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Trail Givré

Publié 4 Février 2013 par Tom in trail

Trail Givré

Ca y est, c’est reparti pour une nouvelle année ! 2013 est arrivée avec plein de beaux (et gros) projets, mais pour l’heure c’est le moment de faire une course classante afin de rapporter des points au club et de courir sans pression pendant les 11 mois à venir. Plutôt que de me lancer sur une grosse prépa 10 ou semi j’ai opté pour le Trail Givré à Montanay, première manche du Trail Tour National. Bref, un petit trail pour bien me mettre en jambes et découvrir un coin inconnu pour moi jusqu’à présent à deux pas des Monts d’Or.

Le profil de la course semble assez roulant : 21km pour 406m de D+, le dénivelé est réparti sur des petites côtes de 100m maximum, pas de quoi se mettre dans le rouge. Le départ est donné en descente et l’arrivée grimpe un peu plus. En résumé : ça va cavaler du début à la fin !

Trail Givré

Après une soirée d’anniversaire (ou traquenard d’avant course ?) dont j’ai réussi à me sortir sans boire trop d’alcool ni manger trop de cochonneries (merci aux carottes / concombres présents sur la table) me voilà réveillé à 6h30 (ouille), motivé, mais pas trop non plus compte tenu de cette heure bien matinale. Heureusement que les copains seront là sinon je restais au lit !

Un petit dej’ copieux, deux oranges histoire d’avoir la patate (c’est quand même contradictoire ca…) et je saute dans mes baskets ! Direction le parc de la tête d’or pour retrouver les autres et en route.

L’ambiance est très bonne dans la voiture, pas de stress comme avant une course sur route mais une petite inquiétude persiste quant au vent et à la température… Une fois sur place je décide vite de courir avec mon coupe-vent, ça souffle fort ! Je repère vite l’état du terrain, la terre est souple, plutôt collante mais pas glissante : j’avais prévu tous les cas de figures en me pointant avec une petite collection de chaussures (syndrome de Céline Dion ?), j’opte pour ma paire de single track, souples et légères mais manquant un peu d’accroche en priant pour que les descentes ne soient pas trop glissantes, sinon ça sent le vol plané…

Au retrait des dossards premier coup de chaud : on me dit que je n’ai pas transmis ma licence que je n’ai évidemment pas imprimée, mais j’arrive tout de même à le récupérer après avoir vu le responsable, plus qu’à retirer mon cadeau : au choix, un superbe t-shirt rose que même les filles hésitent à prendre ou des manchons noirs, cruel dilemme… J’écoute brièvement le speaker, selon lui le parcours fait « à peu près 21km, on est en trail donc c’est pas toujours très précis », bizarrement, ça sent la blague ! Ca me rappelle mes 4km de bonus à St Jacques… Aller hop, trêve de plaisanteries, je me change et c’est parti pour l’échauffement. Au passage nous retrouvons Anne et Cécile qui courent sur le 9km, de notre côté nous sommes 8 à ma connaissance sur le 21km.En trottinant nous essayons de repérer le départ, il y a bien une arche mais rien n’est indiqué, personne n’y comprend rien. Pourtant l’heure fatidique approche à grand pas, nous restons donc dans le coin.

L'équipe au complet, merci à Alain, notre super photographe!L'équipe au complet, merci à Alain, notre super photographe!

L'équipe au complet, merci à Alain, notre super photographe!

Après avoir souhaité une bonne course aux autres on nous fait signe de nous approcher d’un rond-point, pas de ligne tracée, c’est la pagaille, ça pousse, tout le monde se marche dessus. J’essaie de trouver ma place pour ne pas être gêné dans les premiers kilomètres, Yann m’a dit qu’après 3km nous arrivions sur un petit single ou il est impossible de doubler, je préfèrerais être dans le bon wagon… Je suis un coincé derrière un groupe qui, je sens, n’ira pas bien vite, je bougonne un peu dans ma barbe, je déteste devoir jouer des coudes… Le maire de Montanay doit donner le départ mais celui-ci à tout son temps, je râle de plus en plus, soudain Pan ! C’est parti sans prévenir, je mets le chrono en route et déjà quelqu’un me tombe dans les pattes, comme ça pousse derrière je fais un bond pour éviter de lui marcher dessus, je pousse un peu autour de moi pour voir mes pieds en attendant une ouverture. Je profite d’un ilot au milieu de la route pour dépasser, attention au panneau, encore un petit slalom, je cours courbé en deux pour éviter les coups de coudes puis nous bifurquons dans les petits chemins au milieu des champs. A présent non seulement je dois me bagarrer pour dépasser et trouver mon allure de course mais en plus il faut faire des sauts de cabris pour éviter les flaques d’eau (on pourrait parler de marres pour certaines), enfin, il paraît que c’est ça les joies du trail… Je regarde un peu devant, les cadors sont déjà loin, ça aide le sas élite !

Trail Givré

Ca y est, 1km au compteur, 3’48 ca ne rigole pas ! Enfin, je suis supposé courir un semi à cette allure dans moins de deux mois, gloups… Ce trail normalement roulant sera l’occasion de me tester (du moins dans les kilomètres plats). Pour l’instant le parcours n’est pas terrible, on gambade au milieu des champs sur le plateau, j’espère qu’on aura droit à des passages en forêt… Au moins il tombe des flocons, chouette ! Une petite bosse et ça relance, déjà 2km, 4’00 d’après le GPS malgré le vent dans le nez, les jambes vont bien, la seule inquiétude vient du ventre. J’ai l’impression que la soirée de la veille a laissé des traces, je croise les doigts… Autour de moi la place est maintenant faite, un coureur au maillot bleu me dépasse, j’essaie de prendre sa roue, son rythme est bon et il a l’air assez facile, un excellent lièvre en perspective ! Je le suis quelques centaines de mètres et le voilà qui dépasse un coureur juste avant un petit single, me voilà coincé ! Pile 3km au GPS, on peut dire que la remarque de Yann était précise… En attendant mon ouvreur ne carbure pas, et mon lièvre file dans les bois, ça me laisse le temps de savourer ce petit chemin en sous-bois : un vrai régal ! Ça tourne dans tous les sens, on alterne entre micro-montées et petites relances au bord d’un fossé, la terre est meuble et souple sous le pied, pas de cailloux mais quelques racines pour pimenter le parcours, je m’éclate !

Voilà déjà la fin de ce petit chemin, j’en profite pour dépasser et recoller avec mon lièvre pour ce passage en plateau exposé au vent. Un peu plus de 4km de course, le ravito est en vue et un petit groupe s’est formé autour de nous. J’essaie de m’abriter du vent au milieu des coureurs mais cela ne change pas grand-chose, je regarde un peu les visages qui m’entourent, seul le coureur bleu semble bien, deux ont l’air de souffrir, les deux derniers sont dans le tempo mais n’ont pas l’air d’en avoir sous la pédale, j’espère que le groupe n’implosera pas trop vite, au moins le temps d’en terminer avec ces longues lignes droites… Je saute le ravito, 4km c’est trop tôt, les autres font pareil, tant mieux. Ca monte très légèrement à présent, le groupe explose, mon lièvre s’échappe à nouveau, profite d’une petite descente pour dépasser quelques personnes et c’est parti pour la première grimpette. C’est raide et terreux, mes chaussures dérapent un peu et je me retrouve vite coincé derrière un coureur à la peine, pas moyen de dépasser et il ne fait pas mine de s’écarter. Tant pis, je ronge mon frein et marche derrière lui au rythme de ces « Aller ! » essoufflés, je contiens mon envie de le pousser dans un buisson. Mon mollet droit est un peu dur, je dois manquer un peu de fraicheur, la séance de 13x300m de jeudi a dû laisser quelques marques... Une fois en haut et m’empresse de le dépasser en passant dans un champ et je reprends ma marche en avant, cette fois mon lièvre c’est bel et bien carapaté…

Là je profite du plateau pour admirer la vue sur les Monts d’Or et pense à Raph qui doit être en train de s’éclater sur le mont Verdun. On enchaine avec une petite descente à travers un village où nous attend le second ravitaillement que je saute une nouvelle fois, je n’ai ni faim ni soif, j’espère que cela ne me jouera pas de tour avant l’arrivée… Au retour dans les chemins un coureur chute juste devant moi, pas de bobo semble-t-il, je ne m’arrête pas et c’est reparti pour une légère montée avant une bonne descente à savourer sans modération, de bons virages bien secs avec de bon talus à l’extérieur pour avoir des sensations de VTT, je reprends deux coureurs avant de croiser un groupe en sens inverse, il ont l’air de faire leur sortie longue et nous encourage vivement, c’est super sympa !

La fin de la descente arrive déjà et c’est parti pour une portion plane toujours en sous-bois, je dépasse un coureur qui semble un peu à la peine avant d’attaquer une bonne montée. J’approche déjà des 13km, à présent j’attaque la portion compliquée de la course : il reste une descente autour du 16ème, sinon ça monte jusqu’à la fin. J’aborde donc le début de la montée prudemment, le coureur que je croyais à la peine me dépasse comme un bolide, suivi de près par un second. Je passe en marche active et les talonne. Arrivé en haut le premier coureur rencontre un ami à lui et lui dit qu’il est carbonisé, pourquoi a-t-il accéléré comme ça alors ? Je le double facilement sur la relance et colle le second à m’avoir dépassé dans la montée. Je me sens vraiment mieux dans les portions roulantes que dans les montées, je sens que les cross sont passés par là… Dès lundi je me mets au boulot et je vais me mettre du dénivelé sous la dent ! Mon nouveau lièvre a une bonne allure, assez proche de la mienne, qu’il le veuille ou non je sens qu’on va faire un bout de chemin ensemble… Nous passons dans un petit village puis nous attaquons une petite montée bitumée où je me sens assez bien, je me fais un peu distancer mais je n’accélère pas pour recoller : j’ai de bonnes sensations et il reste 6km, j’ai tout mon temps pour faire mon effort. Je passe devant le dernier ravito, cette fois j’hésite un peu mais ne prend rien : j’ai suffisamment de réserves pour aller au bout.

Un petit virage et c’est parti pour la dernière descente ! Cette fois c’est moins rigolo, on passe dans un sillon de tracteur, la terre a été retournée, il y a de gros galets : j’essaie de carburer sans m’étaler et arrive pratiquement à recoller avant d’attaquer la dernière grosse montée. Dans le bas le petit groupe de traileurs croisés dans la descente nous attend pour nous encourager, décidément c’est super sympa ! Cette fois je m’efforce de courir dans la montée pour revenir à hauteur, nous doublons un coureur en train d’exploser qui s’écarte en nous entendant arriver, merci à lui. Après quelques centaines de mètres je profite d’un passage plus raide pour marcher un peu et faire redescendre le cœur qui commence à être assez haut avant d’attaquer la portion plus roulante.

J'ai beau dire que ca va, je suis pas vraiment à la fête...

J'ai beau dire que ca va, je suis pas vraiment à la fête...

Ca y est, nous voilà de retour sur le plateau, pour les quatre derniers kilomètres, le vent est lui aussi de la partie et nous souffle dans le nez, c’est le moment d’accélérer ! On me dit que je suis 38ème, ca me surprend mais tant mieux !Pour me motiver je prends l’unité de référence de tout bon coureur lyonnais « un tour de parc » à envoyer du steak, c’est pas la mer à boire… Je profite de la relance pour dépasser mon compagnon de route ainsi qu’un coureur qui se trouvait là. J’aperçois au loin mon lièvre bleu du début de course, je ne le reprendrais pas mais il n’est pas si loin que ça, c’est bien ! J’aperçois également des coureurs passer en face de moi, 100m à tout casser, malheureusement je dois faire un petit détour avant de passer par là, zut ! Une légère descente histoire de me relancer, on remonte un peu et nous voilà en face. J’ai bouclé mon kilomètre en 3’57, le rythme est là, plus que 3km à tenir la cadence ! Il semblerait que nous ayons fait le tour d’un château d’eau mais je ne me rappelle à ce moment que du dos du coureur que j’avais pris pour cible tandis que nous avalions de grandes lignes droites inintéressantes. Ca y est, je l’ai dévoré tout cru, 35ème ! Encore 2km, ça ne devrait pas poser trop de problèmes, ce faux plat convient bien à mes jambes malgré le vent.

Au détour d’un virage à 90° je jette un œil dans mon dos, j’ai creusé un petit trou mais 5 ou 6 coureurs ont formé un wagon non loin derrière, j’entends presque leur tchou-tchou… Encore une ligne droite et il semblerait que j’arrive dans le village, on m’annonce 1km avant l’arrivée. 300 mètres plus loin on m’annonce toujours à 1km, je préfère regarder ma montre : 20km, encore 1 ! Cette fois les jambes commencent à piquer douloureusement mais je parviens à garder le cap. Pas de cible à portée de tir, je ne regarde pas en arrière pour ne pas me relâcher et essaie au contraire d’accélérer. Je reconnais les chemins ou je me suis échauffé, ça sent bon l’écurie ! Un dernier virage et j’aperçois l’arche 100m plus loin, mon coureur en bleu passe tout juste la ligne, j’ai fait une belle remontée ! Au final je termine 56ème (on m'a raconté n'importe quoi) en 1h 32min 36s, j'aurais peut-être pu envoyer un peu plus en descentes mais globalement je suis très content de ma course.

Je rends ma puce et fait demi-tour pour aller chercher les autres, je m’attends à croiser Josselin mais celui-ci a préféré passer la course en bonne compagnie avec Juliana qui termine tout de même 4ème féminine, chapeau à elle ! Plus qu’à attendre les autres, manger un peu, se changer, attendre le podium de Juliana et retour à Lyon pour une bonne douche et une bonne sieste ! Prochaine étape: le trail des cabornis pour bien préparer les allobroges.

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