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Semi-Marathon de Nice

Publié 23 Avril 2013 par Tom in semi, route

Semi-Marathon de Nice

Plus qu’un mois avant les Allobroges et je commence à baliser sévère… Le plan d’entrainement se déroule bien malgré une petite douleur récurrente au mollet droit suite à un abus d’escaliers lyonnais que je soigne à coups de protocole de Stanish (croisons les doigts…), les kilomètres et le dénivelé défilent au compteur avec une caisse d’enfer, mais voilà, 4300m de dénivelé (environ 37 montées à Fourvière…), ça m’impressionne pas mal… En attendant ces 58 bornes alpines, le club organise une sortie semi-marathon à Nice : 21 Km en bord de mer, voilà de quoi travailler un peu ma vitesse et me sortir un peu ce monument qui m’attend de l’esprit. En route pour 6h de bus !

Le départ à 7h de Lyon, ça pique ! Mais bon, la bonne humeur est au rendez-vous et le voyage passe finalement assez vite. Il est 14h30 et nous voici devant l’hôtel, nous avons échappé à la pluie lyonnaise pour trouver le vent niçois, pas terrible mais c’est toujours mieux… Le temps de poser les bagages avec mes deux compagnons de chambrée et nous voilà partis à la découverte de la ville : petit tour sur la promenade des anglais, visite du vieux Nice avant de monter sur le site de l’ancien château (chouette des escaliers !) avant d’aller boire un thé en attendant de faire les boutiques de sport au village. Qui a dit que les mecs n’aimaient pas les chaussures ?

La soirée se déroule toujours dans la bonne humeur dans un restaurant du coin, ça me change de la traditionnelle assiette de pâtes d’avant course mais les objectifs ne sont pas bien élevés pour moi : courir en moins d’1h30 me conviendrait très bien, même si secrètement j’aimerais accrocher les 1h24’24 pour me rassurer quant à mes récentes sensations de tracteur… Cela-dit, j’ai un peu forcé cette semaine avec déjà 75Km au compteur et 1200m de D+…) Le repas n’est finalement pas si mal que ça bien que je me sente un peu lourd, les verres de vin n’étaient peut-être pas non plus de la plus grande sagesse. Enfin, avec une bonne nuit de sommeil ça devrait passer… Au cours de la soirée Paco nous demande nos objectifs, il semblerait que je sois le seul à ne pas vouloir me mettre la ratte au court-bouillon.

Après un trop petit dodo avec un sommeil fuyant la faim n’est pas spécialement au rendez-vous mais j’ai du mal à résister à l’appel du petit dej’, ma gourmandise me perdra… Et voilà que je me jette sur les petits pains aux raisins, tartines, céréales et autres fruits secs pendant que nous faisons la leçon à Patrick pour qu’il évite de manger une orange. Si ce n’est pas l’hôpital qui se fiche de la charité… Après un petit passage par la chambre pour sauter dans mon short nous voilà parti pour nous échauffer : il est 8h15, le départ ne sera donné que dans 1h45, c’est pas un peu tôt tout ça ?

Le temps est idéal : pas de vent, un beau soleil et il fait frais. Il y a pas mal de monde déjà sur la promenade, les randonneurs font de l’aérobic avec une musique survoltée pendant que nous trottinons, personne ne semble stressé, le soleil brille, je sens qu’on va bien s’amuser ! Nous allons rapidement nous placer dans le sas de départ pour faire quelques accélérations avant de nous coller derrière la corde, juste derrière le sas préférentiel réservé aux coureurs ayant réalisé moins de 1h30. Je peste un peu d’avoir oublié d’envoyer un justificatif mais relativisons, je suis juste derrière eux ! J’aperçois Julien et Jean dans le sas, juste derrière l’armada kenyane qui a fait le déplacement pour toucher la grosse prime, ça va courir vite devant !

Après une longue attente voilà que ça grouille de monde autour de nous, la cordelette est baissée et nous avançons jusqu’à la ligne de départ, évidement ça bouscule pour grappiller cinquante précieux centimètres… Le 10 Km et le semi partent dans deux sas séparés qui se rejoignent au bout d’une petite ligne droite, méfiance… Le coup de feu est donné, j’attends d’avoir franchi le tapis pour lancer mon chrono et c’est parti pour une cavalcade de 21,1 Km !

Semi-Marathon de Nice
Semi-Marathon de Nice

Et me voilà au moment que je déteste : le slalom pour aller trouver ma place dans la course. Je repère les trous de souris et plonge dedans, suit les coureurs rapides pour m’engouffrer dans les brèches ouvertes, m’excuse auprès des coureurs que je bouscule et peste contre ceux qui m’infligent le même traitement avant de me sortir rapidement de cette galère en posant une accélération sur un trottoir un peu trop proche des barrières. Je reconnais la voix de Françoise dans le public mais ne parvient pas à la repérer, j’ai hâte de recroiser nos groupies, leur encouragements me feront du bien… J’aperçois Jean en train de se faire dépasser par le meneur d’allure des 1h24, je lui tape sur l’épaule et lui demande quel est son objectif. Il compte courir en 1h30, je lui souhaite bonne course et prend le sillage du groupe qui se forme derrière le ballon. C’est un peu plus rapide que l’objectif mais pour l’instant c’est dans mes cordes (et avouons-le, 1h24 sans prépa spécifique et une grosse semaine d’entrainement dans les mollets, ça mets mon âme de compétiteur en émoi !). J’ai réglé ma montre pour bipper toutes les 4’05, le rythme pour courir en 1h26, il semblerait que j’ai déjà 5 secondes d’avance après le premier kilomètre. En même temps en suivant le meneur d’allure c’est normal…

Nous voilà sur un petit rythme de 4 minutes au kilomètre qui me va très bien, je me sens vraiment facile tandis que d’autres commencent déjà à souffler fort, et il ne s’agit pas que de coureurs du 10Km… Je n’ai pas vraiment de stratégie de course aujourd’hui à part me faire plaisir aussi longtemps que possible. On verra après 15 Km comment répondent les jambes… Les premiers kilomètres se succèdent dans les rues de Nice, l’ambiance est très bonne et il y a vraiment du monde dans les rues pour nous encourager, de nombreux orchestres sont au bord de la route. J’essaie de profiter de ma lucidité de début de course pour apprécier ces moments. J’entends un « Aller Lyon » dans mon dos, ça me fait bien rire et je fais un signe de la main en remerciement.

Nous arrivons vers un petit tunnel dont l’entrée est marquée par une descente, le meneur d’allure accélère fort et me mets une quinzaine de mètres dans la vue avant que je ne recolle sur le plat pour finalement devoir ralentir dans la portion ascendante. Nous ressortons au grand jour et le ballon relance nouveau. Je vois un niçois et sa valise traverser au beau milieu des coureurs en prenant tout son temps, il se fait reprendre par la patrouille pour avoir gêné les coureurs, son petit air narquois me donne envie de faire une pause pour lui mettre un taquet…

Nous arrivons autour du 4ème kilomètre sur la promenade des anglais, j’ai pris pas mal d’avance par rapport aux tics de ma montre, c’est bien parti ! A présent il y a un paquet de spectateurs au bord de la route, que ça fait du bien ! Je repère Pierre et Françoise qui m’encouragent, je leur fait un petit signe en me demandant quand je les reverrais… Et nous voilà reparti pour une ligne droite ! J’aperçois un kenyan couché au bord de la route avec des pompiers autour de lui, il a l’air d’avoir surchauffé. C’est bien la première fois que je double un kenyan !

Le petit train des 1h24 c’est resserré et un coureur chute dans mes pieds, j’arrive à l’esquiver mais n’ai pas le temps de l’aider à se relever. Ça m’embête de le laisser comme ça mais je ne peux pas faire grand-chose pour lui. Une centaine de mètres plus loin je manque de justesse un accrochage avec un coureur au passage d’un virage à 90° qui m’oblige à empiéter sur le trottoir… Cette fois c’est décidé, j’en ai ma claque des changements de rythme incessants du meneur et des coureurs qui courent en troupeau derrière lui : je prends les devants et retrouve un rythme plus naturel, plus régulier.

Nous en terminons pour l’instant avec la promenade des anglais et partons en direction du vieux Nice, le quartier est vraiment joli et j’essaie de profiter du paysage tout en gardant le rythme. Je dépasse pas mal de coureurs, certainement pas mal de gens qui courent le 10 qui commencent à coincer maintenant que nous entrons dans la dernière partie de course (pour eux en tout cas). Et voilà que je croise un point d’épongeage : c’est bien la première fois que je vois ça ! On nous tend des éponges pour nous rafraichir : très peu pour moi, j’aime autant rester au sec, si le vent se lève c’est la caillante assurée…

Semi-Marathon de Nice
Semi-Marathon de Nice

Nous arrivons maintenant dans le port avec une légère descente, je regarde ma montre alors que nous passons les 8Km, j’ai une bonne avance sur le temps prévu, le ballon des 1h24 est une trentaine de mètres dans mon dos, j’ai toujours de bonnes sensations, pourvu que ça dure ! Et voilà une petite montée pour retourner sur la promenade, au passage nous croisons la fin de course : je tente de repérer des maillots de l’AAAL mais non, ça doit être la toute fin de peloton. J’espère qu’on se croisera au retour…

A présent le programme est simple : suivre la promenade des anglais jusqu’à l’arrivée des 10 Km, puis continuer tout droit jusqu’à l’aéroport pendant 5,5 Km et enfin rentrer en sens inverse. Pour moi qui n’aime pas les lignes droites, ça promet ! Au moins nous sommes sur le front de mer, à l’ombre des palmiers (enfin pas trop quand même…), c’est joli, ça sent l’iode et je devrais bientôt croiser mon club de supporters…

Les coureurs du 10 jettent leurs dernières forces dans la bataille tandis que je fais le point sur mon état : tout roule pour le moment, je commence à me sentir moins lourd, les jambes vont bien et le souffle est bien callé. Toutefois je sens que je suis à la limite de ma zone de confort, au-delà de cette il faudra se mettre dans le dur rapidement : on ne change rien, on verra pour le retour.

Voilà l’arche d’arrivée, seuls les semi-marathoniens restent en course : ca filtre pas mal ! Me voilà bien seul sur la route… Je regarde le chrono : voilà que je passe en 39’13, après un petit calcul j’estime que je suis sur une base de 1h23, pas mal ! Je relâcherais peut être sur la fin… J’entends des « Aller Thomas » sortir du public et repère des coureurs de l’AAAL, que c’est bon ! Puis j’aperçois Françoise et Pierre qui m’encouragent : je m’approche d’eux et leur tape dans la main en passant avant de sauter le second ravitaillement. Le souvenir du gobelet d’eau à Feurs est encore frais, je n’ai pas envie d’avoir à nouveau les jambes coupées par un arrêt inopiné : autant passer mon chemin et voir où cela me mène.

La longue remontée de la promenade commence alors, les spectateurs sont de moins en moins nombreux tandis que je progresse sur le parcours et les coureurs à me mettre sous la dent deviennent une denrée rare… les espaces se sont maintenant bien creusés mais la perspective de courir 5 Km tout droit semble en faire exploser plus d’un, pour ma part j’essaie de me faire une raison et cherche plutôt à calculer à quel moment je devrais croiser la locomotive kenyane : le plus tard sera le mieux ! En attendant je compte les kilomètres, le tic de ma montre est complètement décalé, il doit m’indiquer quand je passe le cap des 500m en sachant que j’ai environ 2 minutes d’avance sur mon programme : j’ai l’impression que le temps passe plus vite, pourtant l’aéroport me parait encore être le bout du monde.

Tandis que je dépasse un groupe de trois coureurs l’un d’eux prend ma roue, je ne me retourne pas et continue dans mon rythme. Je l’entends rapidement s’essouffler et j’espère qu’il aura la lucidité de calmer le jeu avant que je ne l’asphyxie quand surgissent finalement les kenyans. Impressionnant ! Ils ont formé un peloton d’une dizaine de coureurs, ça envoie du lourd… Finalement je suis à peu plus de 13 Km, eux sont proches des 18 : ils m’ont mis environ 4 Km dans la vue, ouille ! Après le troupeau, voilà les « petits rigolos » qui ont explosés, étant seuls je parviens mieux à regarder leur foulée, c’est vraiment hallucinant, on les croirait montés sur coussins d’air ! J’ai l’air de quoi avec ma foulée de bœuf charollais moi maintenant ? Par curiosité j’aimerais bien pouvoir me regarder courir un jour afin de comparer… Les kenyans se succèdent, puis voilà la première féminine, kenyane elle aussi, étrange… Elle semble d’une facilité déconcertante et tient la dragée haute à nombre de ses compatriotes, on ne pratique pas le même sport… Finalement, de longues minutes plus tard j’aperçois le premier coureur blanc : je devrais bientôt croiser Julien !

Ce petit interlude « promenade des kenyans » m’a fait passer le temps et j’approche du demi-tour salvateur mais toujours pas trace de Julien : soit c’est bon signe et je cours comme une gazelle, soit c’est mauvais et il a coincé… Ces 5.5 Km de ligne droite sont éprouvants moralement, le paysage n’est pas vraiment varié, j’ai une légère sensation de vent dans le nez. J’ai vraiment besoin de m’occuper l’esprit pour oublier l’effort. Finalement j’aperçois au ravito en train de descendre un gobelet : il a l’air proche de l’explosion, je l’encourage à plein poumon « Aller Juju, lâche rien ! », pas sûr qu’il m’ait repéré, il a l’air vraiment cuit…

Je continue ma route et amorce rapidement le virage qui va m’amener tout droit à l’arrivée, le sourire n’est plus d’actualité, les mollets commencent à être lourds et je sens que le sucre commence à me manquer. L’idée n’est certainement pas lumineuse mais je saute ce dernier ravitaillement, Feurs est à nouveau dans ma tête et c’est une bonne occasion de voir ce que je vaux en légère hypoglycémie. Si ça doit coincer, ça coincera. Le résultat m’importe peu aujourd’hui.

Je sens moyennement cette longue ligne droite, le moindre pépin risque de se transformer en longue galère et je crains la solitude de l’aller… Le point positif est que l’aller et le retour ne sont séparé que par du rue-balise, c’est facile de repérer les copains qui passent en face ! Le quelques coureurs qui me précèdent se placent à droite de la route, je préfère rester bien au milieu pour guetter les visages connus. D’après mes calculs je devrais croiser un petit groupe très prochainement : entre 1h30 et 1h35 c’est assez dense. Je croise d’abord mon ballon des 1h24, je lui ai collé une sacrée dérouillée ! Le groupe autour de lui s’est bien édulcoré, ça me conforte dans ce que je pense des meneurs d’allure : à moins d’avoir du bol, mieux vaut s’écouter et faire confiance à la montre…

Vincent est le premier à passer, il semble super bien, il a le sourire et vient même me taper dans la main (qu’il manque de m’arracher au passage), moi qui m’inquiétait après son marathon parisien d’il y a 15 jours, il semble être en pleine phase de surcompensation le veinard ! Je l’encourage vivement et recommence à guetter les maillots vert et bleu du club (on aura beau dire qu’ils ne sont pas super sexy, au moins on les repère vite !)

Ca y est le défilé est lancé, je croise plein de monde : Juliana, Simon talonné de tout près par Agathe qui a l’air de faire une course énorme, puis Jean-Claude et Gérard, Patrick et Romain et enfin Nathalie. Je m’époumone à chaque fois pour les aider dans cette longue ligne droite, à part Vincent tout le monde semble être dans le dur, j’espère qu’ils vont tenir le choc… De mon côté je me sens mieux même si je manque de jus, j’ai arrêté de compter les kilomètres et les tics de la montre sont tellement décalés que je ne sais plus à quoi ils correspondent et je ne regarde pas ma montre, j’aurais sans doute une bonne surprise au prochain panneau kilométrique ! Pendant ce temps je parie avec moi-même sur la prochaine tête connue qui déboulera face à moi. Mes encouragements semblent aussi toucher d’autres coureurs que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam qui les prennent pour eux et m’encouragent en retour. C’est toujours ça de prit ! Tout ça m’a redonné le sourire et les jambes me paraissent moins lourdes, arrivant dans les derniers kilomètres, je commence à hausser le ton. Je passe devant un dernier ravitaillement où on me propose du Powerade : pas la peine, le moteur tiendra bien trois kilomètres de plus sans carburant, j’ai quelques frissons dus au manque de sucre mais rien de bien inquiétant, j’ai déjà été puiser bien plus loin dans mes réserves…

J’aperçois une arche au loin, ça sent bon la fin de course ! Je poursuis l’effort en grimaçant, j’ai l’impression d’être sur l’allure que j’avais à Feurs dans mes bons moments. Je devrais parvenir à accrocher les 1h23, d’autant plus que j’ai la sensation d’avoir accéléré progressivement tout au long de la course. Je repense à mes sensations de l’année dernière à Bourg les Valence qui étaient loin d’être aussi bonnes pour un chrono équivalent, j’en ai quand même fait du chemin depuis un an ! Ces pensées agréables m’allègent les jambes et c’est tout guilleret que je passe devant Françoise et Pierre qui m’encouragent une dernière fois. Je passe une première arche avant d’entamer le sprint final, le chrono m’annonce 1h21’46 : je suis étonnamment surpris, ça serait chouette de passer sous les 1h22 mais il me reste 200m à tirer, c’est cuit ! J’accélère tout de même pour rejoindre le coureur devant moi. Je pourrais le dépasser à 30m de la ligne mais des fois qu’il le prenne mal, je préfère rester dans son dos et lui mettre une petite tape sur l’épaule. Il semble apprécier le geste et me serre la main. 1h22’14 à la montre, c’est assez inespéré, les sensations étaient super bonnes et je ne suis pas trop entamé : je suis super content ! Plus qu’à aller reprendre un peu de sucre au ravito avant de remonter le parcours pour encourager les copains.

La patate est bel et bien là, les douleurs au mollet semblent être en bonne voie de guérison : tout se déroule selon le plan ! Plus qu’un petit mois d’entrainement avant le premier gros défi de l’année, mais avant tout ça : cap sur le chablais pour 5 jours en montagne à manger du dénivelé!

Merci à Anne, notre reporter de luxe pour les photos!

Semi-Marathon de Nice
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