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Bandol Classic

Publié 16 Juin 2014 par Tom in trail

Bandol Classic

Alors que je pataugeais dans la boue écossaise, quel n’est pas mon bonheur quand Anne me propose d’aller passer un week-end à Bandol à mon retour, au programme bons moments entre amis, baptême de plongée, apéros et éventuellement une petite course. J’avoue qu’alors que j’en décousais avec les ampoules l’idée de barboter dans l’eau chaude et de siroter du rosé me séduit plus que le dossard. Pour ce dernier point on verra à mon retour en France… Evidement le naturel revient vite au galop : me voilà inscrit à cette fameuse Bandol Classique dont j’ai tant entendu parler. Vamos a la playa !

Cette fois ca y est enfin, après 6 mois à broyer du noir et à me venger sur le vélo il semblerait que je sois réparé ! Vendredi soir est enfin venu, vite, je fais mon sac, j’embarque une bouteille de roussette de Savoie entre les affaires de sport et je file chez Anne. Un petit apéro pour se mettre dans l’ambiance et nous voilà en route pour le soleil. Le voyage passe rapidement dans la bonne humeur, tout le monde est ravi d’être là. Nous finissons par arriver tard dans la nuit chez le papa d’Anne qui se lève accueillir notre bande d’olibrius.

La nuit n’est pas bien longue, la journée va être chargée ! Au programme : retrait des dossards, marché, dégustation des vins de Bandol, resto (et limoncelo pour faire couler), baignade, course et barbecue. Tout se passe un peu trop bien, l’envie de courir tarde à venir d’autant plus qu’il fait un temps radieux. Le soleil cogne, on est bien dans l’eau et pourtant il va falloir songer à y aller. J’ai plus envie de faire trempette de que terminer carpette…

Bandol Classic

Nouveau passage à la maison pour enfiler les baskets et… pas grand-chose d’autre ! Nous sommes allés chercher nos dossards pendant l’arrivée de la bandolaise, course déguisée de 5km, les tenues légères m’ont donné envie de courir décontracté : j’hésite longtemps entre le caleçon et le short avant d’opter pour la sécurité : je passe tout de même un short, j’ai peur que toutes les bandolaises se mettent en travers de ma route. J’irais torse nu, c’est déjà pas mal et surtout je serais au frais. Des années que j’en rêvais ! Anne, Virginie et Cyril quant à eux ont enfilé le maillot du club, les voilà déguisés !

Il est temps de partir, une petite photo et nous partons en direction du départ en petites foulées. Il fait très chaud, je commence à appréhender la course. Nous descendons sur le bord de mer tranquillement, il y a déjà du monde, l’ambiance commence à monter. Une dernière photo pour faire plaisir à Anne et je file me mettre dans le sas dès que celui-ci est ouvert. Me voilà premier ! Pas pour longtemps certes…

Bandol Classic

Dernièrement les sensations de course n’étaient pas au top, entre les crampes de Millau et la reprise post-écosse très difficile : aucune vitesse, manque d’endurance, coups de chaud à répétition… Bref je n’ai pas réussi à terminer un entrainement correctement depuis mon retour, j’ai le moral dans les chaussettes, le capital confiance est au plus bas. J’aimerais éviter de coincer aujourd’hui, je vais la jouer modeste : je recule un peu dans le sas pour ne pas partir tout devant. Je préfère être légèrement dans la masse dans les premiers kilomètres pour dépasser un peu de monde et créer une dynamique positive.

Les minutes défilent et mon sas se remplit, autour de moi ça n’a pas l’air de rigoler, les coureurs ont l’air costauds. J’entends la coureuse à côté de moi dire qu’elle a gagné il y a 3 ans, je commence à sentir que je vais prendre une raclée… Je regarde un peu les pieds des coureurs : très peu de chaussures de trail, soit je suis cerné par les routards, soit le terrain n’aura rien de technique. J’espère avoir fait le bon choix avec mes trail pas trop cramponée…

La course va être rapide : 12.4km pour 210D+ avec 3km de route pour débuter avant d’attaquer les chemins et une petite montée qui nous conduira à la mi-course, ensuite il s’agira de redescendre sur Bandol pour retrouver des terrains variés : route, sentiers, plage… Je n’ai jamais couru un trail aussi court, j’ai vraiment peur de monter dans les tours et d’exploser rapidement. J’ai l’impression que c’est ma seule constante à l’entrainement ces derniers jours… Je vais partir tranquillement pour voir comment les choses se passent, j’ajusterais mon allure après quelques kilomètres.

Bandol Classic

Pendant que je commence à angoisser le speaker mets l’ambiance, bien aidé de monsieur le maire affublé d’une pancarte promettant une hausse d’impôts à chaque bandolais qui lui passera devant. Je profite de l’ambiance, je pense à l’apéro d’après course et envisage déjà la dégustation de ce matin comme bonne fausse-excuse de ma performance en demi-teinte à venir. Le stress retombe peu à peu mais je reste néanmoins tendu quand nous nous élançons.

A l’avant ça part très fort, les quelques filles qui m’entouraient partent comme des bombes. Autour de moi l’allure est un peu moins élevée, ça me va bien. Après avoir dépassé quelques coureurs un peu plus lent que le reste du flot je me cale sur l’allure générale. Première bonne surprise de cette Bandol Classic : les coureurs ont respecté leur sas, ce n’est pas encombré et nous nous élançons sans accrochage, en toute fluidité. Nous passons devant le restaurant du parc où nous avons mangé à midi, j’avais l’impression qu’il était nettement plus loin ce matin !

Après quelques foulées seulement je sens que ma gorge est desséchée, je n’ai plus de salive et du mal à déglutir. Je sens que je vais souffrir de la chaleur… Il est trop tôt pour paniquer, je ne vais pas ralentir après seulement 500m, d’autant plus que j’ai vu pas mal de ravitos sur le parcours. Je serre les dents et trouve un rythme confortable qui me permet de double quelques coureurs de-ci de-là alors que nous abordons rapidement la première petite bosse. Rien de méchant mais en plein soleil je la sens passer. Une brève descente et voilà la seconde bosse, nettement plus raide. Cette fois je commence à frémir intérieurement, mon cœur commence monter dans les tours et la chaleur me coupe les jambes. Je remarque cependant qu’autour de moi personne n’est vraiment à la fête, les visages sont tendus et les foulées se raccourcissent.

A peine le sommet passé que j’aperçois une pancarte indiquant que le 1er kilomètre est bouclé. Ma montre me donne en 4’14, compte tenu du slalom de départ et des deux bosses j’ai du mal à estimer si mon allure est trop lente ou trop rapide. Nous redescendons sur le front de mer pour repasser devant le port et l’arche de départ. La route est bien plate, je dépasse quelques coureurs en train de ralentir, j’ai toujours la bouche asséchée mais l’allure me convient. Je cherche l’ombre autant que possible en attendant le premier ravitaillement. Je croise le peloton de tête, un petit groupe a déjà creusé l’écart, derrière je vois de tout, certains sont bien, d’autres semblent prêt à tourner de l’œil : la chaleur va faire des dégâts ! Je reste dans mon allure pas trop violente, j’ai intérêt de me préserver…

Arrivés au bout des quais nous faisons demi-tour, je vais sans doute croiser les copains, j’ouvre l’œil ! Ma montre bipe : je jette un œil pour voir comment je tourne : 3’54, pas très rapide mais compte tenu de la chaleur c’est honorable. Je vais continuer comme ça, l’allure me convient bien. Peu de temps après le virage je croise Cyril que j’encourage, il n’est pas bien loin derrière, j’espère pour lui qu’il va réussir à maintenir le rythme ! Je pense avoir un peu de temps avant de croiser les filles, je me mets le long de la barrière pour trouver un peu d’ombre mais très rapidement j’entends des « TomTom » de l’autre côté de la route. Zut, je les ai loupées ! Je me retourne et les encourage à plein poumons en espérant qu’elles vont m’entendre. Je pensais qu’avec l’inertie des sas elles seraient un peu plus loin, je me suis planté ! Le départ a vraiment dû être bien géré.

Je continue ma route en essayant d’oublier ma gorge sèche, le premier ravito ne doit pas être très loin. Devant moi les rangs commencent à se clairsemer alors que nous prenons une route qui nous conduira vers les petits sentiers plus sympas. Je suis seul et le vent commence à me souffler dans le nez, j’ai une féminine en visuel qui est plutôt bien entourée mais l’effort pour recoller me demanderait trop d’énergie, tant pis, je rase les murs. Une nouvelle petite grimpette fait son apparition, celle-ci me convient mieux et me permet de revenir à quelques encablures du petit groupe.

Les minutes s’égrènent et mes sensations s’améliorent, j’ai toujours soif mais la salive m’est revenue, les jambes tournent sans gros effort et je continue de reprendre quelques coureurs. On annonce à la fille devant moi qu’elle est 3ème, les deux premières doivent être de sacrés lièvres ! Pour ma part je n’ai pas la moindre idée de mon classement et j’ai l’impression d’être assez loin. Peu importe, je cherche avant tout à m’amuser aujourd’hui.

En parlant de s’amuser, voilà que je passe devant la plage où nous barbotions tout à l’heure ! J’essaie de sociabiliser avec un coureur à côté de moi en lui disant que j’y retournerais bien. Ma tentative tombe à l’eau, j’aimerais bien faire de même… Puisqu’il n’a pas l’air bien causant je mets une petite accélération dans une bosselette pour le laisser derrière et me rapprocher encore un peu de la 3ème. Je profite de la vue sur la mer, les petites criques qui m’entourent et la végétation qui commence à se faire plus omniprésente, c’est superbe ! J’ai beau en baver, le dépaysement est total, je me sens en vacances.

Le terrain n’est pas franchement plat, j’enchaine les changements de rythme. Même si les pourcentages sont assez ridicules ce type de profil me convient bien, les coureurs qui m’entourent ont l’air d’être habitués à la régularité, j’en profite pour en double quelques-uns qui semble commencer à souffrir.

A l’approche d’une petite crique mon regard s’attarde sur un visage qui me semble connu, je réalise deux secondes trop tard que c’était le papa d’Anne venu nous encourager, zut ! Cela veut dire que Fred ne doit pas être loin… En effet, je cherche un peu des yeux et le repère 100m plus loin. Un petit coucou pour la photo et je file. Les gens le long de la route ont beau nous encourager, ça fait un bien de voir des visages connus ! D’ailleurs cela signifie aussi que nous sommes au Capelan, le spot de plongée qui nous attend demain.

Bandol Classic

Encore quelques foulées et me voici au premier ravitaillement, hip hip hip ! Je prends mon temps, je m’arrête, attrape un gobelet et repars sans m’énerver. Que c’est bon de boire un bon coup ! Un petit verre de rosé du cru ne m’aurait pas déplu mais on attendra ce soir pour s’humecter le gosier comme il faut. Les coureurs qui ont continué de courir n’ont qu’une dizaine de mètres d’avance sur moi, regonflé à bloc je les dépasse en 4ème vitesse avant d’enfin m’engager sur les sentiers. Ca y est, cette fois c’est du trail !

Le sentier serpente sous les pins avant de descendre. Le terrain devient subitement plus caillouteux, je mets un peu de temps à m’adapter et perds un peu de vitesse afin de ne pas passer tout droit dans un virage. Le plaisir n’est que de courte durée, nous retrouvons un peu de route, je suis toujours en embuscade derrière les restes du petit groupe de tout à l’heure.

La route est détrempée, j’ai les pieds mouillés et le pourcentage devient plus costaud, j’entends les semelles du coureur de devant déraper sur le bitume lisse. J’allège mon pas pour réduire la perte d’adhérence et me préserver le plus longtemps possible. Cette fois nous y sommes, la vraie grimpette de la journée débute ! Devant moi c’est la débandade, la plupart des coureurs ralentissent confirmant ce que je commençais à soupçonner : il y a essentiellement des routards. Tant mieux pour moi, je ne change rien à ma dynamique en maintenant l’intensité de mon effort, je me contente de raccourcir ma foulée. Je reprends rapidement tous ces coureurs, seule la féminine de tout à l’heure a l’air de ne pas trop faiblir, je la dépasse pourtant sans forcer.

J’ai toujours aussi chaud mais mes sensations s’améliorent de minute en minute, déjà plus de 4km au compteur, j’augmente un peu mon régime en essayant d’écouter mon corps. Voilà que j’aperçois une autre fille quelques mètres plus loin alors que nous somment de nouveau sur les chemins, pour un long moment cette fois. Me voilà dans mon élément ! A la faveur d’une brève descente j’allonge la foulée et parviens à sa hauteur. Elle a l’air de bien tourner, son visage est nettement moins crispé que celui des autres coureurs que j’ai pu voir depuis une dizaine de minutes, j’envisage un bref instant de faire un bout de route avec elle. Mes jambes ne veulent pas changer d’allure, je passe devant et reprends l’ascension. Je regrette de ne pas avoir un peu plus étudié le parcours, je ne sais plus exactement combien de temps ni jusqu’où il va falloir monter. D’après ce que nous avons déjà pris dans les jambes j’estime qu’il reste 140 à 150m à grimper, je verrais bien au sommet !

Un ravito nous attend sur le chemin, on nous tend de petites bouteilles d’eau, génial ! Je bois quelques gorgées en courant et continue bouteille à la main, ravi d’avoir une réserve d’eau à présent ! Derrière moi j’entends un coureur jeter sa bouteille au milieu de nulle part, un irrépressible « connard ! » s’échappe de mes lèvres… j’ai envie de m’arrêter lui faire un croche pied…

Le pourcentage n’a rien de violent mais la chaleur est oppressante, je commence à souffler mais en comparant avec les coureurs que je dépasse j’ai l’impression d’être en balade. Curieusement je me sens gagner en puissance au fil de la course, je suis bien loin de mon manque de pêche des derniers jours ! J’ai l’impression que le fait de m’être mis minable à vélo hier m’a endurci moralement, j’ai l’impression de ne fournir aucun effort en comparaison de la veille. Je ne vais pas pousser le bouchon, j’ai beau me sentir à l’aise je ne cherche pas à accélérer, j’ai trop peur de dérégler la machine maintenant qu’elle commence à ronronner.

Je continue de courir dans cette montée avec une foulée assez légère tandis que de plus en plus de coureurs se mettent à marcher autour de moi. L’un d’eux m’encourage même alors je le dépasse ! Il en a plus besoin que moi, j’essaie de le motiver un peu également sans grand succès. Je reprends dans la foulée la 1ère féminine, celle-là même entrevue sur la ligne de départ, elle souffle comme une locomotive et semble à l’agonie. En regardant le classement par la suite je constaterais qu’elle n’a pas terminé…

La dernière partie de la montée est un peu plus rugueuse, j’ai un peu l’impression de forcer mais sachant que le sommet est proche je poursuis mon effort. Un spectateur est placé au détour d’un virage, je lui demande si nous sommes en haut, il me répond que oui, chouette ! J’arrose ça avec une gorgée d’eau mais pas moyen de boire en courant, ça secoue, j’ai besoin de ventiler : pas moyen d’avaler plus d’une goute… Une nouvelle petite grimpette fait son apparition, je la franchis sans broncher et retente d’avaler une gorgée : toujours impossible. Tant pis, il me semble qu’un ravito ne va plus tarder.

En effet je l’aperçois rapidement, je me renverse la bouteille sur la tête, le pied ! J’arrive au ravito, les filles semblent apprécier ma tenue, elles sont aux petits soins avec moi. Elles me proposent de m’arroser et plaisantent avec moi avant que je ne file en direction de la descente en les remerciant vivement. Je passe le 7ème kilomètre, l’arrivée est proche !

Au détour d’un virage je reste sidéré devant le panorama qui s’offre à moi, c’est magnifique ! J’ai presque envie de faire une pause pour prendre le temps d’apprécier. Tant pis, je regarde un minimum mes pieds afin de ne pas finir les quatre fers en l’air pendant que je grave ces paysages dans ma mémoire.

Bandol Classic

La descente débute, à défaut d’être très pentue celle-ci est caillouteuse et a rapidement tendance à devenir piégeuse. Dommage pour la vue, je surveille mes pieds pour filer. Devant moi les routards ne sont toujours pas dans leur élément, je n’ai pas beaucoup de mal à leur reprendre du terrain. Je descends sans forcer en gardant un œil sur Bandol en contrebas, il me tarde de me mettre au frais ! Malgré une ou deux petites erreurs techniques sans grande conséquence j’arrive en bas, suivi de 3 coureurs repris en route. Déjà 8km, moins de 20 minutes avant de boire un coup !

Bandol Classic

Nous formons maintenant un petit groupe de 4 coureurs, personne ne parle et pourtant j’ai l’impression d’être soutenu moralement. Nous passons sous un portique qui nous arrose copieusement. Notre petit train a une allure curieuse, un routard accélère fort sur le plat et lève le pied quand la route devient plus vallonnée, les deux autres décrochent de temps en temps pour recoller, pour ma part j’essaie de rester régulier en continuant de ne pas forcer.

Le public commence à redonner signe de vie maintenant que nous arrivons en ville, me sentant très bien je mets ma fraicheur à profit pour jouer avec lui : je tape dans les mains des enfants, crie avec les gens, bref je fais l’andouille tandis que le reste du groupe sert les dents. Un enfant dit à son père « regarde il est tout nu le monsieur », je me retourne pour préciser que j’ai tout de même enfilé un short !

Après un gros kilomètre de route nous bifurquons sur le sentier du littoral emprunté à l’aller, sans que je ne m’en rende compte mes qualités de trailer me font filer devant, j’ai à peine le temps de dire au coureur à côté de moi qu’on ne va pas tarder de pouvoir s’arroser que je m’aperçois que plus personne n’est avec moi. J’arrive au dernier ravito, j’hésite à le sauter mais il fait trop chaud et j’ai envie de terminer sur cette allure plutôt confortable que je tiens depuis le début. Je ne m’étais plus amusé comme ça depuis le Beaujolais en novembre dernier, pas question de finir sur une mauvaise note !

Je continue ma route et tombe une nouvelle fois sur Fred, malheureusement un coureur se cale devant moi, raté pour la photo cette fois… Tant pis, je double l’importun et file vers la ligne d’arrivée, à peine 3 bornes à tenir !

Un petit virage me conduit sur un sentier au bord de l’eau, celui-ci tourne à angle droit, j’ai le choix entre virer sec à gauche ou accélérer pour faire un beau plongeon 3m plus bas. La baignade peut encore attendre quelques minutes… Je continue de longer ce chemin assez étroit alors que quelques spectateurs sont là pour nous encourager, l’ambiance est vraiment chouette, tout le monde a l’air de faire la fête !

Je retrouve un petit bout de route le temps de continuer à jouer avec le public puis je vire à gauche alors qu’un joggeur en sens inverse me coupe la route, je le traite de tous les noms en poursuivant ma route. Je descends quelques volées de marche, en tant que lyonnais j’ai l’impression de jouer à domicile, hop, je les avale deux par deux ! Voilà que je débouche sur une plage, argh ! Je fais quelques foulées dans le sable puis me rend rapidement à l’évidence, il va falloir ruser si je veux m’en sortir. Je me cale le plus au bord de l’eau possible pour courir sur le sable dur. Deux coureurs sont devant moi en train de ralentir, j’ai les jambes pour aller les chercher, j’hésite un moment puis renonce à l’idée : il y a plein de monde qui m’encourage, les enfants me tendent la main pour que je tape dedans, je peux courir dans les vagues. Je profite à fond de ces derniers kilomètres. Un baigneur amusé par ma tenue me propose du monoï, tant pis pour mon bronzage, je poursuis les pieds dans l’eau.

Finalement j’arrive au bout de la plage, il me reste quelques foulées dans du sable sec avant de retrouver des sols plus classiques, ces dernières foulées sont très difficiles, j’ai l’impression de perdre toute ma vitesse ! Un dernier petit bout de chemin et un gros rocher à contourner et j’entre dans la dernière ligne droite, le public est au rendez-vous, je m’éclate ! Je n’ai pas vu la course passer, mes sensations se sont améliorées au fil du parcours, j’ai l’impression de pouvoir faire un second tour sans baisser de régime, de très bon augure avant la nuit de la Saint Jean samedi prochain ! Je fais les derniers mètres en savourant le plaisir d’une course bien gérée et d’une forme apparemment retrouvée.

Je récupère une bouteille d’eau en lorgnant sur celles de rosé réservées aux coureurs déguisés puis repars en sens inverse chercher les copains. Je me réhydrate un peu en encourageant les coureurs qui en finissent. Après quelques centaines de mètres et ma soif étanchée je tends ma bouteille aux coureurs qui passent. L’un d’eux l’attrape et me remercie vivement, on dirait que j’ai fait un heureux ! Je pars en petite foulée à la recherche de Cyril et des filles tout en encourageant tout le monde. J’essaie d’avoir un petit mot pour leur remonter le moral, certains semblent en avoir bien besoin !

Je traverse la plage sans voir Cyril, j’arrive finalement à la fin du passage en escaliers. Comme celui-ci est assez étroit je m’arrête là pour ne gêner personne. Je papote quelques minutes avec un bénévole quand Virginie passe comme une balle devant moi. Zut, je ne l’ai pas vu arriver ! Je lui crie quelques encouragements et ouvre l’œil. Anne surgit quelques secondes plus tard, n’ayant pas vu Cyril je lui demande si elle est devant lui. Il semblerait que non, je vais donc l’accompagner jusqu’à la ligne d’arrivée. J’essaie de l’aider autant que possible en lui parlant un peu sans la noyer sous les commentaires, en lui donnant quelques conseils et en tentant de l’abriter du vent, elle arrive à finir assez fort, en reprenant pas mal de terrain à Virginie qui termine 12" devant malgré une cheville explosée pendant la baignade.

Plus qu'à se raconter nos courses, aller se ravitailler et chercher nos beau tshirts finishers. Maintenant place aux réjouissances: barbec' et baptême de plongée demain matin. Quel bon week-end!

Bandol Classic
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