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Trail des deux lacs

Publié 12 Août 2013 par Tom in trail, montagne

Trail des deux lacs

Après la grosse satisfaction de l'UTTJ et quelques jours passés sur un nuage à jubiler sur une première moitié de saison dépassant toutes mes espérances, il est temps d’atterrir et de conclure en beauté: premier jour de vacances et déjà une petite course pour se remettre en jambes avant une quinzaine de jours à arpenter le Queyras. Au programme: le trail des deux lacs à la Plagne, petite sœur de la 6000D en compagnie des copains du club. Même si je sens que je n'ai pas récupéré totalement de mes pérégrinations jurassiennes (gros manque de jus à l'entrainement, peut-être à mettre sur le compte de la chaleur) je suis bien motivé et la bonne ambiance coutumière de l'AAAL est au rendez-vous. Bref, ca va donner!

Après 4h de route et un premier col alpin (1000D+ / 30 minutes svp) avalé en voiture me voici arrivé à la Plagne. Je retrouve mes compagnons de chambrée: Alain, Yamina, Delphine et Paco qui sont déjà en cuisine en train de préparer les spaghettis bolognaises (ca sent rudement bon...). L'organisation est au top: ils ont déjà récupéré mon dossard, nous sommes déjà dans les startings blocks pour prendre l'apéro!

J'aimerais autant bien figurer le lendemain, d'autant que les forces en présence risquent de me donner du fil à retordre, j'opte donc pour une soirée assez saine: un petit verre de côtes du Rhône et ensuite je resterais à l'eau. Tout le monde n'est pas de cet avis, Paco et Alain ne crâchent pas dessus tandis que la bouteille me fait de l'oeil... Je prend mon mal en patience, le Queyras sera une terre de débauche!

Les spaghettis sont largement à la hauteur de leur fumet (bravo Alain!) et la casserole pourtant bien garnie ne tarde pas à passer à la trappe... Nous voilà tous l'estomac bien (trop?) rempli, parés à affronter la journée de demain. Après un tour des chambres histoire de faire un petit coucou à tout le monde et de se mettre dans l'ambiance il est l'heure d'aller se coucher, la fiesta attendra!

Le réveil sonne, les paupières sont lourdes (les ronflements de Paco n'y sont peut-être pas totalement étrangers) mais déjà l'excitation me sort de ma torpeur. Un petit coup d’œil par la fenêtre pour constater que le temps est radieux: les yeux vont se régaler, les organismes moins, il va faire très chaud!

Vu la quantité de pâtes avalée la veille je privilégie un petit dej' assez léger. La course n'étant pas très longue je n'aurais pas besoin de piocher dans les réserves et mieux vaux être capable d'envoyer un peu au départ pour suivre les fusées.

Dernières vérifications, réglages du kamelbak, tout est ok! Ah non, j'ai oublié le principal: les chaussures sont restées dans la voiture... Après un rapide voyage pour régler cet ultime détail me voici fin prêt. Moi qui arrive généralement avec 45 minutes d'avance, je suis loin de mes habitudes: à peine 15 minutes avant le départ... Si je veux avoir le temps de papoter un peu il va falloir écourter l'échauffement. Dommage... Cela dit le départ est en côte, j'aurais bien le temps de mettre le diesel en marche au cours de ces neuf premiers kilomètres! Je rejoins l'arche de départ en trottinant et retrouve tout ce petit monde.

Certains semblent un peu inquiets, pour beaucoup c'est la première course de montagne. Même Françoise qui a pourtant à peu près tout fait paraît inquiète! J'essaie de donner quelques conseils sur la manière de gérer la course: ne pas avoir honte de marcher, grimper en gardant un peu d'énergie sous le pied pour la descente... Rien de bien sorcier!

Tous les costauds sont là: Olivier, Josselin, Vincent, José, Seb, Julien... Du très très lourd! Dans des circonstances normales je pense pouvoir terminer second derrière Olivier, Vincent et Josselin devraient me chauffer les fesses, Seb risque de me tomber dessus si jamais j'ai une défaillance, enfin l'inconnue demeure quant à Julien et José qui ne sont pas habitués à ce type de course. J'ai la sensation d'avoir des jambes de plomb ce matin, certainement des restes de l'UTTJ, je préfère annoncer la couleur d'emblée: je risque d'être un tracteur. Étonnamment je me sens fébrile, c'est certainement l'idée de me frotter à des amis qui me met plus de pression que d'habitude, d'autant plus que cette fois je joue sur mes terres.

Trail des deux lacs

Le profil de ce trail des deux lacs est assez simple: une grosse montée de 9Km et 750D+ vers la roche de Mio d'entrée de jeu histoire de calmer tout le monde, rien de très raide, de quoi donner du rythme et faire tirer la langue avant d'attaquer une belle descente qui nous conduira au 15ème kilomètre au pied de la seconde ascension vers le col de l'Arpette. Celle-ci est beaucoup plus sèche avec ses 300m de dénivelé en 2Km, c'est là que les écarts vont se faire, les organismes ayant déjà bien ramassés avant. Enfin il restera une ultime descente sur la Plagne d'environ 4Km, si les jambes le permettent il y aura moyen de faire de gros dégâts à ce moment...

La stratégie est simple: essayer de garder les costauds de tête en vue au cours de la montée à la roche de Mio tout en en gardant sous la pédale pour envoyer du gros sur la fin de parcours. Rien de plus facile sur le papier, la réalité est souvent tout autre...

Notre petit groupe de costauds de l'AAAL se rapproche de la ligne de départ pendant le briefing, on nous annonce une ascension un peu ombragée, tant mieux j'ai déjà chaud! Le speaker nous explique également que le chemin n'étant pas bien large, une petite boucle d'un kilomètre environ nous attend afin d'écrémer un peu pour éviter les bouchons. Mince, cela veut dire qu'il va falloir partir vite... Je suis de moins en moins motivé, il fait chaud, j'ai les jambes lourdes et j'ai déjà les 5h de route qui m'attendent après la course dans la tête... La journée va être rude, heureusement que je suis en vacances!

Fini de tergiverser, c'est parti! La petite boucle d'écrémage grimpe sur le bas de pistes de ski, au milieu des hautes herbes. Outch... Non seulement je suis encore une fois surpris qu'une course de ce type démarre si fort, depuis le temps je devrais être habitué, mais en plus je me fais enfermer, le seul moyen de doubler est de faire l'extérieur et de passer dans une zone ou le sol est très inégal: gare aux chevilles! Je parviens néanmoins à recoller Vincent, Josselin n'est pas loin devant, José non plus et je garde Olivier en visuel. Bien, je m'en suis sorti sans trop de dégâts, mon souffle est régulier contrairement à pas mal de coureurs autour de moi qui m'ont l'air essoufflés.

Après une rapide descente nous voilà partis pour la longue grimpette vers la roche de Mio. Le chemin serpente en petits lacets très réguliers, rien de trop raide mais le rythme assez enlevé ne me convient pas bien, j'aurais préféré une grosse montée sèche proposant quelques portions de relance. De toute manière je n'ai pas bien le choix, il faut grimper et accrocher le bon wagon. Mes jambes répondent mieux que prévu, je dépasse rapidement Vincent et Josselin avant de remonter peu à peu sur José qui va pourtant bon train. Je cherche l'ombre promise, ils l'ont drôlement bien cachée... La montée continue, toujours aussi régulière, je commence à avoir le souffle court à force de courir. J'en viens à espérer un coup de cul providentiel afin de me refaire... Ma remontée sur José se poursuit tandis que j'ai creusé un petit écart sur Vincent et Josselin. Nous nous encourageons mutuellement au détour des virages, c'est la guerre certes, mais si en plus c'est serré c'est plus rigolo!

Les lacets se succèdent et voilà que je passe devant José avec un petit mot d'encouragement. Il a l'air d'avoir du mal lui aussi. Olivier est devant nous avec un demi lacet d'avance, il a l'air facile. Je continue de m'accrocher en gardant le rythme tout en gardant à l'esprit que je ne pourrais pas maintenir la cadence pendant les 9Km d'ascension. J'ai beau avoir un gros entrainement, je me suis habitué à grimper doucement mais sûrement ces derniers temps... Je me rappelle ma stratégie: avoir Olivier en visuel au sommet.

Les lacets semblent enfin se terminer, je décide de m'accorder un petit répit en marchant quelques mètres afin de recaler mon souffle. Un spectateur m'encourage en me disant que ma tactique de me refaire la cerise est bonne, je le remercie en repartant pour une portion nettement plus roulante.

Nous empruntons cette fois un chemin carrossable en direction du domaine skiable, celui-ci est à peu près plat mais n'offre pas d'ombre du tout. Je dépasse toujours des coureurs mais cela n'a pas vraiment d'importance pour moi aujourd'hui, l'important c'est de se tirer la bourre entre potes! Cette portion plane me permet de me refaire une santé, les jambes me reviennent vite et le souffle s'est stabilisé. Me voilà confiant pour cette seconde partie d'ascension.

J'aperçois pas mal de coureurs devant moi au détour d'un virage, étrange... Ah non, c'est normal! Nous retrouvons les coureurs de la 6000D, ils ont encore belle allure alors qu'ils ont déjà dû avaler plus de 1500m de dénivelé, il doit s'agir d'un groupe de costauds. Etant beaucoup plus frais et allant nettement moins loin je les dépasse sans grande difficulté en veillant à éviter les coups de bâtons. Je fais maintenant route en compagnie d'un traileur repris peu de temps avant qui cours dans mon rythme. Le chemin commence à remonter un peu et les cuisses à chauffer par la même occasion. Tout se passe selon le plan alors que je commence à remonter sur Olivier sans pourtant avoir augmenté la cadence, étrange, je dois être dans un bon jour! Cependant je n'en ai pas beaucoup sous la pédale, j'espère juste pouvoir allumer le moteur au sommet...

Le parcours ne me passionne pas des masses pour l'instant, nous grimpons sur un chemin blanc au milieu des pistes de ski. On est loin du côté sauvage du Jura ou des panoramas exceptionnels des balcons du Mont-Blanc. J'essaie de lever les yeux pour profiter du paysage mais décidément les remontées mécaniques me gâchent le plaisir... Je me prend à rêver du single de Roche Blanche et des balcons des Monts Jura... Au moins cela me permet de rester concentré sur ma course!

Petite variante au chemin carrossable, nous coupons un lacet pour grimper droit dans la pense. Voilà le coup de cul salvateur! Je peux enfin prendre mon rythme naturel et marcher un peu. De longues enjambées à une cadence régulière, quel plaisir! Le cœur redescend un peu, je dépasse du monde assez aisément, dommage que ce raidillon ne dure pas...

Nous retournons sur le chemin blanc et je finis par dépasser Olivier à mon grand étonnement. Ses 15 jours de vacances en Italie semblent peser... Je ne manque pas de l'encourager au passage et continue ma marche en avant, toujours suivi à la trace par mon compagnon de route.

La montée se poursuit, très monotone, pourtant les kilomètres défilent et le sommet commence à approcher. Ne voyant pas trop ce qui pourrait à présent m'arrêter je me vois déjà terminer devant les copains, quand soudain je vois Vincent me dépasser comme une fusée en me chambrant sur mes qualités de randonneur! Alors là je ne l'ai pas vu venir celle-là! On dirait qu'il a mieux absorber l'ITT que moi l'UTTJ, ces 65Km à 3000m d'altitude lui ont donnés un joli stock de globules on dirait! J'essaie d'accrocher mais il est trop rapide. Je vais essayer de limiter la casse, on avisera en haut sur la marche à suivre.

Dans la montée des coureurs de la 6000D nous encouragent, je leur dis qu'on a inversé les rôles, c'est eux les courageux du jour! J'essaie de lever un peu le nez pour profiter du paysage alors que nous passons au dessus du lac des Blanchets, la Roche de Mio est en vue, c'est très chouette! Cependant le fait de passer sous le télésiège me gâche le plaisir... Je remarque que les œufs montent au sommet, j'en profite pour lâcher une petite boutade sur ce sympathique raccourci que j'aurais apprécié de connaitre avant le départ ...

Voilà un nouveau raidillon, de quoi me refaire? Non non, tandis que je marche Vincent continue sur son rythme d'enfer et trottine, accentuant un peu l'écart. Je pensais prendre une raclée par Olivier, il semblerait que ce soit le jour de Vincent finalement!

La portion plus plane qui suit me permet de ne pas perdre trop de terrain. L'altimètre m'indique que nous sommes presque en haut, le pourcentage augmente légèrement, il est temps de me retaper la griotte: je marche un peu, laissant Vincent filer devant, j'en profite pour boire quelques gorgées. Le rythme d'enfer que je me suis imposé depuis le début de course m'a empêché de m'hydrater malgré la chaleur... J'alterne la marche et le petit trot afin de récupérer sans toutefois me faire trop décrocher. Le coureur qui me sert d'ombre depuis 5Km maintenant prend la poudre d'escampette alors que j'ai l'impression d'arriver à l'Alpe d'Huez: il y a des spectateurs qui crient de tous les côtés, grosse ambiance. Peut-être le premier bon point de ce trail depuis le départ.

Me voilà au sommet, pas mécontent d'entamer la descente. Je traverse le tapis de contrôle et c'est parti, il est temps d'allumer le moteur! Vincent a basculé avec un peu moins d'une minute d'avance d'après mon estimation, je dois avoir une bonne trentaine de secondes d'avance sur Olivier. Finalement c'est jouable, Vincent n'étant pas un énorme descendeur je peux sans-doute le reprendre avant la seconde ascension, j'ai un peu d'avance sur Olivier, étant plus rapide que moi il va certainement recoller mais il y a un coup à jouer!

Ni une ni deux je lâche les chevaux! La descente n'est pas spécialement technique, il s'agit d'une piste de ski (rouge?) assez pentue et plutôt caillouteuse. J'essaie d'éviter de faire bouger les pierres pour ménager mes pieds et mes malléoles. J'envisage d'intenter un procès au mec qui a placé cet os à cet endroit, étrangement dès qu'une pierre fait un vol plané elle semble irrésistiblement attirée... Ma sensation de tracteur a définitivement disparu, je m'éclate dans cette descente pourtant guère passionnante et je reprend mon compagnon de route qui m’emboîte de nouveau le pas. Je croque d'autres traileurs avant de fondre sur Vincent peu avant le ravitaillement.

C'est l'heure de nous séparer des courageux de la 6000D, eux continuent tout droit en direction du glacier (les veinards) tandis que nous bifurquons à gauche pour continuer la descente. Je fais une pause rapide au ravito pour descendre un godet pas malvenu et repars derrière Vincent. Je le dépasse à nouveau avec un mot d'encouragement puis rejoins ma doublure au moment d'aborder une jolie descente technique. Enfin nous voilà sur un single! Il aura fallu 12Km pour quitter les pistes de ski et enfin trouver un vrai parcours de montagne.

Sans être très raide ce chemin demande un pied assez sûr pour descendre correctement. Voilà qui devrait faire mon jeu, plus les jours passent plus mes sensations de descendeur sont bonnes. Voilà un moment que je ne me suis plus gaufré et j'ai refais le plein de confiance. Je dévale ce single en dépassant quelques coureurs au passage et en croisant des randonneurs. Deux traileurs en difficulté me lancent "On sent le montagnard!", de quoi me mettre encore plus en confiance! Il n'y a pas si longtemps je trouvais que certains descendaient comme des cinglés ces chemins de montagne, on dirait bien que je viens d'intégrer la bande...

Cette fois je croise un coureur allongé dans l'herbe, je ralentie pour lui demander si tout va bien. Il s'est éclaté la cheville, je lui propose d'alerter les secours au prochain ravitaillement mais il m'indique que c'est bon. Je reprend ma route alors que la descente semble se terminer, dommage. Le single est à présent plus vallonné, on alterne petites montées, plat et descentes rapides dans un environnement devenu nettement plus humide, voir boueux!

En effet, un torrent coule juste à côté, d'ailleurs voilà une petite montée... au milieu du torrent! Quelle bonne idée! Rien de bien difficile, il faut juste veiller à ne pas glisser. Me voilà avec les pieds trempés mais cette grimpette m'a bien amusé, les pistes de ski sont maintenant oubliées et je commence à bien me marrer. Après quelques nouveaux passages boueux nous déboulons sur un nouveau point de contrôle et un ravito.

Nous voilà au pied du col de l'Arpette, je file boire un verre de pulco avant de m'atteler à la tâche. Argh, ils ont mis la moitié de la bouteille ou quoi? Moi qui voulait quelque chose de frais, me voilà avec la gorge agressée par le jus de citron... Je rince abondamment avec le contenu de mon kamelbak histoire de dissiper l'acidité pendant que je commence à grimper.

Le profil me convient bien cette fois, les jambes ont pas mal trinqué pour tout le monde et le pourcentage assez costaud calme pas mal de velléités. Me voilà dans mon élément, en plein cagnard, je prend mon rythme de croisière quand j'entend Olivier en contrebas m'encourager. Je ne l'avais pas vu revenir, je dois toujours avoir une bonne trentaine de secondes d'avance, c'est léger! Je lui retourne les encouragements et donne un coup de collier, l’œil posé sur l'altimètre pour mesurer ma progression. Pas mal de coureurs sont en train de coincer, il y a de quoi! Entre la première montée menée sur un rythme infernal, la descente qui a bien tiré sur les cuisses et la chaleur qui n'arrange rien, dur dur de grimper à nouveau...

Je serre les dents, me disant que l'arrivée est proche. Je repense au dernier coup de cul des Allobroges, à ma fatigue dans les derniers kilomètres de l'UTTJ, ces 300m ne sont qu'une formalité en comparaison! Je grimpe les mains sur les cuisses en allongeant le pas, les mètres défilent assez vite. Je mets à profit chaque replat pour relancer et essayer de creuser l'écart sur Olivier. Je mène à présent le petit train des coureurs que j'ai repris dans la montée et qui se sont accrochés derrière moi et mon désormais fidèle compagnon de route. Malgré le temps passé ensemble nous n'avons pas beaucoup parlés, chacun essayant de gérer son effort.

Nous passons au bord du lac du Carroley, très joli! Je grignote le col petit à petit, les wagons de mon TGV tirent la langue et décrochent les uns après les autres tant et si bien qu'il ne reste bientôt plus que moi et ma doublure. Je n'aperçoit pas Olivier derrière moi, on dirait que cette fois j'ai réussi mon coup! Nous voilà au sommet, dernier contrôle du dossard avant l'ultime descente vers l'arche d'arrivée. Mes jambes ne sont pas trop amochée, je décide de tout lâcher pour décrocher mon passager clandestin qui semble être en souffrance.

Mon démarrage brutal le laisse sur place, maintenant il faut tenir l'allure un peu moins de 4Km. Je sens que je vais vite mais à cette allure j'aime mieux surveiller mes pieds plutôt que ma montre bien que le chemin ne présente aucune difficulté. J'ai deux coureurs dans le viseur, sans doute un peu loin mais sait-on jamais... Je veille à ne pas me mettre dans le rouge tout en gardant le rythme le plus élevé possible. Au détour d'un virage j'entends un "Aller Thomas!", assez surpris je me retourne et tombe sur Cécile qui se balade dans le coin. Elle a de bon yeux pour me repérer malgré la casquette et les lunettes, d'autant plus que je n'ai pas le maillot du club, oublié à Lyon...

Je continue ma route, l'écart entre les deux coureurs et moi semble diminuer. Cette fois je pense ne plus être rattrapé et je commence à penser au autres coureurs. J'accélère alors que nous approchons de Belle Plagne. Des spectateurs sont là pour nous pousser, la descente n'a rien de technique, c'est à celui qui en aura encore le plus dans les cuisses et qui ménagera le moins ses genoux. A ce petit jeu là il ne faut pas me titiller et j'accélère encore pour recoller. Un virage à 90° en bas du village me force à ralentir avant de repartir dans l'herbe. Je recolle sur un premier coureur au bout de quelques mètres. L'arche est en vue: je lâche mes dernières forces dans la bataille et pars toutes voiles dehors. J'encourage le coureur que je suis en train de dépasser, en faisant l'effort pour aller chercher le second. Celui-ci résiste plus que vaillamment, il me manquera une bonne centaine de mètres pour aller le chercher. Je décide d'arrêter les frais et de calmer l'allure pour passer la ligne d'arrivée tranquillement.

Je termine 17ème en 2h09'03, magnifique! Pour quelqu'un qui partait avec des sensations de tracteur je m'en sors bien, j'en connais un qui va se faire chambrer...

J'ai à peine de temps d'aller boire un coup au ravitaillement que les autres arrivent au compte goûte: Olivier arrivera en 2h14 suivi de près par Vincent en 2h15. Josselin en termine en 2h23, José en 2h27 et Seb en 2h35. Nous remontons un peu sur le parcours afin de voir les autres en terminer, tout le monde termine dans les temps qu'il visait et les résultats sont bons avec trois podiums: Françoise 1ère V3, Jean-Claude et Xavier 1er et 3ème V3.

Pour ma part je ne m'attarde pas et m'éclipse avant que tout le monde n'en ai terminé, j'ai de la route qui m'attend et quelques cols hors catégorie au programme: le Télégraphe, le Galibier et l'Izoard. J'espère que la voiture est elle aussi une bonne grimpeuse...

Au final bien que les sensations n'étaient pas là au départ me voilà rassuré, mes trois sorties post UTTJ n'ont pas été concluantes du fait de la chaleur et de la fatigue pas totalement évacuée mais ce trail des deux lacs m'a donné envie de m'arracher. Au final je termine dans un temps assez proche de ce que j'ai fait au cross du Mont-Blanc où je m'étais senti en grande forme. Une bonne note pour aborder ces vacances!

Trail des deux lacs
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