diminue et je me remets à courir, et reprend ma marche en avant, direction les bois de la gorge et de la dame, deux descentes qui ont l'air chouettes. J'appréhende tout de même un peu l'état du chemin, j'ai peur de m'étaler à nouveau... Je profite une dernière fois de la vue avant de repartir en forêt, personne devant, personne derrière, j'ai l'impression d'être à l'entrainement! Il ne faudrait pas se reposer sur mes lauriers, je repense à une petite remarque d'Eric ce matin "Si on fait les temps qu'on a prévu, on peut être dans les 20 premiers, ça serait chouette!". L'objectif semble lui tenir à cœur, si je ne le fais pas pour moi, je le ferais pour lui: cette nuit je ne lâche rien!

Me voilà regonflé à bloc, je pars donc à l'abordage de ces deux descentes le bois de la gorge s'avère finalement moins compliqué que prévu, pas de glissade, tout va bien! Sur une petite portion de bitume j'aperçois un panneau annonçant Rontalon et me mets à chantonner "Mon Rontalon est décousu...", au moins grâce à ce petit intermède musical j'aurais peut-être des flocons en cours de route! Trêve de plaisanteries, j'entame la descente vers le bois de la dame en doublant un coureur sur une belle embardée puis manque de passer tout droit dans un virage en épingle à cheveux, congelé, au moment où je double une traileuse qui manque de peu de me suivre dans le ruisseau... Je m'arrête non sans mal puis repars à l'assaut de la montée, normalement celle-ci doit être coriace. En effet, ça monte fort! Je ne cherche pas à courir, de toute manière l'adhérence n'est pas terrible, je préfère avoir de bons appuis. Je dépasse un petit groupe et termine sur les chapeaux de roues, vraiment tout se passe à merveille pour le moment!

Lors de la relance je me fais la remarque que je suis complètement shooté aux endorphines, à mon avis l'heure tardive ne doit pas y être étrangère. Je me sens vraiment bien dans ma course, tout est réglé, je ne remarque même plus que je bois instinctivement dès que j'entends le bip bip de ma montre. Seul petite ombre au tableau: je commence à avoir des fourmillements dans mes pieds, sûrement à cause de la neige et la glace. Je tente de remuer mes orteils entre chaque foulée pour forcer le sang à circuler et les réchauffer un peu. La stratégie est payante au bout de quelques minutes, ouf! Les yeux commencent à piquer un peu et j'essaie de m'occuper l'esprit. Je repense à Yann et sa diagonale des fous et reprend son image de la chasse à l'homme qui m'a beaucoup amusé (comme quoi ca sert d'écrire des comptes rendus!). Je repère ma proie et fond droit sur elle lui. Finalement après quelques centaines de mètres c'est tout un troupeau que je dévore et laisse derrière moi.

Le second ravitaillement devrait approcher, j'ai l'impression de ne pas avancer très vite, je ne m'en formalise pas: je dois en garder pour la fin et de toute manière je ne vois personne me doubler. Je vois un panneau Bas Marjon, tiens? il me semblait que le passage du ruisseau était au 23ème... Ah non je confonds avec le Garon! Décidément je suis pressé de le passer... Je me souviens d'une descente très très glissante, j'ai vraiment hâte de la mettre derrière moi!

Me voilà sur une petite route toute simple, pourtant celle-ci m'a marqué l'année dernière, je me souviens d'un coup de pompe, je me voyais au pied de l'Everest. Cette année au contraire je suis bien, j'ai envie de profiter. J'ai vraiment fait de gros progrès en 12 mois...

Ca y est, voilà Soucieu et son ravito dans le gymnase, il y a plein de monde dans les rues, incroyable! Leurs encouragements me font du bien, voilà les paparazzi, je fais coucou et file me mettre au chaud. J'attrape un morceau de banane et un carré de chocolat sans m'éterniser, je cherche la sortie qui est indiquée par une pancarte WC, pas terrible le fléchage! Et c'est reparti pour la traversée du village. Un dossard noir me dépasse comme une bombe, je suis dubitatif devant sa gestion de course, je risque de le voir bientôt la langue pendante... Je dépasse plein de monde en ce moment, je ne sais pas bien où j'en suis dans le classement. Peu importe, je continue ma route sans rien changer, cette allure me convient à merveille! J'aperçois des dossards verts, déjà des retardataires de la SaintExpress? Ils prennent leur temps ceux-là...

Nous voilà sur un chemin très large mais très gelé, je cherche l'herbe pour ne pas glisser. Finalement tout le monde passe dans le champ d'à côté, je suis le mouvement et en effet ça va mieux! Par contre les traces laissées par les tracteurs font mal aux pieds, je commence également à avoir mal aux genoux. L'amorti des chaussures de trail sur la glace, c'est pas terrible...

Me voilà de nouveau seul au monde, au milieu des cerisiers. Le thé me tiens bien éveillé, je suis assez content de mon coup: c'est vraiment bon et pas trop sucré! Je profite une dernière fois de la vue, avale un morceau de ma barre de céréales et plonge, enfin, vers le Garon. La descente est glissante mais pas tant que dans mon souvenir, je me jette sur le petit pont, un coureur s'écarte pour me laisser passer, c'est vraiment sympa à lui! Me voilà dans la côte, j'ai de la boue jusqu'aux chevilles, ça ruisselle, je peste, mais dans un coin de ma tête je suis comme un gosse: ça m'éclate de sauter dans la gadoue! A présent me voilà dans les cailloux, j'adore cette montée: dure et technique sans être trop longue, je reprends quelques coureurs qui commencent à coincer. J'ai de la boue plein les chaussures, pas très agréable tout ça mais bon... Dommage que je n'aie pas mes running dans le sac, ça serait le moment de changer!

Arrivé en haut, petite pensée pour Eric qui a crampé ici l'année passée, touchons du bois pour que tout roule pour moi... A présent je n'ai plus qu'à dérouler jusqu'à Lyon, il ne me reste que la montée des aqueducs vers Ste Foy à passer. Je traverse Chaponost en deux temps trois mouvements et me lance à l'attaque du petit parc, ça commence à sentir bon le ravito de Beaunant! Je dépasse de plus en plus de coureurs de la SaintExpress ainsi que des randonneurs. Ils sont bien gentils mais ils marchent en groupe et occupent tout le chemin, j'ai beau prévenir de mon arrivée, ils ne sont pas très vifs ou hésitent sur la direction à prendre et je heurte plus d'un marcheur, ca m'énerve un peu mais pas de quoi leur crier dessus non plus, chacun son rythme, la course appartient à tout le monde!

Me voilà à Beaunant, on serpente dans le village à travers des petites ruelles, ca descend légèrement: j'en profite pour accélérer et voir comment mes jambes répondent, c'est bon j'ai du jus! Ca y est me voilà au ravito, celui-ci était surchauffé l'année passée et je comptais m'arrêter boire un thé ou une boisson chaude. Cette année la tente est ouverte, tant pis pour la pause: j'attrape le premier truc solide qui me passe sous la main, un cake, bonne pioche! Me voilà devant LA montée vers Ste Foy, un coup d'œil vers les aqueducs et j'attaque l'ascension sur un bon train en marche rapide. Je croque dans mon cake, un peu sec mais la confiture aide à faire couler, je me régale! Enormément ce coureurs marcheurs sont en train d'exploser, je me sens vraiment frais et me retiens de ne pas courir, j'aimerais éviter de préparer le terrain pour les crampes. J'encourage un dossard vert, le pauvre a l'air à deux doigts de jeter l'éponge, il trouve la montée interminable. Etrange, j'ai l'impression que je viens de l'entamer alors que j'arrive déjà au sommet! C'est reparti pour la relance!

Le plan se déroule vraiment à merveille, j’arrive au moment clé de ma course dans un super état de fraicheur, je vais pouvoir bombarder jusqu’au palais des sports ! Justement voilà un panneau m'annonçant à 10km de l'arrivée, c'est le moment de recommencer à gambader! Je redémarre prudemment, je me rappelle d'un départ de crampe à cet endroit précis en 2011, j'aimerais bien terminer la course sans incident... Me voilà déjà prêt à attaquer la descente, plus que 9km!

Une petite rue pavé, on tourne au coin de la rue, je dépasse une relayeuse et c'est parti pour la chevauchée jusqu'en bas de Choulans, quel pied! Les jambes sont au taquet, le GPS m'indique que je tourne à plus de 14km/h, c'est pas mal mais je peux aller plus vite. Je découvre ces rues, c'est super sympa! Je croise des coureurs déguisés, l'ambiance est à la fête, l'arrivée est proche! J'entends un bruit de pas dans mon dos, je me retourne brièvement et aperçoit un dossard rouge, impossible de savoir sur quel relais il est engagé, je décide donc d'accélérer: on règlera cette affaire sur le plancher des vaches! Une dernière petite volée de marches que j'avale deux par deux en bon lyonnais que je suis et nous voilà en bas. Plus que 5km sur les quais, je sais qu'ils sont long et difficiles à gérer mentalement: c'est le moment de grappiller des places!

A présent c'est le boulevard: je suis dans le train des retardataires de la SaintExpress et certains passages sont étroits, je suis obligé de slalomer. Un panneau 4km, voilà 1km que j'ai haussé le ton et je suis presque à 15km/h! J'ai l'impression de voler, mais que ces grandes lignes droites sont usantes... Voilà confluence, je dépasse un relayeur à deux (youpi!), j'enjambe le petit pont et j'ai l'impression de tanguer, c'est très désagréable. La fatigue me jouerait-elle des tours? Je profite du virage à 90° pour repérer le relayeur qui me poursuit depuis la descente de Choulans: relais à 3, ouf! Cela dit il semble à la peine, il a le souffle cours mais me dépasse quand même quelques centaines de mètres plus loin, il en veut le bougre! Je ne cherche pas à m'accrocher, il reste 3km et je sens que les crampes sont proches.

Un petit passage au bord de l'eau, ce n'est pas le moment de piquer une tête, les dossards noirs que je dépasse à présent courent vraiment vite, je dois être très proche de la tête de course! Un virage, un pont: ça y est c'est la dernière ligne droite vers le palais des sports, je savoure l'instant et je redouble d'intensité pour ces derniers 1500m. Le contraste est saisissant entre les dossards verts et moi: eux sont pratiquement à l'arrêt tandis que j'ai l'impression d'être au milieu d'une séance de VMA! Je suis maintenant à bloc, il est temps d'en terminer car j'aurais du mal à maintenir ce rythme encore bien longtemps...

Cette nuit est véritablement magique, voilà que la neige se met à tomber tandis que je traverse le parc de Gerland en passant devant une guirlande lumineuse. Pour moi c'est noël! Dernière ligne droite, j'aperçois le panneau 200m, je souris pour la photo et pénètre dans le palais des sports au bout de mon effort, ca y est, c'est fait! Me voilà venu à bout de ces 44km en 3h43! J'explose mon chrono de 2011 de 25 minutes malgré 4km supplémentaires, je suis vraiment sur un nuage! Pour une course que j'abordais sans grande conviction j'ai pris un pied sensationnel et la performance est au rendez-vous! Je crois que cette SaintéLyon va rester dans un coin de mon esprit pendant un moment...

Finalement je découvre en rentrant chez moi que nous nous classons 10ème du relais, mon chrono me classerait 17ème de la SaintExpress: me voilà comblé! Une bonne douche, un énorme pain aux raisins acheté à la boulangerie sur le chemin du retour et au dodo!

SaintéLyon 2012: Merci Père Noël!
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